CHAP. IX. CIIOSES QUI LA MODIFIENT
entiers. Nous traiterons ailleurs de ces derniers êtres et des particularités qui résultent, pour tous les phénomènes de leur existence, des caractères dont nous parlons. |
. Toujours est-il que les animaux de bas étage, depuis les Polypes jusqu'aux Serpens, et à d’autres reptiles qu'il ne faut pas exempter de la règle, digèrent mieux et plus rapidement, prennent plus de nourriture et d'embonpoint, dans les climats, dans les saisons chaudes, que sous des influences contraires. On peut même remarquer que ces animaux sont plus développés et plus multipliés dans les pays chauds qu'ailleurs. Les Couleuvres, entr'autres, digèrent mal au printemps, par la raison qu’alors ehes relèvent à peine de l’engourdissement où les a jetées le froid rtgoureux de l'hiver. Remarque analogue à l'égard des poissons.
Mais la chaleur vive est nuisible à la nutrition des vertébrés supérieurs, et par l'amour qu'elle réveille en eux et les excès où elle les conduit, et par les transpirations de la peau qu'ellé rend excessives, et par la faim qu’elle affaiblit précisément alors où le besoin d’alimens est le plus réel pour les organes; nuisible enfin pour la digestion, toujours très-lente et très-difficile en ces animaux dansune température trop chaude. Trop de chaleur, en effet, affaiblit les forces digestives, à raison des sucs gastriques alors moins abondans, et parce qu’en outre les contractions de l'estomac et des intestins sont beaucoup plus faibles. Aussi, voitson la plupart des oiseaux et des mammifères maigrir durant les saisons chaudes et récupérer des chairs et de la graisse dans l’hiver, Quelque-
5ro HiV. IV. DE LA NUTRITION.
fois même on remarque avec étonnement l’excessif embonpoint que prennent tout-à-coup certains oiseaux au milieu de Ja saison la plus rigoureuse, et alors qué la terre est couverte de neige et de frimas. Mais cela provient des causes que nous avons indiquées : de l'énergie accrue de l'estomac, de l’abondance des sucs digestifs, de la transpiration de la peau alors presque nulle, et surtout de ce que la Providence a veillé à ce que l’époque des plus grands froids fût précisément le temps de la parfaite maturité de quelques fruits d'arbres verts ou autres, dont ces oiseaux se nourrissent. On peut vérifier ce que nous, disons ici à l'égard des Merles de notre pays, se nourrissant, au milieu des neiges, des fruits mûrs et devenus succulens du houx et de Flaubépine. Les Ortolans aussi offrent le curieux phénomène d'un embonpoint extrême acquis en quelques heures; mais cela dépend d’autres causes.
PRATIQUES ÉPROUVÉES QUANT A ELA PRODUCTION DE L'EMBONPOINT; MUTILATION , HTC. Outre les circonstances favorables à l’embonpoint, desquelles nous avons déjà et suffisamment parlé, outre le repos, la tranquillité, le sommeil, une abondante et convenable nourriture, obtenue régulièrement, sans longues recherches et sans efforts, et une dose plutôt petite que grande de boissons ; outre l'influence incontestée de l’âge mitoyen et du sexe femelle, on a observé les bons effets de certaines circonstances et de quelques procédés, et l’on a fait un précepte d'en régulariser l'usage. C'est ainsi qu'après avoir remarqué que les excès des sexes amaigrissent beaucoup les mâles à l’époque du rut ou des amours, et s'être assuré que les