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CHAPITRE X

Questions et Doutes sur la Nutrition des Animaux,

On a coutume d’énoncer au sujet de la Mütrition beaucoup plus de lieux communs que de vrais principes. On dit, par exemple, que les animaux se décomposent et se recomposent sans cesse; que leurs organes puisent dans le sang, pour se les assimiler, les principes réparateurs dont ils ont besoin pour leur nutrition ; que les végétaux et les animaux font incessamment entrcux des échanges mutuels et d'ordinaire assez parfailement compensés ; qu'il n’y a pas deux

sortes’de matière, l’une morte, l’autre vivante , miäis que la même matière, subissant des transformations perpétuelles , est tantôt vivante et tantôt inerte, tour-à-tour animale , végétale, ou inorganique; on ajoute que tout, dans l'animal , provient des alimens dont il se nourrit, puisque les organes puisent dans le sang les élémens servant à les former et à les entretenir, et que le sang se répare avec le chyle, lequel provient lui-même des alimens : on va jasqu’à assigner un terme précis à la rénovation entière des organes. Nous allons examiner successivement ces différentes questions, et plusieurs autres qui s’y trouvent liées plus où moins intimement. |

LES ORGANES SE RENOUVELLENT-ILs? Un chirurgien de Londres, nommé Belchier, observa le premier que les os d’un Cochon, qui s'était nourri de garance, étaient rouges. Ce fait attira l'attention des physiologistes anglais, qui le firent promptement connaître à toute l’Europe. On refit l'expérience , Duhamel surtout s’attacha à la varier; et comme on obtint constamment le même résultat, on ne craignit pas de con= clure que le fait était général : de ce que la garance rougissait les os, de ce qu'ensuite cette coloration disparaissait, on en tira la conséquence qu’apparemmént le? os se renouvellent. Si les os se renouvellent, les autres organes aussi doivent se recomposer : on se laissa séduire par l’analogie , et l’on admit ce principe comme s’il eût été fondé sur des faits suffisans. Cependant le fait allégué ne me semble pas renfermer la preuve convaincante qu’on a cru y voir; et je trouve les raisons suivantes pour lui refuser l’importance qu'on s’est plu à lui prêter : 1°. Il est prouvé que la garance ne colore d’une manière sensible que

CHAP. X. QUESTIONS ÊT CONJECTURES, PT les os , ét nou les autres organes ; Ct nous trouvons dans les premiers un arrangementtout particulier d’où peut provenir la différence des choses observées. 2°, La garancene rougit pas toute l'étendue, toute l'épaisseur d'un.os , elle n’en rougit que la surface : or, comme les os continuent de croître en épaisseur, il se peut que la garance ait une telle affinité avec les sels calcaires dont se forme Ja nouvelle portion de l'organe, qu'elle y reste attachée ét comme combinée, et qu’ensuite le mouvement de la vie l'en sépare ; ne sait-on pas qu'il s'opère constamment, au sein de tous les organes, une absorption, une élimination de toute substance non participante à la vie? Il en est des effets de la garance comme de toute coloration maladive ou accidentelle des organes ; l'absorption enlève aux tissus vivans tout ce qui lenr est ctranger : mais gardons-nous d'en tirer la conséquence que ces tissus formant trame vivante , éprouvent eux-mêmes une rénovation ! 3, De ce qu'une couleur appliquée à la peau, ou à tout autre tissu, disparaîtra au bout d’un certain laps detemps, je me garderai d'en conclure que l’organe ainsi coloré s’est lui-même renouvelé durant le temps qu'il a mis à se décolorer ; il est aisé de voir qu’un tel raisonnement serait forcé. Mais , ce qui est beaucoup plus opposé à la théorie que nous combattons comme fausse et improbable, c'est qu'il est des taches, des empreintes, des colorations d'organes, qui persistent toute la vie sans Jamais disparaître : la teinte noire produite par la pierre infernale, les figures tracées capricieusement sur la peau de nos soldats, cette sorte de tatouage est indélébile. 4°. Les cicatrices non plus ne disparaissent jamais; et

comment ce, fait, si universellement connu, pourrait-1l se concilier avec la rénovation des tissus? 5°, Il est cgalement démontré qu'aucune partie des organes ne se reproduit; et cependant siun organe pouvait se renouveler totalement, comment, par la même raison, pourrait-il ne pas se reproduire quand il est ou détruit ou mutilé ? Concluons donc que la proposition par laquelle on énonce que les organes»se renouvellent est au moins basardée et ne repose que sur des faits mal interprétés. Alors même qu'il serait prouvé que les os éprouvent une sorte de rénovation, il u’en faudrait rien conclure pour la masse des organes : les os, en eliet, ne sont qu’à moitié vivans el organiques; des sels abondans remplissent les mailles de leur tissu, et l’on conçoit que ces sels se renouvellent sans que les tissus eux-mêmes éprou-» vent de pareils changemens.

LA RÉVOLUTION NUTRITIVE A-T- ELLE LIEU TOUS LES sepr Ans? La question de rénovalion totale des organes en trois ans, selon les uns, et en sept années, selon les autres, est plus d'à moitié résolue par ce qui précède. Nous avons vu, en effct, que l’on a pris pour des reuouvellemens de tissus une simple élimination de molécules étrangères au corps vivant, de molécules ne pouvant prendre part à la vie. Or, cette élimination, comme celle de la garance, dont les os sont rougis, ou comme celle du nitrate d'argent , par qui la peau est colorée en noir, ne s'effectue pas dans le même laps de temps pour les différens organes et pour les substances de toute nature ; cela dépend de l'âge des animaux, du genre du tissu imprégné, et de la matière imprégnante, Mais il faut oublier pour

CHAP, X. QUESTIONS ET CONJECTURES. 377 toujours ce conte tout fabuleux de la rénovation septennale des corps vivans.

COMMENT LES ORGANES S'EMPARENT-ILS DE LA NOUR- RITURE, ET QUE DEVIENT-ELLE ? Nous ayons suivi le chyle depuis l'intestin où en est la source, jusque dans les vaisseaux sanguins, partout ramifiés, qui le distribuent entre les différens organes, chacun desquels en reçoit une quantité relative à son volume. Quant à ce que devient cette nourriture ou ce chyle mêlé au sang ét deyenu sang lui-même, on ne saurait qu'énoncer desconjectures à ce sujet. Îl est, au reste, trois différentes manières d'envisager la question ; ou plutôt, l'aliment renfermé dans le sang a trois destinations réelles ou probables. Premièrement, ceux qui admettent que même la trame des organes est Sans cesse renouvelée, supposent qué HG des parties vivantes extrait du sang, par une sorte de choix

ou d’affinité élective, ce qu " faut à son renouvellement, à sa recomposition. Mais nous avons montré combien de raisons rendent: improbable cette rénovation des organes, et cette élection d’élémens propres à les recomposer. Cette première destination des alimens n'est vraie qu'en des corps non encore accrus, qu’en des organes inachevés; car, une fois accomplis, la trame en reste assurément toujours la même , ainsi que le prouvent les faits que nous avons cités. Secondement, le véritable usage que les organes font de la nourriture est relatif à la formation des humeurs et des fluides divers des corps vivans, et au continuel développement de la chaleur. C’est principalement sous le rapport des humeurs qu’ils produisent, que ces organes exercent sur les principes

du sang et sur les élémens alimentaires qui s’y trouvent confondus, cette sorte d’affinité élective, cette préférence dont nous parlions à l'instant; c’est par cette action, et dans ce but seulement, que ces organes épuisent peu-à-peu tout ce que le sang contient de principes nutritifs. En troisième lieu, enfin, Jes organes ont besoin d’un sang nouveau, d’un sang chargé de principes alimentaires, et richement res-" piré, pour l entretien de leurs propriétés , pour le jeu de leurs fonctions. C’est un dernier et incontestable usage des principes nutritifs, répandus dans le sang, d'entretenir ainsi une excitation perpétuelle dans toutes nos parties. Îl est certain que même les organes dont ne provient aucune humeur appréciable, éprouvent autant que tous les autres le besoin du contact répété, du cours rapide et continuel d’un sang nouveau , d’un sang chargé d’air vital et de chyle, c’està-dire d’un sang constamment renouvelé par la digestion d’alimens convenables , et par la respiration d'un air chargé d’oxigène. Tout crgane dont l'artère est rétrécie s’amaigrit ; il s’atrophie et n’a plus de fonctions, si son artère est totalement supprimée. Peut-être pourrait-on arguer de cette diminution des organes qu'on a privés de vaisseaux accessibles au sang artériel, qu'il est donc vrai qu'ils se décomposent sans cesse, et qu'ils ne se renouvellent qu'au moyen du sang qui Îles Rae mais je réponds à cela, qu’un organe séparé de ses vaisseaux n’est plus dans l’état de vie et de résistance dans lequel le contact du sang a coutume de l’entretenir, et que d'ailleurs l’action absorbante qui s'exerce ordinairement sur ces fluides abreuvant les organes , se tourne, alors

CHAP. X. QUESTIONS ET CONJECTURES. 579 que le sang a cessé d’y pénétrer, sur le tissu même des parties vivantes ; ou plutôt , et cette dernière considération est la plus importante, chaque organe, à l’exception des os et des cartilages , est composé presque entièrement de liquides dont la disparition persuade à tort que l'organe même, que sa propre trame solide, a perdu de son volume. Ainsi la nourriture a donc pour destination de maintenir dans les organes la température et l'excitation qui leur sont indispensables , et de fournir les élémens des humeurs qu'ils sécrètent. Les alimens ne servent à la composition de la trame mème de nos parties, que dans le premier âge et jusqu à la crue parfaite des animaux; et voilà pourquoi les jeunes animaux ressentent plus promptement et davantage le besoin de nourriture et les effets de l’abstinence.

Errers COMPLIQUÉS DE L'ABSTINENCE. L’abstinence ou l'absence de nouveau chyle a pour premier effet de dimipuer la masse du sang et les principes alimentaires qui s’y trouvent suspendus. Ensuite, la masse du sang étant diminuée et appauvrie , la température vitale baisse, la quantité des humeurs sécrétées est moindre et elles sont moins parfaites , l'excitation des organes est aussi affaiblie ; et par toutes ces causes les fonctions de la vie ne se font plus comme en santé. Le cœur ne bat plus avec la même force, les organes respiratoires ne combinent plus autant d'air avec le sang qui les traverse, cette combinaison est moins parfaite; et cela mème accroît encore les premiers efiets de trouble , d’irrégularité et de faiblesse pour le reste des organes et pour leurs fonctions. Si l’on vient à cesser l’abstinence, la nouvelle digestion ‘est

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moins parfaite, et parce qu'il y a moins de sang et un sang d'un cours moins rapide, ét moins de chaleur; et parce qu'il y a moins de sucs salivaires et gastriques, moins de mucus, moins de bile, et que ces humeurs sont moins parfaites; et parce qu'aussi les fibres musculaires de l'estomac et des intestins ont moins d'énergie, etc., etc. La digestion étant plus lente , le chyle moins parfait, moins élaboré, moins abondant, respiré moins complètement, et réparti avec plus de mollesse et de lenteur dans des organes moins aples à s’en emparer , de toutes ces causes résulte l’amaigrissement du corps, la faiblesse des muscles, l’inaptitude à l’action, un état de langueur, de souffrance , et de décrépitude anticipée.

Toutesles parties du corps éprouvent, chez tous les animaux, les effets d’une nutrition aussi imparfaite ; lesjeunes plus que les vieux ; ceux quidorment, moins que ceux qui veillent et agissent; ceux du nord plus que ceux du midi ,'les mâles plus que les femelles ; ceux qui sont maigres moins que ceux qui ont de l'embonpoint, les carnivores moins que les herbivores; ceux dont le cœur a quatre cavités, plus que ceux en qui cet organe est moins complexe; les animaux à grande respiration aérienne plus que ceux dont la respiration est plus restreinte ou aquatique. Les cheveux , les poils, plumes ou écailles, sont les premières parties à montrer les effets d'une abstinence prolongée ou d’une mauvaise nourriture; les parties pileuses tombent, blanchissent ou se détériorent. La cornée oculaire aussi finit par se ternir, par s’enflammer, et parfois par s’ulcérer à son centre. Également, les dents perdent leur blancheur éclatante ,

et souvent jusqu’au poli de leur surface ; et ce sont autant d'effets qui persévèrent jusqu’à la fin de la vie.

YŸ A-T-IL DANS UN GORPS VIVANT QUELQUE PRINCIPE ÉTRANGER AUX ALIMENS DONT IL S'EST NOURRI? On demande souvent srles animaux forment en eux-mêmes, par le seul pouvoir de la nutrition, des principes Lotalement étrangers à l'air qu'ils absorbent et aux alimens qu'ils digèrent. La réponse à celte question ne saurait être long-temps indécise. D'abord, à commencer par le sang, la chimie est inhabile à expliquer, et tout-à-fait incapable, par ses procédés ordinaires, d'imiter ce fluide vital où tous les autres fluides ont leur source commune. En considérant même le sang comme un ensemble combiné pour les besoins de la vie, de tout ce qui provient, et de l’air respiré , et des alimens digérés, on est loin de trouver dans ce liquide les divers élémens dont se composent tous les organes, ou les élémens des humeurs que ces organes sécrètent. On ne trouve dans le sang, ni la gélatine des os toute formée , ni l’acide urique de l'urine tout préparé. Îl est vrai que ces principes pourraient bien provenir des choses du dehors, et dissimuler leurs véritables qualités pour former le sang, et reprendre ensuite ces qualités primitives pour composer les organes non encore accrus. Mais toujours serait-il vrai de dire que la nutrition opère des combinaisons telles, dans nos organes et nos humeurs, que les lois de la chimie ne sauraient en rendre compte ; en un mot, que le travail nutritif ne résulte point d’un simple dépôt des élémens puisés dans la nourriture. Ge sont les organes eux-mêmes qui assurément amalgament à leur manière et qui peut-être aussi.

modifient les substances dont ils se composent ; mais toujours est-il probable que les premiers principes des organes et des humeurs sont contenus dans le sang et proviennent élémentairement des alimens ou de l'air; puisque les animaux carnivores qu’on a soumis à une longué privation de substances animales ont ces humeurs autrement composées que ceux d’entr'eux qui ont continué de vivre selon leur instinct.

Les physiologistes, admettant presque tous que les organes du corps ne cessent de se décomposer et de se recomposer tant que dure la vie, ne pouvaient se rendre compte comment il se faisait que des animaux nourris long-temps d’alimens non azotés continuaient d’avoir des organes aussi imprégnés d’azote que d’autres animaux soumis à un régime constamment animal ; mais tout étonnement doit cesser à ce sujet , dès que l’on considère que la trame même des organes reste toujours la même.

EsT-IL VRAI QU'IL N'Y AIT QU'UN ALIMENT POUR LA NUTRITION D'ORGANES SI DIVERSIFIÉS ? Ceux qui ont dit « qu'il existe plusieurs alimens, mais que néanmoins il n’y a qu’un aliment», ont cru proclamer là une chose profonde, lorsqu'ils ne faisaient qu’exprimer prétentiensement une proposition obscure. Il est sûr, en effet, que ce prétendu principe a quelque chose de louche dans quelque sens qu'on l’envisage. Non seulement les alimens diffèrent infiniment entr'eux, mais le chyle qui provient de leur digestion diffère aussi beaucoup selon leur nature :.le chyle qui résulte de la digestion de substances animales n’est pas semblable au chyle des végétaux, Les

produits chimiques des matières nutritives sont de même très-différens : on s’est assuré qu’une molécule de fibrine contient un tiers plus d'azote qu'une molécule d’albumine. Enfin, veut-on considérer les résultats définitifs de la digestion? Quoi de plus dissemblable qu’un carnivore et un herbivore !

Toutefois, il faut dire que, quel que soit le chyle, quelle que soit la nature des alimens qui l'ont produit , il a toujours pour même résultat de recomposer le sang, de développer de la chaleur, d’exciter les organes et de leur donner de l'énergie , de fournir à la composition des humeurs, et de former primitivement les organes des jeunes animaux. Il est permis de s'étonner qu'un liquide d'une apparence aussi simple que le chyle, puisse suflire seul à la fabrication de tant d'organes différens, de tant d’humeurs distinctes ; et cela même qui cause notre surprise, fortifie la persuasion où nous sommes que chaque tissu, chaque organe exerce sur les principes du sang qui l'imprègne , une action, non seulement d’affinité et d'élection, mais vraisemblablement aussi de combinaison et de transformation : chacune de nos parties est une sorte de laboratoire de chimie vivante, où se forment des produits que la chimie des hommes ne saurait imiter.

ÉCHANGES MUTUELS DES DEUX RÈGNES. Les végétaux se nourrissent d'air et de liquides; le carbone surtout se fixe durablement dans leur tissu et le solidifie. Les animaux phytophages font leur nourriture de substances végétales , et fournissent à leur tour des alimens aux animaux carnassiers. Voilà comme les substances alimentaires s’enchaînent et se graduent, depuis les

fluides gazeux jusqu'aux corps organisés, Les débris des animaux servent ensuite à fomenter de nombreuses] productions végétales, et les végétaux alimentent immédiatement ou médiatement tous les animaux. Ïl y à des échanges continüels entre les corps organisés des deux règnes ; les plantes ne peuvent pas plus se passer des animaux que ceux-ci ne peuvent se passer des autres : la disparition de l’un des deux règnes dé corps organisés entraînerait inévitablement la destruction de Fautre règne. Nous reviendrons sur ce commerce nécéssaire des animaux et des végétaux en parlant de leur Respiration. UNITÉ ET TRANSFORMATIONS DE LA MATIÈRE. Un végétal ou un animal, à sà première origine, ne doit à sa souche matérnelle qu'un peu de fluide renfermé dans des membranes : après cela, ses accroissémens successifs proviennent éntièremént, et de l'air qu'il respire , et des alimens qu'il absorbe ou qu'il digère. C'est donc la matière générale, répandue dans l’univers, la matière brute, modifiée par l’action vitale, quicompose uniquement la substance des corps orgänisés. Lorsqu'ensuite les corps vivans ont perdu l'existence et qu'ils se dissocient, les débris de leurs organes , réduits à leurs plus simples élémens , vont se confondre ou avec l'atmosphère ou avec le globé terrestre ; en un mot, is redeviennent matière brute. C’est donc toujours la même matière, ainsi que Je lé disais, qui passe tour-à-tour de l'état inerte à l'état de vie; et les transformations qu'elle subit de la sôrté sont dues à cette force de nutrition dont nous venons d'étudier les instrumens et les actes compliqués. Quant à ce principe insaisissable qui anime, qui res

prend et quitte tour-à-tour et des millions de fois la même matière depuis le commencement de cesmondes dont nous admirons le merveilleux ensemble et le sublime enchaïînement, la nature ou l'essence nous en est totalement inconnue; l’origine même de la vie, qui remonte à l’acte mystérieux de la génération, ne saurait en être délerminée d'une manière précise ; et toutes les investigations des hommes pour découvrir le secret de sa reproduction ne saura jamais nous conduire qu'à l’aveu d’une entière ignorance. INFLUENCE DES NERFS SUR LA NUTRITION. Il est incontestable que les nerfs sont nécessaires à la nutrition et à la parfaite conservation des organes : un organe dont les nérfs ont été coupés ou comprimés ne tarde pas à dépérir, à s’émacier ; quelquefois même il s'effectue des ulcérations dans les parties dont les nerfs ont été détruits. Après avoir coupé sur un Chien le nerf de la cinquième paire, ou trijumeau, on vit la conjonctive s'enflammer , les humeurs de l'œil deveair troublés, la cornée se ternir, et finalement s'ulcérer et se détacher. C’est ainsi qu'on voit des organes s’atrophier par l’unique raison que les nerfs qu'ils reçoivent ont souffert : c’est par une cause semblable, à laquelle se joint aussi l'influence défavorable de l'inaction, que les membres paralysés dent notablement de leur volume. |

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