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CHAPITRE XI

Quelques Remarques supplémentaires sur la Nutrition.

INFLUENCE DU SEL MARIN. Il est bien avéré que le sel de cuisine a d’utiles effets sur la digestion des alimens, qu'il l’accélère; et comme ce condiment n'est jamais employé dans nos mets qu'à doses assez faibles ,. on a tiré de Jà de singulières conséquences touchant le mode d'action dont quelques: personnes pensaient que la digestion résultait. On a dit : le sel marin n’est anti-septique qu'à grandes doses ; à doses plus faibles, loin de l'empêcher, il favorise la putréfaction et l’accélère. Par conséquent, a-t-on ajouté, le sel ne favorise la digestion qu’à raison de ce qu'il est employé à d’assez petites doses dans les alimens, pour en fomenter la putréfaction. Spallanzani n’a-pas dédaigné de faire des expériences propres à éclairer cet objet : il a vu que le sel marin à petites doses, comme à doses plus fortes, aidait toujours la digestion, sans jamais déterminer de fermentation putride ; et il s’est assuré que les propriétés digestives de ce sel sont dues à ce qu'il sollicite par son contact avec l’estomac une sécrétion plus abondante de sucs gastriques. DER

Marapies. On a souvent remarqué que la digestion Janguissait en des animaux soumis à divers essais, que quelquefois même il se manifestait chez eux un commencement de fermentation putride. Mais les

__ CHAP. XI. REMARQUES SUR LA NUTRITION. 587 êtres sur qui l'on a fait de pareilles remarques étaient ou très-vieux , ou malades. Spallanzani parle d’un vieux Duc-à-huppe qui offrait des phénomènes fort curieux de cette nature. Mais on conçoit qu'il serait péu convenable de tirer aucune conséquence générale de ces faits exceptionnels.

RaAPPORT DU VOLUME DES ARTÈRES AVEC LA NUTRITION DES ORGANES. On peut remarquer que les artères ont toujours un volume parfaitement concordant avec celui des organes ; elles grossissent à proportion de leur développement. Mais il est difficile de dire où est le premier terme de cet accord : impossible de préciser si l'artère se dilate avant que l'organe ne grossisse, ou si le progrès commence par l'organe, C’est donc moins une influence que nous signalons , qu’une relation constante dont nous faisons la remarque.

ALIMENS TROP UNIFORMES SONT NUISIBLES (1). On avait Observé dès il y a long-temps ( malheureusement ces observations n'avaient rien de précis ), on admettait vaguement que la variélé.des alimens était nécessaire à l'entretien de la santé chez les animaux omnivores; qu'une nourriture par trop uniforme pouvait aller jusqu’à comprontettre l'existence. On a fait tout récemment des expériences suivies à ce sujet, et l’on s’est assuré que le préjugé populaire était fondé sur des faits réels, et d'accord avec l’observation. Des Chiens que l’on nourrissait exclusivement d'œufs durs et de fromage, se sont peu-à-peu amaigris, ont perdu leurs poils et ont fini par succomber. Un

(1) Voyez les expériences de Dodart, de Marcorelle, de Spallanzaui, de Gosse, de Magendie , d'A, Cooper, etc.

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Ane à qui l'on ne donnait que du riz, tantôt sec, tantôt humide et cuit, n’a résisté que quinze jours à un pareil régime. Îl est vrai qu’un Coq a supporté le même aliment toujours semblable , plusieurs mois sans dépérir; mais la règle générale n’en est pas moins rigoureusement exacte, appliquée à ceux des animaux pour qui il est naturel d’user d’alimens de plusieurs sortes. On s’est de plus assuré qu'après avoir été lentement affaiblis par un régime défavorable à raison de sa trop grande uniformité, c’était en vain qu'on redonnait à ces animaux une nourriture saine et. variée, en vain qu'on les soutenait par toutes choses bonnes et salubres; ils n’en continuaient pas moins de s’icheminer vers un entier dépérissement. Ils meurent tout comme s'ils n’avaient pas changé d’alimens, et leur mort esl aussi prompte. Parmi les observations curieuses qu’on a faites au mème sujet, on doit noter la propriété qu'a le pain bis ou de munition dé nourrir long-temps le Chien sans le faire dépérir, tandis que le pain blanc ne tarde pas à l’amaigrir. On a aussi remarqué que les Rongeurs vivent plus longtemps en mangeant exclusivement de la chair musculaire , qu’en usant de toute autre nourriture. , NÉCESSITÉ DES ALIMENS AZOTÉS POUR QUELQUES ANImaux. Lorsqu'on nourrit un Ghien avec du sucre seul, ou seulement avec de la gomme ou du beurre , substances non azotées , ces animaux ne tardent pas à s'amaigrir , à s'émacier , à dépérir visiblement : leurs poils tombent , leurs cornées souvent s’exulcèrent, et la mort vient bientôt terminer cette lente décomposition d'organes qui ont cessé d’être abreuvés d'alimens azotés. De plus, la bile et l'urine de ces animaux

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