CHAPITRE VE
Symétrie des Corps vivans.
Il est remarquable combien sont symétriques la plupart des corps vivans. Je ne parle ni des racines des plantes , ni de l’ensemble des rameaux des grands arbres; car le sol étant fort irrégulier pour sa composition , les racines se portent toujours de préférence du côté où la terre est la plus meuble et la plus grasse; et quant aux branches, elles sont principalement attirées vers la lumière la plus intense. Aussi voit-on les arbres les'plus vivaces , je veux dire les arbres résineux et verts, ceux sur qui toutes les influences ont moins ‘d'action, conserver une symétrie plus parfaite.
Cet arrangement régulier n'est dans aucune autre famille de plantes plus parfait que dans les labiées : je ne parle point de leurs fleurs, qui ont moins de symétrie que dans beaucoup d’autres ; mais leur tige carrée , leurs feuilles opposées, leurs rameaux, leurs pédoncules , tout y est dans un ordre admirable. Également chaque feuille prise séparément dans la généralité des plantes, est disposée avec symétrie : il y a de chaque côté du pétiole , si nul accident n'est survenu, à-peu-près la même largeur de lymbe. L’arrangement définitif du contour est ensuite subordonné àla distgibution des vaisseaux par qui les feuilles paraissent veinées. Selon que ces vaisseaux se ter-