CHAP. VI. SYMÉTRIE DES CORPS VIVANS
minent seulement aux bords, ou selon qu'ils s’anastomosent avant d'y arriver, les feuilles sont dentelées ou arrondies. Mais tout cela n'approche pas de la double symétrie des feuilles ailées des acacias , des feuilles de la sensitive ou du sapin.
__ Il en faut dire autant des fleurs, au moins dans le plus g grand nombre des plantes : il y a presque toujours la plus exacte mesure entre chaque division du calice et de la corolle, entre chaque étamine, chaque pistil ‘chaque compartiment de l'ovaire et du fruit. À l'exception de certaines fleurs analogues à celles de l’acacia, à celles des labiées, des orchis, etc., les irrégularités que plusieurs d’entre elles présentent sont dues à des avortemens d'organes , à des adhérences ou à des transformations.
Passant des plantes aux animaux, nous voyons ces derniers êtres déjà symétriques à partir des polypes pourvus de cils, munis de tentacules ou de petits bras : ces appendices sont arrangés avec régularité autour de leur bouche. Il n'y a pas jusqu'aux corps calcaires et arborisés qu'ils forment insensiblement et qu'ils habitent ; qui n’observent une semblable disposition. Nous retrouvons surlout cette symétrie dans les compartimens étoilés des euryales et des oursins, Pour les insectes , elle est parfaite : on la retrouve aussi dans beaticdii de mollusques, au moins dans leurs coquilles ; mais principalement dans les crustacés du genre des crabes ou des écrevisses.
Mais c'est dans les animaux vertébrés que cette symétrie est portée à sa, plus grande perfection : leurs os , leurs nerfs, leurs sens , leur cerveau : leurs muscles el leurs glandes ; leurs ouies ou leurs
poumons , tout y est par paires latérales, ou bien en nombre impair, et placé au milieu du corps. Il faut convenir, cependant, que tous les organes intérieurs n’ont pas la même régularité : on ne la voit ni pour les intestins , ni pour le foire , nipour le cœur, etc. H faut dire aussi que quelques animaux font une exception manifeste à cette grande loi de symétrie : la plupart des mollusques ont:les orifices digestifs et sexuels placés d’un côté du corps, ordinairement à droite ; les poissons plats, nageant sur le côté, ont les deux yeux placés sur celle de leurs faces qui est tournée vers le ciel, et c'est encore presque toujours le côté droit. Enfin, chez les animaux le plus symétriquement organisés , il est avéré que l’un des côtés prédomine ordinairement sur l’autre côté, et cette moitié du corps la plus forte est presque toujours la droite. On le voit chez les crustacés, notamment chez les pagures ermites; on le voit mème chez les gros oiseaux, dont les plumes du côté droit sont toujours les plus fortes et de la meilleure qualité. La même inégalité se retrouve chez les mammifères, et peutêtre chez aucun autre plus manifestement que chez l’homme , le moins ambidextre de tous les animaux.