‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 32 sur 141 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Idée de la Reproduction des Êtres vivans.

Il serait imprudent, il serait difficile de donner des règles générales sur une fonction qui offre presque autant de différences qu'il y a au monde d'espèces d’êtres vivans; qui varie dans chacune pour les instrumens qu'elle emploie , pour les voies qu'elle suit , pour le mode et la durée de ses phénomènes, et qui enfin n’a rien de général, si ce n'est son but, lequel consiste à perpétuer les espèces et à réparer sans relâche les continuelles destructions dues à la mort. Le caractère le plus universel de cette fonction est d’appartenir à tout ce qui existe; tout être vivant se ré génère. La vie étant de sa nature temporaire, la rénovation perpétuelle des espèces était indispensable. Aussi Dieu, lorsqu'il eut achevé le monde, commandat-il à toutes les créatures sorties de ses mains de croître etde multiplier. I ne dit pas : sentez et agissez, car il voulait une obéissance universelle.

Ainsila vie semble n’être que pour se communiquer : elle n’est jamais plus active qu’à l’époque de l'amour et de la reproduction , qui est son but comme son principe. Elle commence à s’affaiblir aussitôt que le grand acte de la rénovation des individus est achevé : on voit des animaux qui vieillissent et mcurent dès le moment où ils viennent de se reproduire, comme on voit des fleurs se faner et se fétrir bientôt

AS Liv. 11. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS. après la cérémonie nuptiale (1). Le mouvement perpétuel n'existe donc nulle part hors des grands corps planétaires ; pas plus dans les machines vivantes que dansles mécaniquesingénieuses que l’homme a savamment combinées; même plus le mouvement est rapide, plus vite il est communiqué , et plus tôt il se perd. * C'est ainsi que l’ordre général est constamment maintenu dans la nature : l'énergie de la vie conduit à la transmettre , et la reproduction est un acheminement vers la mort. Voilà comme la destruction est une conséquence de la perpétuité qu'elle rend nécessaire,

Nous comprenons bien le but de la génération sous quelque aspect qu'eile se présente, mais nous répétons qu'on ne peut énoncer rien d'absolu, rien de général sur les procédés selon lesquels se font ses opérations. Nous ne pouvons pas dire que cette fonction exige toujours le concours des sexes, car, outre les plantes cryptogames et quelques vers intestinaux, où ce concours est fort douteux, et dans lesquelsmême l'existence des organes sexuels est loin d’être prouvée, nous savons que les polypes se reproduisent sans ces organes et sans ce concours. La plupart des corps organisés naissent d'une espèce d'œuf qui éclot en-dehors ou au-dedans de l'être d’où il provient; mais on ne voit d'œufs ni pour les cryptogames ni pour certains vers , et l’on est sûr que les polypes n'ont, au lieu d'œufs, que des bourgeons et des espèces de semmes. Presque tous les corps vivans ont un fluide pour élément ; mais encore ici la chose n’est pas gé-

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(1) Expression de Linné. Voyez sa dissertalion intitulée : Sponsalia

plantarum , dans les Ameænitates academicee.

CHAP. III. GÉNÉRATION SPONTANÉE. 49 nérale : il est des animaux qui se reproduisent par des fragmens solides détachés ou déchirés du corps principal. Enfin il est bien vrai que la plupart des êtres vivans proviennent d'êtres semblables à eux ; mais celte parenté n'est pas incontestable pour tous ; et cela même nous conduit à examiner s’il y a des êtres dont la production soit spontanée.

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