‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 38 sur 141 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Reproduction sexuelle des Vers et des Animaux Radiaires (1).

Il y a peu de ressemblance entre les Vers pour les organes du sexe : les uns sont unisexuels, d’autres hermaphrodites, et d’autres androgynes.

Les lombrics, ou vers de terre, sont de ce dernier genre : ils réunissent dans un seul être les organes des deux sexes et ils ont besoin d’un accouplement réciproque. Leurs organes génitaux sont placés vers l’extrémité antérieure de l'animal, près de la tête : ils consistent dans une espèce de corps glanduleux, apparemment le testicule, lequel communique avec une sorte de poche ; et ces différens organes ont deux issucs à l'extérieur. C’est probablement par ces ori-

(1) Voyez Ellis, Cavolini, Bruguiïères , Rudolphi, R. Grant.

CIAP. VI. GÉNÉRATION DES VERS. 82 fices que se fait leur accouplement ; accouplement non douteux, quoiqu'oh ne connaisse point les orgaues destinés à l’opérer. On a aussi trouvé dans ces vers plusieurs paires de paquets d'œufs, rangés à la file les uns des autres comme des grains de chapelet. Il y a des vers dans le corps desquels on trouve un tas d'œufs éparpillés de toutes parts et sans aucun ordre.

À l'égard des vers intestinaux, il en est plusieurs espèces qui ont les sexes séparés. Le mâle du grand ver lombric des intestins a une verge manifeste , sortant par la queue , et, près de ce lieu, une vésicule séminale qui s'étend au tiers environ de la longueur du corps. Une humeur laiteuse la remplit : c’est probabiement un testicule que l'espèce de corps pelotonné que l’on voit près de la. La femelle présente pour organes génitaux une suite de vaisseaux où l’on voit beaucoup d'œufs très-petils, nageant dans une liqueur laiteuse. Les ténias portent aussi des œufs destinés à la reproduction.

La sangsue est androgyne comme le ver de terre. Ses vésicules séminales sont si considérables, qu'on a vu des personnes les prendre pour un cerveau. Elle a aussi deux testicules glanduleux rubanés, et deux conduits déférens qui versent le sperme. dans les vésiculés séminales, lesquelles à leur tour le font couler jusqu’à la base de la verge, qui est très-manifeste et très-flexible. M. Cuvier dit que cette verge peut se replier en arrière comme celle du limaçon. L’orifice par où cet organe sort de la sangsue cest voisin d'une espèce de vulve, et ces deux ouvertures sont situées vers l’extrémité antérieure de l'animal, et sur

le côté droit du cou. Les sangsues s’'accouplent doublement:, et leurs œufs éclosent dans leur COrps : elles font des petits vivans.

Les radiaires, les étoiles de mer, les oursins, tout cela est hermaphrodite, se reproduit par des œufs et sans accouplement préalable : chaque individu réunit les organes des deux sexes, ou du moins des œufs et le fluide propre à les féconder, Les ovaires forment ici des paquets énormes qui composent toute Ja partie mangeable de ces animaux. On a remarqué que les œufs de beaucoup de radiaires offraient des mouvemens manifestes à la manière des animaux parfaits. Il sont aussi garnis d’une sorte de cils ou de poils qui les disposent à flotter à la surface des eaux. IL paraîtrait d’après cela qu'ils ont besoin d’éprouver le contact de l'air. |

CHAPITRE VIF Reproduelion sexuelle des Arachnides et des Crustacés (1).

Les Araignées ont des sexes isolés et une espèce d’accouplement : les organes de la génération sont placés à la base de l'abdomen chez le mâle comme chez la femelle. Cependant les mâles des aranéides ou araignées fileuses ont ces organes placés dans des espèces de mains qu’on a nommées palpes. L'accouplement de ces animaux est assez singulier: comme

(1) Poy.Réaumnur, Swammerdam, Latreille, Walckenaër, Leach., etc,

CHAP. VII. GÉNÉRATION DES/ARACHNIDES, elc. 87 plusieurs d’entr'eux:s'entre - dévorent, ce n'est pas sans d’extrêmes précaulions que le mâle se risque à aborder la femelle. Poussé par un besoin devenu irrésistible , il approche de celle-ci; mais avant-de la toucher , de la caresser (car il y a de l'amour et une sorte de caresses partout où la reproduction des espèces exige des accouplemens); avant donc d’aborder la femelle renfermée dans sa toile , le mâle suspend un peu plus haut un fil assez fort pour le supporter et lui servir de retraite en cas de surprise et de danser. Après tous ces préparatifs de prudence qu'il faudrait croire intelligens s’ils n'étaient pas les mêmes chez tous et dans tous tes temps sans nulle variation; après ces précautions machinales, l'animal approche de sa femelle , la touche , et aussitôt se retire , comme pour observer à quelle réception il doit s'attendre. Si la femelle paraît le souffrir ou le désirer, alors il s’expose à en approcher de plus près, et c’est alors que se fait l’accouplement , lequel paraît résulter de l'introduction , dans les organes génitaux de la femelle, d'une petite antenne, sorte de bouton. qui est une dépendance des palpes renfermant les organes reproducteurs. Ensuite les femelles poudent des masses d'œufs dans des cocons, variables pour la couleur et la forme : plusieurs même portent patiemment ces œufs dans leurs pattes, et les petits venant à éclore se nt, quelquefois placés sur le dos de leurs mères. Îl est singulier que des animaux si voraces à l'égard des mâles aient quasi la tendresse des didelphes pour leurs petits.

Les crustacés sont unisexuels : les mâles out deux verges siluces vers la cinquième paire de pattes, €t

88 LIv. II. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS.

la femelle a deux vulves répondant à Ja troisième paire; et ce qui est assez singulier, c'est que, quoique les organes de l’accouplement soient doubles , les organes intérieurs , les testicules des mâles et les ovaires des femelles sont presque toujours uniques pour chaque animal. Lorsque les œufs sont pondus, bientôt les femelles les collent et les fixent aux membranes dont le dessous de leur queue est garni : et c’est là qu'ils éclosent. Cette particularité fait que les sexes sont faciles à reconnaître dans cette sorte d'animaux : la queue des femelles est plus large.

Page 1