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CHAPITRE XL

Idée de la Reproduction des Oiseaux:

Les oiseaux, comme on sait, sont ovipares Les fe: welles n’ont qu'un seul ovaire (le gauche), où sont renfermés tous les œufs qu'elles doivent pondre en plusieurs années. Ces œufs sont de différentes grosseurs : ceux qui sont le plus près de sortir sont beau-

CHAP. XI. REPRODUCTION DES OISEAUX. 101 coup. plus gros et déjà Jaunâtres ; ils ne contiennent point encore d’albumen. Les autres sont successivement plus petits et incolores. Les premiers sont les seuls susceptibles d’être actuellement fécondés par le mâle. Presque toujours cetté fécondation s'opère quelque temps avant Îa sortie des œufs ; cependant l'approche du mâle et le contact de la semence ne sont pour rien dans leur eXpulsion ni même dans leur accroissement. Ainsi donc , fécondés ou non, le pavilion dilaté de loviducte s'applique sur les œufs les plus gros, les plus mürs, et les détache de l'ovaire. Nous avons dit qu'ils étaient exclusivement composés de jaune sans albumen ; mais pendant leur trajet et leur séjour dans l’oviducte, le jaune s'entoure des slaires albumineuses qui lubréfient ce canal; et ces glaires auxquelles le jaune s’unit, composent ensuite le blanc de l'œuf. Jusque-là l'ovule était mou et sans. enveloppe résistante ; mais arrivé à l’extrémité de l’oviducte et dans le cloaque , il se trouve bientôt enveloppé par la matière calcaire que la surface de ces conduits sécrète. Ensuite l'expulsion de l'œuf est opérée: par la contraction musculaire du cloaque et des parois du ventre, et c’est par l’incubation que le jeune animal se développe. |

À l'égard de la fécondation de l'œuf, elle est l'ouvrage de la liqueur séminale du mâle, avec-accouplément, mais d'ordinaire sans intromission. La plupart des oiseaux n'ont, en effet, aucun organe visible pour une copulation véritable : à exception de l’autruche et de quelques oiseaux de l’ordre des canards, ces animaux n'ont point de verge ; seulement on apercoit près de

102 LIV. 1J. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES VIVANS. l'orifice du cloaque un petit tubercule imperforé qui est l'équivalent très-imparfait du pénis des autres animaux, de sorte que l’accouplement du plus grand nombre des oiseaux n’a lieu que par un simple contact de l’anus des deux sexes. Ces animaux sont pareillement dépourvus de vésicules séminales servant de réservoir au sperme; et leurs testicules, qui restent collés à la partie postérieure de l’abdomen dans le voisinage des reins , ne sortent jamais à l'extérieur et sont privés de toutes ces enveloppes qui composent les bourses des mammifères. Du reste, ils sont composés d'un tissu blanchâtre et délicat comme chez ces derniers; et l’immensité des petits vaisseaux dont ils sontformés aboutissent finalement à un conduit unique pour chaque testicule : ce sont les canaux déférens , lesquels ont leur terminaison finale dans le cloaque. Une chose paraît étonnante dans cette structure des organes génitaux des oïseaux : je veux parler de la puissange de fécondation attachée à la liqueur séminale de ce genre d'animaux. Nous avons dit, en eflet, que le sperme passe sans impulsion visible , sans copulation véritable , du cloaque du mâle dans celui de la femelle; et cependant ce fluide parvient constamment à travers la filière étroite des oviductes jusqu'aux ovaires , où il féconde plusieurs œufs à-lafois. Une autre chose surprenante ici, comme chez les autres animaux, c’est que le pavillon libre de l’oviducte aille précisément s'appliquer , pour l’en détacher, sur celui des ovules qui est le plus gros et le plus près de la maturité. Ne seraït-on pas tenté d'attribuer à ce tube contractile et sans conscience une

CHAP. XI. REPRODUCTION DES OISEAUX. 109 espèce d’instinct au moins égal à l'instinct qu'on voit en des animaux entiers plus imparfaits ?

Parmi les oiseaux, les uns vivent en polygames : je veux dire que le même mâle féconde plusieurs femelles , non sans choix, mais toujours sans constance. D'autres s'accouplent et vivent unis, du moins durant l’époque des amours , partageant en commun les soins de la famille. Ce sont les oiseaux de ce dernier ordre qui apportent à la construction de leurs nids l'industrie la plus admirable ; ce sont eux également qui, après l’éclosion de leurs petits, leur prodiguent le plus assidûment tous les soins attentifs que réclame léur faiblesse. Ce n’est pas que l’incubation des œufs soit toujours plus prolongée chez les oiseaux polygames ; mais les petits de ceux-ci sont ordinairement plus forts au moment de leur naissance , et plus capables, aussitôt après leur éclosion, de se mouvoir ét de subsister sans le secours, sans la protection de léurs parens. Nous retrouvons partout la mème prévoyance de la nature pour le parfait achèvement de ses œuvres : elle à donné plus de force aux jeunes animaux dont la conservation n'était point garantie par l’union et la tendresse mutuelles de leurs auteurs.

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