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CHAP. XIII, COMPARAISON DES ŒUFS

demander s'il est sûr que les œufs respirent. À ce sujet un physicien de Berlin a fait des expériences contradictoires avec celles que nous avons rapportées: ik a mis incuber des œufs dans toutes sortes de gaz, et cela n’aeu, à ce qu'ôn assure, aucun inconvénient pour les jeunes embryons : chaque œuf est venu à bien. Mais on peut élever des doutes sur cette expérience : comment est-il possible d'isoler des œufs d'avec l'air de l'atmosphère ? Ne faut-il pas, s'il s’agit d'œufs d'oiseaux , que la couveuse respire? or, comment vivrait-elle dans un air sans oxygène? D'ailleurs, ne faut-il pas qu’elle mange, qu’elle bouge, qu’elle se promène? Veut-on parler d'œufs incubés.artificiellement par la chaleur, ou seulement d'œufs de serpens et de lézards , qui éclosent sans incubalion® alors on peut encore répondre victorieusenent à cette nouvelle objection, car nous avons dit qu'ilse forme dans l'œuf, près du germe , une cavité que l'air vient remplir; et on aura beau placer Fœuf dans un air irrespirable , il faudra toujours qu'il reste pourvu de ee petit réservoir que nous avons vu S'y former. Mais il est une autre difficulté beaucoup plus forte : Je veux parler de l’allantoïde, que nous verrons exister dans les mammifères comme elle existe dans les oiseaux. Cependant les mammifères reçoivent de leur mère un sang tout prêt respiré; d’ailleurs comment l’allantoide pourrait-elle servir chez eux à la respiration ? elle n’est entourée d'aucun fluide aérien , et les organes qui l'environnent sont tous solides et sans communication avec l'extérieur. On: pourrait dire que son objet est peut-être d'extraire des liquides qu'elle renferme le peu d'air qui s'y trouve mêlé , et qu'elle

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sert ainsi d'organe supplémentaire aux poumons de la mère ; mais alors pourquoi son volume est-il si variable dans les animaux quadrupèdes, et pourquoi n’existe-t-elle nullement chez l’homme ? il y a donc encore quelque obscurité relativement à l’allantoïde, surtout dans les mammifères ; mais il parait certain qu'elle opère une véritable respiration dans les œufs qui en sont pourvus.

En nous résumant nous devons dire , que les œufs des poissons et ceux des reptiles originairement pourvus de branchies n’ont point d’allantoïde ; qu'ils n'ont par conséquent ni de chorion ni de membrane moyenne. Une autre différence importante , c’est que les embryons renfermés dans ces œufs sont pareïllement privés de vaisseaux ombilicaux et d’un véritable cordon ombilical. À la vérité les poissons ont une espèce d’ombilic, car c’est par cetie ouverture que le vitellus de l'œuf s’introduit dans l’abdomen et communique avec l'intestin ; c’est aussi par-là que sortent les petits vaisseaux mésentériques quivont se répandre dans ce vitellus ; mais le cordon ombilical est fort im= parfait, fort simple, puisqu'il ne contient ni d'ouraque ni de vaisseaux cmnbilicaux, partie essentielle à ce cordon. Au contraire, tous les animaux dont l’ovule est pourvu ou d’une allantoide ou d’un placenta , ont en même temps un cordon ombilical, renfermant une grosse veine qui va traverser le foie pour se rendre au cœur, et deux grosses artères qui naissent des

iliaques primitives. Cette disposition est manifeste et

incontestable dans les oiseaux, dans les serpens et dans les mammifères. Il n’y a donc que les embryons pourvus de branchies qui manquent d’un cordon om-

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