CHAPITRE XXI1V
Système d'Hippocrate : Mélange des Semences.
Du temps d'Hippocrate , on faisait déjà des sysièmes sur la génération ; c'était même une époque favorable aux hypothèses , car la nature des choses (tant peu connue; chacun devait s’évertuer à les deviner, à les intérpréter à sa manière. Hippocrate céda donc à l’ascendant de la philosophie d’alors. Selon ‘lui, la femelle a sa semence comme le mâle : la source de cette semence n’embarrasse point Hippocrate ; il la fait provenir, dans les deux sexes, des veines et
CHAP. XXIV. SYSTÈME D'H:PPOCRATE. 105 des nerfs distribués dans tout le corps, et voici quelles voies il lui assigne : répandue dans toutes les parties, elle se concentre principalement vers le cerveau et la moelle de l’épine ; des lombes elle passe par les reins, des reins par les testicules des deux sexes, et enfin dé les autres parties génitales. Ensuite, lorsqu'une fois les deux semences se sent mêlées ensemble dans le coit le froid , le chaud et les esprits vitaux interviennent, les parties similaires s'unissent et s'organisent, et le fætus se forme et s’anime. Comme Hippocrate ne doute nullement de ce mélange des semences; il ajoute que le fœtus ressemble où plutôt au père où plutôt à la mère selon que la semence de l’un des deux est en plus grande quantité. Mais comment se forment les sexes? Hippocrate l'explique également : chaque semence, celle du père et celle de la mère, est formée de deux parties, l’une forte , l’autre faible: si c'est la partie faible des deux semences qui s’unit, alors il se produit une femelle ; au contraire, c’est un mâle si les parties fortes des deux sexes se mêlent et se confondent seules. Voilà pourquoi, ajoute Hip- pocrate, certaines femmes n'ont que des garçons d'une première union, et au contraire des filles d’un nouveau mariage.
Il suffit ar spl réflexion pour détrüire. ce système : les femmes n'ont ni testicules ni véritable semence ; d'ailleurs, nous ne savons pas à quels signes on pourrait reconnaître la semence forte d’avec Ja semence faible. Il résulterait ensuite de] hypothèse d'Hippocrate que le fœtus provenant de la semence forte du mâlé et de la semence faible de la mère ou serait hermaphrodite ou ne serait d'aucun sexe,
109 LIV. 1. DE LA REPRODUCTIONDES ÊTRES VIVANS. Notre juste respect pour Hippocrate ne doit pas aller jusqu’à nous faire partager les erreurs de sa philo-
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