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CHAPITRE XXX

Conclusion de ce Livre.

Nous l'avons vu, aucun être vivant n’est produit spontanément : il est vrai que la reprodüction de ces êtres n’est pas toujours le résultat du concours des sexes, mais elle suppôse constamment une souchemère, une parenté, une espèce d'œuf pour origine ou comme berceau. Nous avons exposé combien les phénomènes de la génération diffèrent pour lés êtres ayant des séxes; mais au milieu de cette diversité d'actes, nous avons vu du moins qu'il existe dans tous un principe commun qui est l'œuf, ét dans tous un concours nécessaire des deux sexes : c’est constamment de Ja ‘femelle que nous avons vu provenir cet œuf, mais nous savons qu'il n'est jamais fécond sans l'intervention de la semence du mâle ; de sorte que nous: n’avons pu partager l'opinion des auteurs qui ont supposé que le fœtus provenait exclusivement de l’un des sexes. Nous aurions eu plus de propension à adopter d'autres opinions qui admettent, pour la procréation d’un nouvel être, l’égal concours des deux individus de sexes différens ; mais comme, malgré Ja réalité de ce concours, tout ce que nous avons dit jusqu’à présent nous en montre le mode sans endndiquer l’essence , nous avons dû n’envisager ces théories qu’uniquement à cause de leur vraisemblance et de leur probabilité. Hippocrate , l'inter-

256 FEiv. H. DE LA REPRODUCTION DES ÊTRES WIVANS. prète des opinions des anciens , pense que le nouvel être résulte de l'union des semences ; et nous rejetons cette hypothèse par la raison que les femelles n’ont point de semence. Aristote PrÉtred que la femelle fournit la matière , la trame inanimée du nouvel être ; il ajoute que la liqueur prolifique du mâle communique la vie et la forme à ce principe inerte ou matériel; mais nous rejetons encore ce système d’un grand homme, parce qu'il est clair que cette matière préexistante dans la femelle , et cette forme ajoutée par le mâle, sont choses purement hypothétiques. Nous rejetons pareillement le système de la contagion séminale d'Harvey ; nous le rejetons par des motifs encore plus puissans, mais surtoul parce que nous connaissons l’origine de l'œuf des mammifères , origine ignorée d'Harvey , et parce que la semence dont cet homme célèbre niait l’accès dans la matrice, a été trouvée dans. cet organe par plusieurs anatomistes postérieurs à Harvey. Enfin, Buffon expliqua cette production d'un être nouveau par l'attraction mutuelle de ce qu'il nomme les molécules organiques des semences des deux sexes ; mais, outre que les femelles n'ont point de semence, nous avons démontré combien de raisons rendent cette belle hypothèse invraisemblable.

Après avoir ainsi rejeté avec justice ces différens systèmes d'hommes admirés pour la puissance ‘de leur génie, nous aurions pu commettre une faute impardonnable et la plus grave des inconséquences , e’eût élé de substituer nous-même un nouveau système à toutes ces théories que nous avions combattues et délaissées. Mais cette faute si grave, nous ne l'avons

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