CHAP. III. EMBRYON DE L'HOMME ,. ETC
ment jusqu'à l’atrophie. Elles sont aussi volumineuses que les reins vers le troisième et le quatrième mois de la gestation.
Les Reins ont d'abord une forme irrégulière ; de nombreux lobes très-distincts les composent, et le nombre de ces lobes diminue graduellement, à mesure que le fœtus avance en âge : alors la surface des reins devient plus unie, leur substance plus serrée, plus compacte. C’est toujours en vértu de cette attraction dont nous avons cité tant d’autres effets, que s'opère ce rapprochement de parties ori= ginairement distinctes; mais ce n'est qu’à environ six mois queleslobes réunis des reins se recouvrent d'une substance rougeître dite corticale. Nous devons ajouter que les lobes des reins ne :sont pas tellement réunis à l’époque de la naissance, qu'on n’en puisse encore distinguer de quinze à seize dans chacun de ces organes. La Vessie se confond encore avec l’ouraque vers Ja quatrième semaine ; sa forme est alors fort allongée. L’'Ouraque lui-même est très-visibledans le cordon, et on le voit se prolonger assez loin dans sonintérieur; il communique etse confond même avec l’allantoïide dans les mammifères ; mais comme cette dernière poche n'existe pas dans l’homme , on-ne sait ni quelle est sa terminaison, ni quels sont ses usages. Ce conduit est si’ étroit à l’époque de la naissance , que quelques personnes ont prétendu qu'il était alors toujours oblitéré ; mais le contraire a été prouvé par des expériences exactes. J’ajoute que son canal est d'autant plus manifeste que le fœtus est plus jeune : la présence de l’ouraque chez l'homme est le seul motif qu’on puisse alléguer à l'appui de la sup-
200 LIV. IH. DE L'ACCROISSEMENT DES CORPS VIVANS. position qu'il y aoriginairement une allantoide dans l'œuf humain.
ORGANES GÉNITAUx. Rien d’appréciable à ce sujet dans le premier âge de l'embryon, en dedans ni en dehors: Les organes internes se forment les premiers ; les autres commencent par une petite proéwminence divisée, fendue vers son milieu : c'est là l’origine de la vulve ou du scrotum , et lun des obstacles à la distinction des sexes dansles très-jeunes embryons: Le petit tubercule qui indique le commencement du clitoris ou du pénis se montre vers le même temps, environ le quarante - cinquième jour. Le sexe du jeune être ne se prononce bien que vers trois mois et demi. Chaque testicule est d’abord placé , au moins les cinq premiers mois de la gestation , derrière le péritoine, au-dessous du rein et au-devant du psoas. C'est vers la fin du septième mois que les testicules descendent dans les bourses, et voici de quelle manière : le testicule, encôre placé dans l’abdomen, tient en arrière et en bas, à la partie supérieure d’une sorte de ligament à moitié composé de fibres musculeuses contractiles el de fibres celluleuses élastiques. Ce ligament , qui s’attache au testicule et qui de plus adhère au péritoine, a son extrémité inférieure fixée au pubis et aux attaches des muscles abdominaux : or, lorsque ce petit corps ligamenteux vient à se raccourcir, c'est-à-dire vers le septième mois, il attire du côté de son bout inférieur, et par conséquent vers les bourses, à travers l'anneau inguinal , le testicule et la portion adhérente du péritoine du voisinage; il entraîne ces parties pour ainsi dire à la remorque, et le résultat de cette
CHAP. III. EMBRYON DE L'HOMME, ETC. 2Q1 + traction exercée par le ligament conducteur des tesüicules est de placer ces organes dans les bourses et de donner au scrotum lui-même trois enveloppes nouvelles : je veux dire la portion du péritoine entraînée , d'où naît la tunique vaginale; la partie musculeuse du ligament conducteur, source du crémaster et du dartos, résultant de l'épanouissement de ce muscle crémaster ; et enfin la partie fibreuse de ce même ligament , d'où provient la tunique blanche ou albuginée des bourses, Toutefois , cette descente graduelle des testicules ne s'achève quelquefois qu'après la naissance; et l'oblitération de la tunique vaginale provenant du péritoine ne tarde pas à s 'afoctier, Cependant la chose est plus lente dans les pays froids et humides, comme la Hollande; et cela mème devient , dans de pareiïlles contrées, une cause fréquente de hernies congéniales.
Les ovaires des embryons femelles sont placés comme les testicules des mâles au-dessous des reins, et sont de même un peu isolés de la matrice; mais des ligamens composés d’un tissu élastique finissent par les rapprocher deget organe , dônt ils surpassent d’abord le volume. Le fœtus humain a le col de l’utérus très-gros à proportion du reste : il ya originaire-
-ment deux cornes à la matrice, mais ces prolongemens sont entièrement disparus à l’époque de la naissance. Les organes génitaux femelles sont d’abord placés trèshaut dans le ventre; mais la rétraction du ligament rond les attire dans le bassin, et ce ligament entraîne avec lui dans l’anneau inguinal une petite portion du péritoine , à la manière de ce que nous avons vu pour le corps ligamenteux conducteur
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des testicules. Nous devons dire que des anatomistes d’un grand mérite ont pensé que les organes génitaux internes proviennent originairement de l’allantoide, comme ils admettent ‘que l'intestin provient de la vésicule ombilicale : mais quelle importance peut-on attacher à cette opinion , lorsqu'on sait que l’allantoide elle-même ne peut être vue dans l'œuf
humain ?
| SysrÈèmMe NERVEUX. Le Cerveau et la moelle épinière sont d’abord à l’état fluide : c’est, au reste , une disposition commune à tous les organes, mais plus évi: dente pour ceux dont nous parlons. Un embryon de mam mifère, âgé de quinze jours , offre déjà des yeux manifestes, un œsophage considérable, déjà aussi le canol unique formant l’ébauche du: cœur, et cépendant on ne voit encore qu'un fluide limpide dans le crâne et la gouttière d'origine de l'épine du dos, parties alors membraneuses. À vingt-un jours, quelque chose d’organisé apparaît déjà dans le fluide, mais sans forme arrêtée ni distincte. Alors pourtant lescôtes sont déjà cartilagineuses , et les nerfs du tronc et de la tête sont déjà visibles. Voilà bien la preuve que l’hypothèse qui fait PRONERS \ fait naître ces nerfs du cerveau et dela moelle é épinière, n’aaucune base réelle. Vers trente et quelques jours, en même temps que le cordon ombilicalest bien distinct, on aperçoit trois vésicules à la tête, sans aucune trace de division médiane; il n’y a également qu’un seul cordon à:la moelle épinière : cet. état des organes du jeune mammifère correspond à-peu-près à ce qu'on voit dans le poulet de trois jours d’incubation. On conçoit, au reste, que les progrès de l'organisation doivent être