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CHAP. HI. EMBRYON DE L'HOMME, ETE

plus rapides dans les espèces d'animaux dont la gestation est moins prolongée : l'embryon du lapin est aussi avancé le huitième jour que celui de l'homme à trente jours. À cette époque les nerfs ne s'unissent pas encore avec leurs centres, je veux dire qu'ils sont encore isolés de la moelle épinière et de l’encéphale. Environ le trente-sixième jour, les vésicules cérébrales se partagent en deux, les trois en font six; les antérieures correspondent aux hémisphères du cerveau, ce sont les plus grosses ; les postérieures forment l’origine de la moelle allongée ; et les plus petites , situées entre les deux autres, représentent les commencemens des tubercules quadrijumeaux. Le cervelet ne paraît pas encore. |

Ainsi le système nerveux commence par l’état fluide : on voit se développer , dans le liquide grisâtre d'origine, de petits points opaques et solides, première origine des organes nerveux ; c’est absolument comme les points solides et calcaires pour le système osseux. Nous savons aussi que les nerfs existent avant que les centres nerveux re soient devenus solides et apparens ; c'est la preuve que les organes latéraux ne proviennent point des parties centrales , puisque celles-ci pa-

raissent les dernières : c'est une nouvelle analogie du

système nerveux avec les pièces du squelette, lesquelles restent cartilagineuses à leur partie moyenne, long-tempsaprès que les partieslatérales ontcommencé à s'ossifier. Dans leur premier état d’imperfegtion , de

mollesse et de fluidité, ces différens organes parais-

sent uniques et formés tout d’une venue, sans indice d’une séparation médiane; mais dès que la ‘solidification des tissus commence, c’est sur les bords, c’est

204% LIV. III. DE L'ACCROISSEMENT DES CORPS VIVANS. aux parties latérales qu’on ea voit les premières manifestations. On dirait une solution saline, laissant déposer ses premiers cristaux sur les parois les plus excentriques du vase qui la renferme; on dirait un fleuve, jetant son limon sur ses rives ; enfin, on dirait un continent submergé , dont la retraite graduelle des eaux ne laisse d’abord apercevoir que les confins. La Moelle épinière , après n'avoir paru formée que d’une partie simple et médiane , est donc ensuite composée de deux cordons latéraux, qui plus tard $’accolent l'un à l’autre et se réunissent. L'embryon humain de deux mois a la moelle de l’épine ouvertefen arrière à sa partie supérieure seulement ; mais cette disposition est temporaire et de courte durée , tandis qu’elle persévère taule la vie chez les reptiles batraciens (les grenouilles , les crapauds., les salarnandres). Vers le 50° jour, la moelle épinière se termine en pointe au coccix. Il faut remarquer que tous les mammifères et l'homme lui-même ont originairement une queue coecigienne; mais ceux des animaux où cet appendice ne persiste pas, le perdent. précisément à l'époque où la moelle remonte dans son canal, ce qui commence pour l'embryon humain dans le deuxième mois de la gestation. Cette moelle, avons-nous dit , allait d’abord jusqu’au coccix, mais elle remonte peuà-peu jusqu'au niveau des premières vertèbres lombaires. Ayant cette ascension de la moelle épinière dans son canal, les nerfs formant faisceau naissent des côtés dela moelle; mais alors ils la terminentet la dépassent. Ce que nous disons ici est vrai des chauvesouris, des reptiles et des singes sans queue, tout aussi bien que pour l’homme : au contraire , les ani-

GHAP. III. EMBRYON DE L'HOMME, ETC. 205 maux dont la queue persiste toute la vie, n'éprouvent . pascette ascension de lamoellede l’épine et n’ontpoint ce faisceau nefveux terminal qu'on appelle queue de cheval. Les nerfs de la moelle épinière ne lui sont par* tout adhérens et continus que vers la fin du deuxième mois ; les cervicaux sont les derniers à se réunir. L'oblitération du canalmédian de la moelle ne s'opère ordinairement que dans le cours du sixième mois, et cela même résulte du rapprochement et de l’atigmentation graduelle de ses cordons latéraux. La moelle épinière des mammifères a deux renflemens comme celle des oiseaux; et ces renflemens ont également toutes sortes de rapports et de coïncidence dvec les membres supérieurs et inférieurs.

Le Cervelet n’apparaît que dans le cours du rt agé mois ; à son origine il n'est formé que de deux lames isolées, placées alors entre les tubercules quadrijumeaux et la moelle allongée : ce n’est qu’à cinq mois que les sillons et les proéminences du cervelet apparaissent pour la première fois. On a remarqué que le cervelet s'accroît peu durant le huitième mois, tandis qu'il prend beaucoup d'accroissement dans le cours du septième et du neuvième. Il se pourrait bien que ce füt là une des causés qui rendent le fœtus humain plus viable à sept mois qu’au huitième. Le cervelet est à nu à la superficie du cerveau jusqu’au sixième mois de la gestation; mais plus tard les lobes du cerveau le recouvrent. Vers le neuvième mois tout est dans les mêmes proportions que dans l'adulte : les organes cérébraux ont fait alors unesorte de bascule analogue à ce que nous avons décrit touchant les oiseaux.

Les Tubercules quadrijumeaux sont originairement

209 LIV. III: DE L'ACCROISSEMENT DES CORPS VIVANS. creux dans les mammifères ; maïs cette disposition est témporaire dans cette classe d'animaux, tandis qu'elle : est persévérante dans les autres classes de vertébrés, dans les oiseaux, les reptiles et les poissons : cette cavité des tubercules quadrijumeaux disparaît vers le sixième mois dans le fœtus humain. Ces mêmes tubercules étaient d'abord bijumeaux et situés superfciellement, vers le quatrième et le cinquième mois de la gestation; mais à partir du sixième mois ils s’unissent en:un seul corps, s'emplissent , se solidifient, deviennent quadruples par les sillons de leur surface, et le cervelet finit vers cette époque par les recouvrir. C’est encore fpeu-près ce que nous avons vu dans les oiseaux, mais à un âge diflérent. | Les ventricules du cerveau sont d’abord proportionnellement plus larges qu’ils ne le sont dans l’âge adulte : cette dispositiou vient de ce que la substance cérébrale, plus accrue, empiète de plus en plus sur la cavité creusée dans les hémisphères. Cela mème au- - rait dû détromper jadis de la théorie hypothétique des esprits vitaux. Le développement des scissures et des lobes du cerveau est toujours proportionnel à Ja masse du noyau central. Les circonvolutions de l’encéphale ne sont manifestes à l'extérieur que vers le cinquième mois de ia gestation du fœtus humain ; mais elles apparaissent à l’intérieur dès le troisième mois. Quant au corps calleux, il n’est jamais réuni . dans l’homme avant le troisième mois; et lorsqu'ilne s'unit pas, c’est alors comme dans les oiseaux. [Pfaut se rappeler que les diverses phases d'accroissement de l'embryon deviennent quelquefois l'état permanent de certains fœtus monstrueux ; et comme cha-

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