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CHAP. XI. MÉTAMORPHOSES DES INSECTES. TT

quent le rôle du mâle est fini à l’époque de la ponte, mais ce ne sont pas des insectes parfaits qui naissent immédiatement de ces œufs; l’achèvement de ces animaux n'a lieu qu'après plusieurs transformations successives (1). Ils passent d’abord presque tous par l'état de Larves, puis par l’état de Nymphes; et finalement, des Insectes achevés naissent de ces dernières; en tout, quatre états, quatre espèces de métamorphoses.

Nous avons dit que l'œuf éclot quelquefois dans. le corps de la mère; il n’y a dès-lors, sur quatre, que trois transformations apparentes, la première s'étant faite, loin des yeux, dans le corps même de la femelle. Il est même des insectes qui produisent immédiatement des petits parfaits, au moins dans certaines saisons, et sous l'influence d’une température élevée : nous avons vu que les Pucerons en particulier sont dans ce cas. Les Hippobosques ne subissent ostensiblement qu'une métamorphose; ils n’apparaissent à l’extérieur que sous la forme de nymphe: les autres métamorphoses ont eu lieu au dedans de la femelle. C’est à l’état de Larve, sa première forme , que l’insecte prend presque entièrement tout son volume , tout son accroissement : voilà même la raison pourquoi cette larve éprouve plusieurs mues successives, la même enveloppe ne pouvant long-temps suffire à un corps progressivement accru. L'insecte ne grandit plus aussitôt qu'il est insecte parfait, et sorti de ses dernières langes.

(a) Consullez Rédi, Swammerdam , Malpighi, Goddaërt, Leeuwenhoek , Vallisneri , Réaumur , Fabricius, Latreille, ete,

‘378 Liv. III. DE L'ACCROISSEMENT DES CORPS FIVANS.

La Nymphe est un état intermédiaire à la larve et. à l'insecte parfait; comme la larve est un degré entre l'œuf et la nymphe. Dans cet état, l’insecte est déjà volumineux et ses différens organes déjà distincts : c'est déjà l’insecte parfait, mais dont les différentes parties, quoique discernables, sont encore emmaillotées et ne grandissent presque plus. La nymphe diffère de la larve principalement par le volume plus accru des organes, et par les rudimens déjà très-apparens des ailes. Beaucoup d'insectes, surtout parmi les Diptères, n’ont que des métamorphoses imparfaites; je veux dire qu’ils ressemblent infiniment , dans leurs divers élats, à ce qu'est la larve primitive et véritable, à l'exception que le volume du corps est plus grand et que les ailes sont déjà ébauchées. Au reste, l'extérieur est le même, les organes sonty non aussi manifestes ni aussi accrus , mais aussi nombreux; et les mœurs comme la nourriture sont pareilles. La plupart des insectes sans ailes, ou Aptères, n’ont qu'une métamorphose, ou bien leurs métamorphoses sont presqu'insensibles; plusieurs même n’en ont d'aucune espèce.

Nous ne rappellerons pas ici ce que nous avons dit ailleurs des métamorphoses de queiques Reptiles, et nous ne ferons que faiblement mention des transformations faussement attribuées à d’autres espèces. Une chose étonnante, c’est que long-temps même avant de connaître les métamorphoses véritables des insectes, on croyait à d’autres transformations purement fabuleuses. On prenait encore les larves et les nymphes des mêmes insectes pour des animaux d'espèces particulières, dans un temps où l'on croyait que les Anguilles provenaient des Écrevisses, que les Anatifs

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