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CHAPITRE XIII

Remarques sur l'Accroissement des Plantes Monocotylédones ou Endogènes.

Les plantes qui naissent avec un seul cotylédon se ressemblent, en outre, par d’autres caractères (i), mais surtout par leur mode d’accroissement. D'abord elles sont Endogènes, c'est-à-dire que ce sont leurs parties excentriques qui sont les premières formées, et que c'est à leur centre qu'elles produisent des couches nouvelles : voilà déjà deux caractères qui les diflérencient formellement des en à deux Cotylédons où Exogènes. Outre cela, elles ne sont pas

(x) Woyez D'Aubenton, Desfontaines, Mirbel , Decandolle, Richard, Du Petit-Thouars, Dulrochet, Lestiboudois, etc.

CHAL. XIII. REMARQUES SUR LES MONOCOTYLEDONES. 413 formées de deux parties distinctes comme ces dernières ; elles n’ont pas comme elles un bois nettement ‘séparé d’une écorce, elles ne sont pas formées de deux parties s’accroissant en sens contraire ; et si elles ressemblent à l’une de ces deux parties composant le tronc des dicotylédones, c’est uniquement à l'écorce, puisqu'elles s’accroissent en dedans comme celle-ci. Elles n’offrent donc qu’une seule masse uniforme et sensiblement homogène ; et de plus, elles n'ont ni de moelle centrale, ni de rayons médullaires.

Si l’on coupe la tige d’un palmier , par exemple, « on voit qu’elle n’est composée que de fibres éparses, entremèêlées d'un tissu cellulaire qui les unit les unes aux autres. On remarque aussi que les fibres de la circonférence sont serrées les unes contre les autres, d'une consistance très-ferme, et évidemment plus âgées que les fibres intérieures. Ces dernières, au contraire , sont écartées , sont molles, d’une nature plus herbacée , et entourées d’un tissu cellulaire lâche et féculent. Chaque fibre est un faisceau mélangé de trachées et de vaisseaux divers, entremèêlés en outre ‘d’un tissu cellalaire allongé , et entourés d'un tissu cellulaire à mailles arrondies. La différence de consistance entre le centre et la cireonférence du tronc est toujours sensible , et quelquefois très-remarquable. IE est des palmiers dont la partie extérieure est tellement dure , que la hache ne peut l’entamer; tandis que Île centre est un tissu lâche et spongieux, qui s’altère par l'humidité. La circonférence des palmiers, quant à la consistance et à l’âge, représente donc le bois de nos arbres ; tandis que le centre est comme une sorte d’aubier. Toutefois il faut remarquer que ces deux

organes sont placés dans un sens inverse de ce que nous avons l'habitude de voir dans les exogènes. C'est de cet aubier central que naissent les feuilles et les fleurs ; c’est en un mot, c’est toujours par le centre que s'effectue le développement de toutes les parties des palmiers. Les jeunes feuilles des pousses annuelles des Dicotylédônes ou Exogènes naissent, il est vrai, semblablement en dedans des feuilles plus anciennes, ou à l’intérieur des bourgeons; mais si, sous ce rapport, il yaressemblance entre les deux grandes classes de végétaux , elles n’en différent pas moins en cela, que tout le reste du développement du tronc se fait par l'addition de nouvelles couches ligncuses et en debors des premières ; tandis que, dans les Endogènes ou Monocutylédones, l'accroissement s'opère par l’interposition de nouvelles fibres, et seulement vers le centre du tronc, »

On a comparé l'évolution ou développement des Palwiers au déploiement successif des cylindres emboîtés d’une lunette d'approche. Dès son origine ; en effet, le palmier pousse une première rangée de feuilles qui lui forment comme un couronnement. Chaque année suivante, on voit naître à l'extrémité de la tige une nouvelle rangée ou touffe de feuilles, et ces feuilles elles-mêmes sont la terminaison et comme l'épanouissement d’une aouvelle couche qui s’est formée à l’intérieur de l’arbre , en dedans de la couche de l’année précédente. Il résulte de là que le palmier se compose de couches concentriques les unes aux autres, mais non distinctes entr'elles ; et ees couches se forment et se succèdent à l'inverse des souches ligneuses des plantes dicotylédones ou Exo-

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