‹ Principes de physiologie comparéeChapitre 97 sur 141 · HAP. XIIL. REMARQUES SUR LES MONOCOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

HAP. XIIL. REMARQUES SUR LES MONOCOTYLÉDONES

gènes : les couches les plus internes sont les dernières formées. Et comme les couches les plus extérieures, de-toutes iés premières formées, sont trop dures, lors du développement des couches subséquentes, trop solides , pour céder à la pression que ces dernières exercent sur elles, à cause de cela les plantes monocotylédones ou Endogènes ne font de progrès qu'en hauteur ét nullement en épaisseur : bien plus , le développement des couches à l'intérieur produisant toujours chaque année des expausions semblables à l'extrémité de la vieille tige, il en résulte que les tiges des plantes monocotylédones sont sensiblement de la mème grosseur dans toute leur étendue, sensiblement cylindriques. Car nous avons dit que les couches extérieures ne peuvenk; s'agrandir ni se dilater.

Pour juger de l’âge des Palmiers ou des autres monocolylédones vivaces, il suflirait de savoir le nombre des couches ajoutées intérieurement ct chaque année l’une à l’autre; mais puisque ces couches ne sont pas distinctes, nullement séparées , il faut recourir à un autre moyen. Or, nous trouvons une base plus sûre pour un semblable calcul , dans ces anneaux de feuilles qui couronnent annuellement ce genre de plantes. Si les feuilles tombent, il reste au moins des cicatrices indiquant leur présence et résultant de ieur chute ou destruction. La difficulté est que dans la suite des temps ces cicatrices même: finissent par s'effacer, et alors plus de moyens précis pour s'assurer de l’âge de ces végétaux : il ne reste tout au plus que l'appréciation de Ja longueur totale de la tige, composée de fractions à-peu-près égales pour chaque année , et par la com-

16 £IV. ITR DE L'ACCROISSEMENT DES CORPS VIVANS, paraison de la longueur totale avec la mesure d’une année , on peut juger quel nombre d’années il a fallu pour le développement du tout ensemble.

Ilrésulte de cemode de développement des plantes monocotylédones. plusieurs particularités notables. Par exemple, comme ces végétaux ne croissent sensiblement qu'en hauteur, on conçoit qu'ilsuffit qu’une seule pousse annuelle soit entravée, ralentie par n'importe quelle cause, pour déterminer un étranglement manifeste dans la tige: on a vu des plantes de la famille dont nous parlons, présenter des étranglemens sensibles par le simple effet d’une longue traversée sur mer par un temps inopportun. La même cause ne peut produire d'effets semblables sur la tige des exogènes ou dicotylédones; car comme elles croissent par couches concentriques superposées les unes sur les autres, il est clair que la maigreur, que : l'amoindrissement de l'une d'elles doit porter sur tous les points de la tige également, puisque cette nouvelle couche dépérie enveloppe toutes les parties alors existantes du végétal. S'agit-il, au contraire, des effets de compressions exercées sur ces tiges? ces compressions , on en voit la raison, produiront alternalivement des dépressions et des bourrelets sur les plantes exogènes ou dicotylédones (puisqu'elles s’accroissent à l'extérieur) ; tandis qu’elles n'auront aucun effet, aucun résultat apparent sur des plantes endogènes, dont la croissance se fait par le centre. Une Viorne, en conséquence, produit des empreintes sur un jeune Ormeau qu'elle enserre, et ne laisse aucune trace au contraire sur la tige d’un Palmier. Ge sont là des effets différens d’une cause semblable.

CRAP. XIV. MONSTRUOSITÉS VÉGÊTALES. 415 Ce que nous venons de dire des palmiers est également vrai, à de faibles modifications près, de toutes les plantes à un seul cotylédon ou endogènes : toutes diffèrent des exogènes, en ce qu'elles croïissent en dedans , en ce qu’elles n’ont point d’écorce, point de moelle centrale isolée, point de couches annuelles appréciables, nul progrès pour l'épaisseur après les premières années, mais seulement un accroissement en hauteur par des pousses terminales. Autrefois, avant qu’on eût neltement différencié les végétaux endogènes des exogènes, on ne pouvait dire rien de uénéral sur les tiges et leur accroissement, sans être arrèté à tout instant par des exceptions embarrassantes ; aujourd'hui que ces généralités sont plus restreintes , elle sont du moins d’une grande exactitude. La nature est si variée dans ses productions, si diversifiée dans ses phénomènes, si féconde en causes secondaires, que pour découvrir la vérité dans ses œuvres, il faut ordinairement descendre jusqu'aux faits individuels. Les généralités ne sont souvent que de superbes mensonges.

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