CH AP. VII, DE LA VOLONTÉ
lonté ou à Faction des sens sont tous symétriques : les muscles, les nerfs, le cerveau, et jus-* qu’au squelette osseux, organes passifs comme or-* ganes actifs, tous offrent cette disposition. Il y a tout au plus un peu de prépondérance du côté droit sur le gauche; et aussi quelques autres diL férences légères, résultant des mouvemenset des exercices variés dont les diverses conditions so» ciales font contracter l’habitude, Mais nous devons dire que les organes symétriques ne sont pas tous soumis à la volonté ou dévolus, aux sen-* sations. Les poumons, les reins, la plupart des glandes sont également symétriques ; et cependant ils n’ont rien de commun avec les mouvez mens volontaires. On a voulu poser à cet égard des règles qui ne nous semblent point fondées sur une observation impartiale et rigoureuse. Tout est géminé dans le corps : les poumons, les glandes, les vaisseaux, aussi bien que les sens, aussi bien que les nerfs , les muscles et les os. La moelle epinière comme la colonne vertébrale , commencent par être doubles comme le reste ; mais cette dernière devient simple , parce qu’elle doit un appui solide à tout le corps , un pivot central a tous les mouvemens. La moelle épi»? niere aussi devient simple comme le cœur qu elle anime ; mais tous les organes sont doubles , dq moins primitivement.
De même que les organes de la volonté et des sensations sont symétriques, de même leurs actions sont intermittentes : elles sont soumises à un sommeil périodique. Chose étonnante! ce que la vie a de plus immatériel est précisément cela même qui soit le plus susceptible de fatigue : ce qu’il y a de plus puissant parmi nos organes, est ce qui a le plus besoin de repos et de sommeil.
Plien n’est plus fugace et plus changeant que la volonté : ressort puissant qui meut un monde, un atome le fait rompre ou vaciller.
Il est difficile de dire à quel instant précis commence le règne de la volonté : on sait seulement qu’il ne date pas du même temps que la vie ni même que la naissance, et qu’il cesse souvent long- temps avant la mort.
Les douleurs et les passions donnent parfois, des entraves à la volonté, mais sans la réduire à une complète inertie. Les passions ne l’aliènent jamais au point doter toute liberté à nos actions, et de rendre nos vertus sans mérite et nos vices sans remords. Nos mauvaises actions viennent , non pas de notre impuissance à les éviter , mais de notre attache pour les jouissances espérées de nos fautes. Nous faisons le mal pour recueillir le bien présent qu’il promet , sans nous inquiéter des regrets qui le suivent.
Mais tout ce qui ote a la raison ses lumières.,
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ôte à-la-fois et au même degré à Famé sa liberté : je veux parler de l’état de maladie ou de démence. Un mouvement de lièvre, une altération du cerveau, toute émotion profonde, compromettent la liberté morale. A quoi servirait d’ailleurs le pouvoir d’aller au bien , séparé d’une parfaite aptitude à l’apprécier ?
Mais la volonté semble surtout dépendre de l’intégrité des nerfs et du cerveau. On peut même, encore qu’elle soit indivisible par sa nature , FaHéner spécialement pour une partie du corps isolée. On obtient ce résultat soit en altérant le cerveau à l’endroit d’où la partie qu’on veut paraîjser tire ses nerfs, soit en recourant à l’usage local des narcotiques, soit en liant ou en coupant isolément ses nerfs etc.
L’attention de l’esprit fortifie la volonté ; la distraction l’affaiblit ou l’interrompt; la fatigue du corps l’entrave ; l’imitation l’excite et la réveille; le sommeil , l’ivresse et le narcotisme la suspendent ; l’apoplexie l’abolit. Il n’y a pas jusqu’aux alimens ou aux boissons qui n’aient de l’influence sur la volonté. ( Voj. liv. IV, cbap. VII et XVI.) Enfin, le cerveau est son organe essentiel ; les nerfs sont ses émissaires ; les muscles, ses instrumens; les os, ses leviers ; les besoins, ses principaux stimulans.