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CHAPITRE LXIV

Comment juger des forces de la Vie , et d'où provient l'Adynamie

ou fa Faiblesse.

• Chaque membre jouit de la santé du corps. +,

Les forces du corps ont la même source et les mêmes manifestations que la vie : c’est par les actes qu’on juge de la puissance. Vie signifie l’en» semble des actions d’une puissance temporaire et spontanée qui nous est inconnue dans son essence; et forces veut dire l’énergie de cette puissance, manifestée par ces actions.

Voici donc comment nous procédons dans nos études : les phénomènes, ce sont les actes évidens, la vie en est l’ensemble et l’accord; la puissance , c en est la cause ou le principe , les

CHÀP. lxiv, indices et condit. de la force. 7 81

forces en sont le degré*, et enfin les organes sont les instrumens sensibles de ces phénomènes et de cette puissance. Nous voyons les organes, nous observons les actions isolées et leur ensemble qui est la vie, nous jugeons de l’énergie ou des forces ; la seule chose qui nous soit mystérieuse est la principale, je veux dire la puissance meme i c’est là le dernier anneau de cette chaîne sacrée qui remonte invisible jusqu’aux -mains dirigeantes de Jupiter.

Nous devons toutefois nous consoler de cette ignorance \ elle est la même pour tous les hommes et pour chaque objet de leurs études : à l’anneau céleste dont je viens de parler, aboutissent finalement, de mille points divers, tous les objets du monde, toutes les connaissances humaines.

En général, on juge des forces du corps à l’énergie des mouvemens, pouvant s’exercer longtemps sans fatigue*, on en juge au volume de la voix naturellement puissante sans efforts et sans disparité dans les organes ; on en juge à la grande émission de chaleur vitale sans fièvre ni changement des fonctions (i), à l’abondance du sang* à la facilité et à la promptitude des digestions, au pouvoir de résister, sans en souffrir, au froid ,

(1) On pourrait effectivement évaluer l’énergie de la vie au moyen d’un thermomètre aussi bien que par un dynamomètre .

7^2 UY. V, DES MOI VE MENS DE i HOMME.

a 1 excessive chaleur, aux brusques intempéries de l’atmosphère, à des alimens grossiers ou insalubres; on en juge enfin à la puissance de la volonté comme aux passions qui la violentent.

Des poils abondons, noirs et crépus, une ^aste poitrine, des membres charnus, un larynx saillant, de larges épaules, un pied voûté, une peau plutôt rembrunie que blanche, des organes génitaux volumineux , sont des signes assez certains delà force corporelle. On conçoit néanmoins que le corps le plus heureusement organisé pouvant être affaibli par des causes diverses, il est prudent de n’évaluer les forces que d’après les actions, et non pas uniquement d’après les instiumens. L énergie de la vie résultant du juste concours des organes, tout ce qui en altère la texture, tout ce qui en entrave le jeu, réagit sur les forces comme sur la vie.

La faiblesse du corps peut provenir d’une altération , ou du cerveau et de la moelle épinière, ou du cœur, ou de l’estomac : elle peut dépendre d’un air impur ou de mauvais alimens , d’une longue insomnie ou d’un jeûne excessif, tout aussi bien que d’un obstacle au cours du sang ou à la respiration : enfin cette faiblesse peut naître d une peine morale , d’une hémorrhagie , ou d un flux abonoant. Il suffit même d’une inflammation en quelque endroit du corps , d’un mou-

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