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LIV. VI, HISTOIRE DU SOMMEIL

C’est de ce tressaillement des muscles que date la flexion des membres dans le sommeil , et cette flexion une fois commencée va toujours en augmentant par degré par la seule rétraction des muscles. C’est alors aussi que nous laissons échapper les corps tenus serrés dans nos mains. Voilà pourquoi Aristote avait donné le précepte à Alexandre , son élève , de tenir une boule audessus d’uh bassin quand il voudrait s’empêcher de dormir : toute autre interprétation de ce conseil serait absurde. Il serait ridicule de se coucher pour dormir avec l’intention de se réveiller à la première per te de la connaissance ; et Aristote avait trop de raison , il connaissait trop bien F homme pour ne pas regarder le sommeil comme une des trois grandes nécessités de la vie.

La respiration aussi change de caractère au moment du soubresaut général : il y avait eu une expiration , comme à l’instant de la mort: mais aussitôt une inspiration lui succède, et à partir de ce momentNla respiration devient plus lente, plus profonde et plus bruyante. Cela même est une prévoyance de la nature : car une inspiration plus grande, suivie d’une expiration plus brusque, a pour effet de remplacer , alors qu’ils sont inactifs, l’influence salutaire des muscles sur le cours du sang.

Le coeur aussi bat plus lentement , mais le

ET DES SONGES

pouls est plus fort. La chaleur d'un air mai renouvelé finit par en accroître les rnouvemens.

On dort presque toujours incliné sur un côté*, et d ordinaire c’est à droite que l’on s’incline. Les progrès d’une digestion commençante deviennent ainsi plus faciles *, cela d’ailleurs empêche l’aorte de causer des oppressions et des réveils en sursaut par ses frottemens contre la portion compressible de la bronche gauche} en outre, cette position du corps favorise les rnouvemens non interrompus du cœur } et comme un corps inactif et endormi éprouve moins de déperditions* e était assez pour une circulation ralentie de la respiration libre d’un seul poumon. La pesanteur du corps, en effet, réduit le poumon droit à une presque entière inaction : aussi les maladies chroniques du poumon gauche sont -elles ordinairement et plus graves et plus rapides dans leurs cours : c’est à gauche que l’on trouve presque toujours les tubercules les plus ramollis et les plus volumineux, les cavernes les plus vastes, etc.

Mais on se couche sur le dos , au contraire , toutes les fois que les rnouvemens du cœur ont plus de vivacité : ce n’est pas trop alors de deux poumons pour un sang plus rapide. A l’exception des maladies de poitrine ( épanchemens ou bien pneumonie) , c’est toujours un bon signe , dans les affections aiguës, de trouver les malades couches

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