CHAP. VIII, PARALLÈLE DÈS MOUVËMËNS
ont de longs intervalles d’inaction: fatigues, ils se reposent*, reposés, ils recommencent à agir. Les uns obéissent à la volonté, et ne se laissent bien diriger que par elle : les autres agissent comme deux-mêmes, et semblent n’être dépendans de rien. Les muscles volontaires n’agissent bien qu’à dater de la naissance , encore ne sontils soumis alors qu’à un instinct aveugle : les muscles involontaires agissent pour la plupart dès le commencement de l’existence, tant que dure l’existence , et même encore un peu après quelle a cesse. Tous les mouvemens involontaires ne sont jamais plus prononcés qu’au moment où la connaissance et la volonté disparaissent : les évanouissemens les blessures au cerveau et les apoplexies , sont des circonstances où le cœur bâte ses mouvemens, où les intestins et 1 estomac se contractent, etc. Les mêmes phénomènes ont lieu dans tous les grands troubles de la vie : la plupart des circonstances qui paralysent les muscles volontaires^ commencent par convulsionner les involontaires.
L opium , qui assoupit les muscles volontaires, et la noix vomique, qui les excite, sont à-peupies de nul effet sur les muscles involontaires. Ces derniers ont chacun leurs excitans et leurs caïmans spéciaux : ce qu’on nom me fièvre résulte principalement du trouble de leur action.
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Enfin, Faction des muscles volontaires a pour Eut essentiel de nous mettre en rapport avec la nature*, ils nous déplacent, ils nous transportent, et meuvent les parties de notre corps les unes sur les autres : tandis que les muscles involontaires n’agissent qu’au dedans de nous et pour la vie même. Les premiers sont occupés presque tous à mouvoir les pièces du scpielette; tandis que ceux-ci servent au cours des fluides, à leur préparation ou à leur expulsion hors du corps (i)c
Comme les muscles volontaires ne se meuvent qu’à la condition qu’ils ont des nerfs intacts et qu’ils reçoivent du sang rouge ; comme , au contraire, les muscles involontaires semblent redoubler d’action au moment ou on les prive de sang et de nerfs, on est porté à se demander si ces deux sortes de mouvements ont le même siège nerveux et s’ils ont le même principe. Or, voici ce qu’apprennent les expériences.
Lorsque le cervelet seul est endommagé , il y a toujours volonté d’agir, mais impossibilité d’exécuter des mouvemens spontanés et d’ensemble*, et cependant la respiration reste intacte
(1) Il faut encore excepter ici la vessie d’un côté , et l’iris d’un autre côté. Toujours des exceptions ! rien de parfaitement générai dans la nature , si ce n’est notre impuissance à approfondir, ses
actes.
CÏI AP. VIIÏ, PARALLÈLE DES MOUVEMENS. /[O?)
pt le cœur continue d’agir. Lorsque les lobes cérébraux seuls manquent, il y a toujours pouvoir d agir et d’agir avec harmonie ; mais alors la volonté étant absente , tout reste immobile : et cependant le cœur, les intestins et le diaphragme vont toujours. Lorsqu’enfin tous les organes nerveux du crâne se trouvent détruits jusqu’à la protubérance cérébrale ( restée intacte) , tout mouvement volontaire se trouve par là irrémissiblement perdu *, alors encore les mouvemens respiratoires persistent, et le cœur ne discontinue point de palpiter.
A la vérité, les lésions de la moelle épinière affaiblissent le cœur et embarrassent la respiration, en meme temps qu’elles paralysent les muscles volontaires. Mais ce mélange de phénomènes tient vraisemblablement à ce que le point précis d’oii émane le mouvement volontaire se trouve fort rapproché du point d’oii provient le mouvement involontaire ; et quoique ces sièges différens soient encore peu connus, tous les faits contrastans que je viens d’énumérer incomplètement, n’en démontrent pas moins l’isolement de ces sièges *, et tout nous annonce qu’on est près de les délimiter.
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