CHAPITRE X
Obscurité des Maladies, née du mutuel enchaînement et de la
solidarité des organes.
De l’unité de la vie résulte l’unilé des maladies et 1* confusion répandue sur leur histoire.
Les influences réciproques, le mutuel concours des organes est précisément ce qui rend le siège primitif des maladies si difficile à connaître : de-là vient que les altérations les plus circonscri tes dès leur principe sont bientôt communes à tous les organes. Ayant besoin d’un exemple
pour développer cette vérité, souvent niée de la multitude, mais connue des vrais médecins de tous les âges, de préférence je choisis Y estomac et les organes digestifs.
Plusieurs fois il est arrivé à des écrivains préoccupés d’une idée exclusive ou trop distraits de leurs études par les fatigues de la pratique, de regarder l’estomac comme le seul organe essentiel du corps humain , comme la première source ou la cheville ouvrière de toutes les maladies et comme le point de mire de toute la médecine. Cela, dis-je, est déjà arrivé, cela arrivera sans doute encore : j^essaie donc de combattre d’avance des erreurs futures, autant que de réfuter des systèmes passés : ce siècle- ci est trop attaché aux faits précis et trop épris de la nature pour commettre de semblables fautes.
D’abord il est vrai de dire que toutes les parties du corps humain paraissent finalement se rapporter à l’estomac : les autres organes semblent n etre que ses vassaux *, se nourrir est la première condition de l’existence. Tout donc ressortit à l’estomac , depuis les glandes salivaires qui composent un fluide nécessaire à la digestion , jus-r qu’au foie qui la parachève *, depuis les membres, qui saisissent les alimens , jusqu’aux vaisseaux lactés, qui traînent loin des intestins et de l’es» tomae le chyle qu’ils ont préparé ; depuis lçs
sens , qui découvrent les alimens , depuis le cerveau , par lequel nous les désirons , les choisissons, jusqu’aux intestins , qui en rejettent machinalement les débris •, jusqu’aux poumons, qui sanguifient le chyle , et jusqu’au cœur, qui le répartit sans inégalité entre les organes : enfin (cela est vrai), point d’organe dont l’estomac ne soit tributaire et à-la-fois secouru , nulle partie vivante dont l’action n’aboutisse à l’estomac ou n’en dérive, point de fonction dont la digestion ne soit ou le but exprès ou le moyen nécessaire.
Ce n’est donc pas sans raison qu’on attache une grande importance aux organes digestifs -, je dis même qu’on pourrait faire l’histoire de l’organisation entière en traitant de leur propre histoire. Mais remarquez que nous avons dit la même chose et avec autant de motifs des autres organes principaux et du sang : la vie, en effet, n’est.qu’un grand enchaînement.
Cependant , l'habitude de fixer les yeux constamment sur un même objet rend inattentif à tout ce qui n’est pas lui : à force de centraliser la vie entière dans un seul organe , on se trouve peu-à-peu conduit à ne voir que lui d’affecté dans les maladies les plus générales-, et si Fou quitte les erremens d’un système, c’est pour tom»
ber dans une autre secte aussi faùtive. Voilà jus~ tement ce qui est arrivé pour l’estomac.
Mais cette exclusion n’a pas pour cause unique une étude incomplète et rétrécie des phénomènes de la vie à l’état normal *, d’autres motifs d’une apparence aussi trompeuse en frayent la voie : si l’on croit les organes digestifs si souvent malades , en voici les causes les plus ordinaires :
i°. Les intestins et l’estomac sont d’une grande simplicité qui en rend l’étude facile } rien de plus aisé que leur examen : c’est toujours par eux que l’on commence l’inspection des cadavres , et comme on les y trouve souvent altérés , il est rare qu’on passe outre d’eux.
2°. Si la maladie tend vers une terminaison funeste, c’est presque toujours le ventre qui finit par être le plus affecté ; ce sont les intestins qui succombent les premiers dans la lutte ou plutôt dans le concours général des organes malades : ici les conclusions sont si glissantes , qu’il est difficile à la raison la plus ferme de ne pas s’y abandonner.
3°. On n’ouvre point les cadavres aussitôt qu’ils sont cadavres ; il est des règles , il existe de prudentes lois pour défendre d’un scalpel trop vigilant les corps où la vie quelquefois persévère long-temps sans aucune manifestation , et pour
peu que la putréfaction soit près de naître, c’est au ventre, comme on sait, que s’en montrent les premières atteintes.
4°. On trouve presque constamment les intestins ulcérés (ou déjà cicatrisés), et les glandes correspondantes du mésentère engorgées après les fièvres graves ou malignes; et une paresse naturelle meme aux meilleurs esprits invite à penser , pour abréger le problème , qu’en toute fièvre arrivent de semblables effets.
5°. Les conduits intestinaux sont d’ailleurs les parties du corps les plus exposées au contact irritant des choses du dehors : on les remplit constamment de boissons ; c’est par eux que s’introduisent les remèdes , et sur eux d’abord qu’ils agissent ; des excrémens irritans par leur contact et par leurs qualités chimiques les touchent jusqu’au dernier moment , et ils peuvent les altérer même par-delà la mort. Or, il faut remarquer que les tissus résistent moins efficacement aux agens extérieurs dès qu’une longue diète , dès que d’abondantes saignées et une maladie persévérante les ont affaiblis : la peau même , dont la texture est naturellement plus solide et plus réfractaire , subit les conséquences de cette inertie et de ce délabrement des organes malades : à plus forte raison les intestins doivent-ils s’altérer dans les maladies graves et prolongées, n’eussent-ils
S6o LIV. VII, DU SANG ET DE SES PRODUITS.
aucunement participé à leur production. Voila déjà bien des sources de méprises, nées des seules altérations matérielles des organes *, les symptomes en ont de moins nombreuses , mais les résultats en sont plus féconds, et la pente plus irrésistible et plus périlleuse.
On commence par poser en principe que V inappétence et le dégoût dénotent à coup sûr l’altération des organes digestifs ; et comme aucune fièvre ne va sans inappétence ni sans dégoût , la conséquence de ceci est grave pour les conduits digestifs-, elle les inculpe toujours.
Ce n’est pas que cet argument me semble d’une grande puissance ; mais si le démon des systèmes me possédait , et qu’entraîné à faire secte après tant de philosophes de troisième ordre, je me trouvasse court de raisons et de moyens plus nouveaux et plus solides, je crois qu’on pourrait user de ce sophisme comme de tout autre , et qu’ayant pour auxiliaire un rayon de cet enthousiasme qui ne touche rien qu’il ne l’enflamme , et cette verve intarissable qui retourne mille fois la même pensée sous autant d’aspects plutôt que de faire silence , je m’entourerais d’une foule d’adeptes dont les bruyantes clameurs et les applaudissemens sans frein réveilleraient après des siècles d’assoupissement les âmes si susceptibles d’Hérophile et de Paracelse.
Cependant il faudrait, pour sortir vainqueur d’une pareille lutte, ou que j’eusse de bien faibles adversaires avec qui jouter, ou que les spectateurs du combat ne fissent d’attention qu’aux coups partis de mon bras; car, je le répète, ma cause serait infiniment faible. Mais, dans l’impossibilité de me défendre long-temps avec honneur, j’userais de ruse et de stratagème ;»plastrôné jusqu’à la gorge, j’attaquerais sans bouclier mais sans relâche : en humiliant mes adversaires, je ferais ^mourir en leurs mains des coups prêts à fondre sur ma tête : on frappe mollement , alors qu’il se faut soi-même défendre! je leur reprocherais donc , les réclamant comme miennes , les armes dont je verrais leurs mains saisies ; et par la vivacité de mes évolutions, je saurais cacher aux yeux éblouis de la foule le chiffre emprunté de mon propre écusson — Mais je m’aperçois que si Ton se croit souvent athlète uniquement pour avoir assisté aux luttes de l’arène , insensiblement on prendrait le verbe retentissant des réformateurs en exposant leur tactique et célébrant leurs succès. Revenons donc à des termes plus mesurés et mieux assortis à nos humbles études.
Je ne l’ai pas caché , je partirais d’un sophisme pour fonder ma secte ou ma doctrine ; mais je ne négligerais le secours d’aucun moyen accessoire , propre à donner à mes opinions l’aspect impo-
sant des vérités les plus immuables et les moins contestées. J’insisterais donc avant tout sur ces innombrables altérations dont les organes digestifs sont si rarement exempts, et je ne déroulerais jamais le grand nombre de causes variées qui paraissent les produire dans les circonstances les plus disparates. J’appuierais aussi beaucoup sur les douleurs si fréquentes de l’épigastre, sans avertir que l’estomac en est presque toujours innocent. Je montrerais avec complaisance , dans les surfaces digestives, ces teintes si d^ersifiées qu’engendrent mille influences différentes, et je ne tiendrais aucun compte de la diversité aussi manifeste comme aussi cachée dans ses causes de la physionomie humaine. Après avoir ainsi préludé à mon système, après avoir^combattu les idées contraires à son établissement, comme aussi les opinions dont l’incommode analogie avec les miennes pourrait nuire à sa vogue en faisant suspecter sa nouveauté, j’entrerais en matière.
D’abord , j’aurais commencé par nier l’existence des fièvres essentielles } et je crois avec sincérité que ce serait là un heureux commencement. En effet , comment croire intacts et en bon ordre les rouages d’une machine dont le jeu paraît troublé en toutes ses parties ? je sais qu’alors l’embarras serait de préciser le siège et la première cause de tant et d’universels désordres :
mais par avance mon choix serait fait -, et j’ai dit quelles adroites raisons m’auraient fait donner la préférence à l’estomac. Car ce n’est pas tout d’ourdir indissolublement toutes les parties d’un système, il le faut rendre simple , simple comme la vérité ; il faut qu’un même lien resserre en un point les élémens divers dont il se compose, sous peine d’encourir les dédains publics et le prompt abandon de la multitude. Mais je ne m'arrêterais pas là.
En public , j’exposerais mes idées avec suite et avec assurance , et je me préserverais bien qu’aucun doute parût jamais intimider mon esprit : l’imitation naturelle à l’homme en rendrait l’exemple trop contagieux. Je ne parlerais qu’en chaire ou en la seule présence d’initiés imbus jusqu’au cœur : jamais de concessions , jamais d’éloges en faveur d’opinions étrangères à mon école ne sortiraient de ma bouche ; j’éviterais surtout avec un soin extrême qu’on pût croire à la rectitude d’esprit des hommes fiers échappés à ma domination ; je permettrais les objections ; mais des objections bienveillantes , amicales et à demi concertées la veille , comme celles que Rica et Usbeck se permettaient entre eux. J’écrirais peu, mais je laisserais écrire, et je m’en courroucerais en public après y avoir secrètement exhorte : ma réserve comme écrivain me don-
lierait le droit de tout oser , de tout fronder comme orateur. Je désavouerais avec rigueur , dans les écrits de mes plus chers disciples , celles de mes anciennes idées dont le public remarquerait la trop grande dissonnance, et je vouerais à un opprobre éternel toutes les scissions , toutes les dissidences personnelles. Enfin , après avoir fait choix d’un organe pour y centraliser tous les maux, je m’efforcerais de ramener toutes les maladies humaines à une forme unique, de ne leur donner à toutes qu’un symptôme, etdelescombattre toutes d’un seul remède.
Sans doute alors les hommes les plus malintentionnés ne pourraient me refuser du génie ; la célébrité, cette belle. chimère, serait enfin ma récompense et mon partage } mon nom , devenu populaire et incessamment ballotté par des opinions opposées , volerait avec applaudissement d’un bout du monde à l’autre, ut enfin s’irait tranquillement graver, après tant de fracas , dans l’histoire si variée des opinions humaines.
Mais dans le recueillement des nuits, dans les méditations solitaires, combien de reproches secrets , combien d’inquiétudes viendraient tourmenter mon esprit! La multitude peut ignorer les chagrins qu’on éprouve , mais ils n’en sont pas moins poignans. On s’habitue bien vite aux enivremens de la fortune et de la renommee , ce
C1IAP, X, OBSCURITÉ DES MALADIES GÉNÊR. 365
brillant fantôme , qu’on nomme gloire les ravissemens qu’il donne sont rapides commel’éclair ou comme le bonheur : mais qu’ils sont vifs et qu’ils sont durables, ces remords d’un esprit juste que poursuit en tous lieux le spectacle de ses erreurs et le présage assuré de leur prompt délaissement! Pense-t-on qu’un génie assez mâle pour ordonner des masses d’idées en systèmes manque de cette sagacité de détail qui fait découvrir des paradoxes, des contradictions, des subtilités de
raisonnement, et tous ces petits défauts dont la découverte procure de si vives jouissances à une critique vulgaire? Cet aveuglement serait sans doute un bonheur; mais la nature, qui a voulu que le bon sens n’abandonnât jamais le génie , rend ce bonheur impossible.
Souvent donc je me dirais en secret (i) : « ...j’ai » nié lc-s fièvres , envisagées comme des troubles '* C‘R fonctions et de phénomènes sans altérations » matérielles; j’ai bien fait : l’observation im-
» partialede tousles siècles, mais surtoutla droite '» raison des esprits bien faits , quels que soient ” ies Prejugés de leur temps et de leur pays, confirmeront à jamais ma doctrine en ce premier
” Pomt- Cette idée, d’autres avant moi Pavaient
(.) On voit Lien que tout cela découle de l'hypothèse où j'.-rn. rais moi-même inventé un système insoutenable.
» émise ; moi , qui ne suis pas érudit, sans trop » la connaître, e l’ai cimentée avec du génie. » Mais il m’a fallu donner un centre primitif, un » siège circonscrit et précis à tous ces troubles et à » tant de douleurs : l’obscurité d’un pareil sujet » me permettait l’arbitraire ; j’en ai abusé. Après » avoir abattu le gothique édifice , je pouvais » convenir avec candeur de mon incapacité à le » reconstruire en matériaux plus durables : j’ai » dédaigné cette sagesse, dont l’ignorance m’eût » fait un crime , et j’ai élevé mon temple d’un » jour sur les décombres délabrés et vermoulus » de la vieille synagogue.
» Mais , je le répète, j’ai abusé de l’obscurité » du sujet*, j’ai abusé du prodigieux ascendant » de mon enthousiasme sur la foule des esprits » faibles et crédules; j’ai abusé de ma supériorité )) sur des rivaux qui ne m’honorèrent d’un re- » gard qu’après que je les eus terralsés. Ils croient » que j’ignore mes erreurs ! je les vois mieux que » personne au monde, et la conscience que j’en » ai m’ôte le calme et la sérénité. Encore que j’aie » causé la mort à des milliers d’hommes par d’i- » neptes ambassadeurs , je connais la hiérarchie » d’un tout dont les rivaux qui m’entourent et )) qui me détestent connaissent à peine les parties » détachées, et je le prouve en faisant moi-même » la critique de ma doctrine.
iCHAP. X, OBSCURITÉ. DES MALADIES GÉNÉR. 867
» J’ai eu tort de centraliser toutes les maladies « à l’estomac \ mais il fallait bien que je les cen- » tralisasse quelque part. Je sais toutes les ofa- » jections qu’on peut faire à ce sujet : je me les » suis faites à moi-même avant que personne ne » les eût aperçues.
» Puisque tous les organes , aussi bien que l’es- » tomac (i), déterminent une espèce de fièvre » lorsqu’ils sont enflammés ^ et surtout puisque » ces fièvres , jointes à des inflammations locales , » sont presque sans aucune analogie avec ces autres » fièvres crues essentielles, il est clair, il m’est » démontré que je n’ai pas le droit d’attribuer » à l’estomac des fièvres dont le siège et la cause » première sont également cachés , et cachés à » tous les yeux. Il est vrai que, pour preuves de » l'affection de l’estomac, j’ai l’aspect changé de » la langue avec 1 inappétence et le dégoût \ mais » puisque les mêmes choses se remarquent dans » les fièvres dont d autres organes sont évidem- » ment la source , il est manifeste que cela est in** » suffisant pour inculper l’estomac.
» Chacun des organes, la chose est incontes- > table , exprime ses souffrances à sa manière et » selon le genre de fonction qui lui est' dévolue.
1) Il faut cependant excepter Je cerveau pour le* raisons que nous avons dites. Voy. liv. Il , chap. xv.
«€f)8 uv. VII, Dü SANG ET DE SES PRODUITS*.
» Or, l’universalité des organes étant altérés dans » toute fièvre essentielle , et toutes les fonctions )) se trouvant troublées dans chacune, je vois » bien par-là qu’aucun privilège ne peut exister pour un seul au préjudice de tous les autres. » Le pouls se trouble et s’agite, souvent même » avant que l’estomac ne soit affecté } on pour- » rait donc placer le siège d’une fièvre obscure » au cœur aussi bien et plutôt même qu’à les- » tornac. La respiration devient fréquente au- » tant et aussitôt que le pouls ; nouveau droit de » placer aux poumons le siège ignoré d’une fièvre » inconnue clans ses causes. La soif et la séche- » resse cle la bouche attestent que les glandes sa- » livaires ont cessé de filtrer de la salive, pour- » quoi les croire étrangères à la fièvre? J’en » pourrais dire autant des muscles , des organes » des sens , des nerfs et du cerveau. Et la moelle » épinière? elle à cpii le cœur doit le principe » de ses mouvemens , elle dont l’influence sur » les organes digestifs est si marquée, elle dont )) nous connaissons si peu les altérations, pensea t-on que seule elle reste neutre et silencieuse » au milieu d’un trouble aussi général ? Je dis » même chose du sang : jamais il ne reste pur et a normal en des organes agités, modifiés ou al- » térés, et si les premiers changemens viennent » de lui , aucun organe ne peut rester le même
» ni résister un moment à son indispensable m- » fluence.
» Ainsi tous les organes sont solidaires entre ” eux 5 et leur alliance universelle a pour but , a » pour résultat manifeste la parfaite harmonie }) c^es fonctions dans l’état de paix et de santé; » elle a de meme pour effet de régulariser une » révolution générale dès que l’une de ces fonc- » tions éprouve quelque obstacle à s’exercer; mais » cette mutualité d’action a des résultats ana- » logues 5 quel que soit le point du corps vivant » primitivement blessé ou malade : que l’organe » le premier offensé soit le poumon ou Pestomac, » le 1 ejaillissement qui en provient sera le même » sur le reste des organes , les produits généraux )) seront identiques tout»trouble quelconque j) flue cœur , que le sang et les nerfs partagent. » à l’instant devient universel. C’est là qu’est le » principe des fièvres et de toute maladie géné- » raie.
)) Ne connaissant ni le point précis d’où )) tant de troubles ont surgi, ni l’organe le pre- )> mier frappé, ni la partie principalement af- » fectée et la plus malade , comment donc aut) rais-je pu créer une science entière avec des » données aussi obscures ? Par des hypothèses ?
> helas, cest ce que j’ai fait ! mais que cette.
» base est fragile, et comme le temps la dé«*
» truit!»
» Cependant , je l’ai dit , j’avais besoin d’un » système ; sans cela , mon esprit , fait pour la » domination , ne pouvait s’accommoder de la » médiocrité d’un art déchu de son ancienne » splendeur. Il fallait que ce système eût de la y) simplicité, il fallait qu’il fût complet en toutes » ses parties : qu’ai-je fait alors ? là ou les vérités )) faisaient faute ou me contredisaient , il a fallu » y pourvoir par des erreurs ou des suppositions. » C’est alors que j’ai tout remis en question , » tout bouleversé par ma centralisation et ma » violence. De là tant de vives clameurs vouées » à l’oubli , de là tant de milliers de détesta- » blés écrits que vont dévorer le temps et la )j poussière. »
» Voilà tous mes motifs *, voilà le secret de mes » fautes , la cause de mes errenrs et de ma rç*? » nommée. »