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CHAPITRE XV

Sources de la chaleur vitade.

Quelle est dans les êtres animés la cause principale de la chaleur, quelle en est la source essentielle chez l’homme? on répond que c’est la respiration. Le calorique vital résulte de l’union des gaz que le poumon combine , comme le calorique ordinaire résulte dans nos foyers des mêmes combinaisons s’opérant dans la combustion des corps. Plusieurs et de célèbres physiciens, principalement MM. Lavoisier et Laplace, avaient jadis traité ce sujet avec un soin extrême :

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il résultait des expériences de ces hommes illustres que le foyer de toute chaleur animale est dans la respiration mais tout récemment MM. Dulong et Despretz ont repris ces mêmes expériences avec les perlectionnemens nés d’une science plus mûre, et les résultats qu’ils en ont obtenus sont différens des résultats publiés par Lavoisier , mais semblables entre eux. J’emprunterai les données qui vont suivre du seul travail déjà publié de M. Despretz , ouvrage remarquable qui a mérité les palmes de l’Institut.

M. Despretz a comparé avec toute l’exactitude possible ce qui se passe dans la respiration et ce qui a lieu dans la combustion - quantités des gaz employés, oxygène soustrait, eau et gaz acide carbonique produits, chaleur développée ^ tout a été parallèlement mesuré avec un soin infini à Faide d’instrumens d’une précision incroyable.

Je ne doute nullement que M. Despretz n’ait tenu en même temps un compte exact de la sousti action de calorique operee par ce même air qui en est laiiment. Car, il le faut remarquer, si 1 air produit de la chaleur par ses combinaisons comme corps chimique , il en soustrait aussi des quantités notables dans ses contacts perpétuels avec un sang plus chaud que lui d’une vingtaine de degrés.

M. Despretz s étant assuré qu’il y a plus d’oxy-

gène absorbé dans la respiration qu’il n’en faut pour fournir à la formation du gaz acide carbonique dégagé durant le même temps, il a eu de puissans motifs pour penser que l’autre portion de l’oxygène était employée à former les vapeurs aqueuses dégagées du poumon avec l’air expiré. Il a donc réuni par le calcul la chaleur due à ces combinaisons différentes de l’oxygène avec l’hydrogène et avec le carbone , et il est arrivé à ce résultat remarquable , que ces deuæ combinaisons differentes de l’oæygene absorbé ne donnent lieu quà une partie cle la chaleur vitale. Or, cette quantité de chaleur due aux combinaisons chimiques varie selon l’espèce d’animal : elle en forme les quatre cinquièmes pour les animaux herbivores , et les trois quarts pour les animaux carnivores. Mais d’oii provient le surplus de cette chaleur toujours la même jusqu’à la mort ? probablement des mêmes sources que la vie, c’est-à-dire des actions mutuellement enchaînées des organes.

Je donnerai, dans l’un des chapitres suivans, et sous la forme de tableaux, comme il les a luimême publiés, les résultats obtenus par M. Despretz.

Je dois dire cependant que ces faits, tout importons qu’ils nous paraissent, n’ont pas pour nous toute l’utilité que nous voudrions pouvoir

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y puiser au profit de îa science de l’homme. Sans doute chacune de ces expériences prouve tout ce qu’il est possible de prouver pour ranimai même qui en a êtê le sujet *, elle prouve également pour l’espèce entière de cet animal : mais l’homme , c’est tout autre chose. Ce n’est que par des expériences tentées sur son propre corps que son histoire physiologique pourrait s agrandir sans danger pour la vérité. Je sais bien qu’il y a beaucoup d’analogies physiques entre l’homme et plusieurs des animaux sur qui a expérimenté M. Despretz; mais la proportion des organes n’est plus la même : l’homme a un cerveau plus volumineux , sa sensibilité est plus vive, son cœur plus facile à émouvoir : d’ailleurs son imagination , d’ail-» leurs son intelligence et ses passions^ puis les réactions dont elles sont la cause, tout cela ne se trouve plus sous le même aspect ni avec la même puissance dans les animaux.

Encore, si toute la chaleur vitale dépendait des combinaisons chimiques dont la respiration est le foyer, il serait possible de conclure des animaux à l’homme ; car la chimie est partout îa même, pourrai t-on dire. Mais dès qu’il est constaté qu’une portion de cette chaleur échappant aux calculs dépend de la vie, il est clair que chaque résultat n’est probant que pour l’animal même qui l’a fourni. On ne peut donc plus se

dispenser de compter comme ëlémens de la chaleur vitale les diverses combinaisons d’organes, leur enchaînement et leurs réactions mutuellement subordonnées : et s'il est de'fendu aux physiologistes et aux médecins d’arriver à rien de précis à ce sujet sans le secours de la physique , je dehe semblablement un physicien de résoudre ce problème difficile s’il n’a pour auxiliaire un physiologiste.

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