H AP. XVIII, VARIAT. DE LA CHALEUR VITALE
jamais leur obéir) aux lois d équilibré que suit en tous lieux le calorique : ces parties sont, à cause de cela, toujours plus froides. Il est une partie extérieure du corps dont la température est fort égale et peu différente de ce quelle est dans les parties internes ; la région dont je veux parler est Faisselle.
in. L âge fait peu varier la chaleur dans les organes intérieurs de l’homme : elle y est ordinairement de 3i à 32° (R.) : elle est un peu plus élevée chez Fhomme que chez la femme. On dit aussi que le sang artériel est toujours plus chaud que le premier d’environ un degré; mais ce fait est-il bien certain ? Je crains qu’il n’ait été émis d apres des hypothèses bien plutôt que sur le témoignage précis du thermomètre. M. Despretz ne paraît pas s’en être assuré.
iv. Quand je dis que la température du corps est la même à tous les âges, je n’entends parler que de l’homme accru : la chaleur vitale est en effet plus basse dans la jeunesse : non qu’il s’en développe moins alors , mais parce qu’elle se dissipe plus aisément; le corps humain résiste moins dans la jeunesse aux soustractions que lui font éprouver les corps plus froids que lui qui Fapprochent .
Mais 1 abaissement de la température n’est nulle part plus marqué que chez Fenfant qui
vient de naître, surtout s’il n’est pas à terme : le thermomètre ne monte guère chez l’enfant nouveau-nè au-delà du 29e ou 3oe degré (R.)*, cpielquefois même il ne marque que 28 degrés. M . Edwards a fait à ce sujet des observations curieuses. Cette faible température du jeune enfant peut venir, i°. de ce que trop peu vivant pour retenir à lui la chaleur qui l’imprègne, il la cède aux corps environnans *, 20. de ce que sa respiration est encore trop imparfaite pour développer toute la portion de chaleur qu’elle doit produire. Ce fait même semble confirmer les théories chimiques.
v. Quant au fœtus, on assure qu’il est moins chaud que sa mère , et qu’il se conduit alors moins comme un nouvel organe ajouté à ceux de la femme qui le nourrit de son propre sang, que comme un être déjà indépendant que la privation cl air rend plus froid que l’utérus qui le renferme. Si le fait est vrai , le fœtus se trouverait ainsi dans des rapports inverses de ceux ou il est aussi tôtji près la naissance ; car la peau se trouvant en contact avec les organes plus chauds de la mère , il en résulterait qu’à l’inverse de l’enfant qui respire, les parties extérieures de son corps seraient les plus chaudes, et qu’il n’aurait aucun moyen pour se refroidir : la température de son corps devrait donc uniquement se main-
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tenir toujours ia meme sans pouvoir jamais se renouveler; et les eaux de l’amnios, au milieu desquelles il existe, lui formeraient comme une atmosphère d’isolement.... Mais, je le répète, ce fait n’est pas assez prouvé : j’appelle sur cela l’attention des accoucheurs éclairés.
vi. Les vieillards, avons- nous dit, ont les parties intérieures à-peu-près aussi chaudes que les jeunes gens : M. Despretz l’a prouvé. Mais cette chaleur est plus fixe et plus permanente ; la source n’en est pas aussi abondante ni la diffusion aussi grande : ils gardent pour eux leur chaleur, et en dégagent infiniment moins que les hommes jeunes. D’ailleurs ils n’ont plus autant que dans la jeunesse l’usage des choses qui développent beaucoup de chaleur : les excitansles tourmentent, leur faiblesse les rend paresseux aux grands mouvemens , leurs poumons aussi peu-à-peu s embarrassent, et toutes ces influences tarissent insensiblement les sources de la chaleur. 11 suit de là que pour peu que les corps environnansleur soutirent de calorique (et toutes les facultés affaiblies de l’existence leur permettent peu d’y résister), le froid bientôt les incommode. Voilà d oit vient que les vieillards sont ordinairement si frileux , et pourquoi plusieurs d’entre eux ont tiré de bons effets du voisinage et de la cohabitation avec des êtres plus jeunes et plus chauds qu’eux. On sait
9 I 4 L,v- VU 5 DU SANG ET DE SES PRODUITS,
comment le roi David et le philosophe Tycho- Brahé se réchauffaient sur leurs vieux jours. De grands médecins, qu’une immense renommée mettait au-dessus de petits préjugés vulgaires , n’ont pas toujours dédaigné l’emploi de moyens semblables : l’illustre Boërhaave surtout se loue beaucoup de leurs bons effets*, il en avait usé pour un bourgmestre de Saardam *, il avait fait coucher ce vieillard languissantavecde jeunes fillesdulieu, et il en était résulté plus de forces et plus de chaleur, bien mieux que par toutes ces choses toniques dont l’usage est toujours si voisin de l’abus.
vu. Comme la température «variable de l’air tend à refroidir les parties excentriques du corps, on a mis plusieurs moyens en usage pour obvier à son trop prompt dégagement. Les vêtemens mauvais conducteurs du calorique , les grands exercices , le feu artificiel , les boissons excitantes, les ali mens suceulens , surtout s’ils sont composés de substances animales , toutes ces choses le mettent en état de lutter contre les froids les plus excessifs de l’hiver et des pays du Nord.
vin. Le café est une des choses qui développent le plus de chaleur vitale*, ceci est certain. Il en est de même de tout ce qui excite l’imagination : le travail de la composition , l’enthousiasme, ont des effets semblables. Mais voici ce qui arrive dans ces conjonctures : en même temps
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que les parties supérieures, et surtout la tète, deviennent plus chaudes, les parties inférieures , les extrémités peu - à - peu se refroidissent. Il semble qu’il y ait alors concentration de foyer.
ix. On dit bien plus vrai qu’on ne pense lorsque, parlant des hommes chez qui le jugement droit et une raison précise dominent , on ajoute que ces hommes sont froids ; c est qu'en effet la chaleur est en général beaucoup plus marquée chez les personnes à imagination. On en voit aussi la preuve chez les fous , qu’on voit affronter, presque nus , les froids les plus rigoureux sans en souffrir. Cela vient de ce que la chaleur vitale et les forces sont accrues par les memes influences qui excitent iimagination. Les memes ressorts président à divers mouvemens , et tous s’influencent l’un Lautre.
x. Ainsi l’homme a plusieurs moyens pour résister au froid de l’atmosphère sans y sacrifier ses forces ; mais il ne peut résister à une chaleur excessive qu’en y perdant une partie de sa substance. La sueur qui s’exhale de son corps le rafraîchit, à-peu-près comme ces transsudations
naturelles des beaux vases poreux d’Egypte rafraîchissent les lieux habités dont ils font l’ornement.
xi. Souvent les moyens dont on use pour maintenir égale la chaleur des lieux ou l’on vit va
jusqu'à nuire , jusqu’à mettre obstacle à l’émission de celle du corps. On sait l’incommodité qu’on ressent dans un bain d’une température trop élevée, dans les étuves, dans les climats équatoriaux, incommodité d’autant plus grande que l’air est chargé de plus d’humidité. A la vérité , Blagden , Bancks et Fordice ont assuré , pour l’avoir expérimenté sur eux -mêmes, que les plus grandes chaleurs auxquelles le corps humain puisse être exposé sans danger pour la vie ne vont jamais jusqu’à en élever sensiblement la température; mais MM. Berger et Laroche ont éprouvé le contraire : ils ont vu que la température humaine s’élevait jusqu’à 35° B. lorsqu’on s’exposait à la chaleur d’une étuve de 89° , et qu’elle s était élevée jusqu’à 36° dans un air chaud de 64*»
xn. Toutefois il est des degrés d’extrêmes températures avec lesquels la vie ne saurait longtemps compatir, même dans les circonstances les plus favorables d’un corps bien organisé. Ainsi , généralement, l’homme ne saurait long- temps résister à une température au-dessous de 3o°R., ou au-dessus de 4°°-
xiii. Quant aux combustions spontanées , elles ne paraissent pas dépendre des différences de température : elles sont de toutes les manières inexplicables ; je dis plus , elles sont incroyables. Li sez tous les faits cités de combustions humaines,