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CHAPITRE XIX

Accroissmieus illusoires de la chaleur vitale.

La chaleur du corps humain est toujours àpeu -près la même; mais le témoignage qu’en rend la sensibilité est quelquefois mensonger.

L’état de faiblesse rend toujours plus sensible à la chaleur et la fait paraître plus vive, encore que l’émission en soit alors plutôt affaiblie qu'accrue. Ceci se voit principalement après les excès énervans, après de longues inanitions et les maladies : le même exercice et les mêmes doses d’alimens, qui suffiraient à peine à l’homme sain et robuste pour satisfaire ses besoins et réparer ses déperditions, causent alors une chaleur fébrile.

La trop vive irritation des organes produit de semblables illusions. Toute partie faible ou douloureuse juge mal du degréde sa propre chaleur. Dans les inflammations , par exemple, dans les fièvres, dans les affections nerveuses, il semble que les organes soient en feu, et cependant

la chaleur seulement plus égalé et peut-être aussi plus abondamment dégagée, reste sans augmentation réelle dans chaque partie. Ce n est pas la chaleur qui alors soit plus élevée, c’est l'instrument qui est devenu plus sensible.

Les membres plus excentriques et à plus larges surfaces que les autres parties du corps , sont aussi plus froids qu’elles. C’est également aux extrémités que se font ressentir les excès de chaleur : les grands exercices, la fièvre, les maladies inflammatoires , développent là un sentiment plus vif de chaleur. Mêmes effets arrivent dans la phthisie pulmonaire. La chose est générale et constante : c’est toujours aux parties excentriques que se manifestent les extrêmes des températures et de circulation : les parties centrales étant toujours également imprégnées de sang et de chaleur, les influences vitales y sont constantes, et nulles y sont les influences physiques. C’est comme un fleuve dont les diminutions ou les crues ne se voient bien qu à ses rives , qui se dessèchent ou s’abreuvent.

Ainsi , ce sont les pieds, les mains , le nez et les oreilles qui sont les premiers à se refroidir, à se congeler ; les premiers à fournir des signes aux fièvres et aux passions. Aussi la douce fraîcheur de ces parties est- elle un signe certain du bon état du corps et du calme de l’âme. Ajoutez

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d’ailleurs que le grand nombre de vaisseaux et de nerfs qu’elles reçoivent les dispose à ressentir plus vivement les excès de chaleur, outre qu’aussi elles y sont plus inhabituées «

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