‹ Principes de physiologie médicaleChapitre 155 sur 163 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Changemens survenus après la mort par l’effet de la dissipation de

la chaleur vitale.

Nous avons dit comment la diminution de la chaleur dans l’homme qui meurt concentre Pair dont les poumons sont remplis , et quels effets en résultent pour l’élévation du diaphragme, la vacuité des artères, l’engorgement sanguin des poumons : nous avons aussi montré ce qu’il en doit résulter pour les noyés.

En parlant du sang, j’ai dit comment le dégagement de la chaleur concentrait ce liquide et comment sa sérosité qui alors peut transsuder à travers les vaisseaux morts, allait remplir toutes les lacunes laissées par l’abandon du calorique : comment il en résultait la disparition de l’œdème, des inflammations, des engorgemens des surfaces, la décoloration des tissus pénétrés par de petits vaisseaux , etc.

Maintenant voici d’autres effets. Les différent

tissus privés de chaleur diminuent par là de volume, et ils paraissent plus amaigris : les fluides se concentrent eux- mêmes comme les solides. Ceux-ci n’en sont plus aussi pénétrés (je parle des surfaces; car les gros troncs veineux ouïe sang se réunit engorgent par transsudation les organes qui les avoisinent ). Les cadavres paraissent donc plus amaigris que ne le sont les agonisans (1) ; et cela est d’autant plus sensible que la fièvre qui a précédé donnait au contraire ' du relief aux organes. De là vient que les poils, qui gardent sensiblement le même volume après la mort, paraissent plus longs, plus accrus: voilà ce qui a fait croire à leur crue après la mort.

Cela donne lieu aussi à plusieurs phénomènes qui étonnent quelquefois faute d’interprétations réfléchies. Ainsi le cerveau paraît souvent ne pas remplir le crâne : c’est encore là un effet de la soustraction du calorique vital. Ce vide du crâne sera d’autant plus marqué qu’on aura commencé par ouvrir la poitrine , à cause de la vacuité des vaisseaux du cerveau et de la déplétion des sinus.

(i) Il est clair que la chose est bien différente dans les morts subites ou par accident : car alors la quantité du sang étant fort considérable, sa transsudation des vaisseaux en fait paraître tou* les organes engorgés.

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