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CHAPITRE XX

Comment les mouvemens du cœur peuvent être localement altérés , et quels effets en résultent.

La principale condition des mouvemens du cœur, c est que rien ne les entrave extérieurement , c est que ses valvules soient mobiles et ses orifices egalement libres. Une de ces conditions cessant, le cours du sang perd sa régularité, le pouls s’altère; et comme l’existence et le jeu de tous les organes est lié au cours du sang, les iri egularites qu il éprouvé sont finalement ressenties par toutes les parties vivantes , et toutes les fonctions en sont troublées. Les plus légères alteiations du cœur sont donc d’une importance extrême. 1

On a souvent trouvé les valvules et toutes les parties fibreuses du cœur ossifiées (i) : cela est un obstacle a la circulation. Il est clair que des valvules ossifiées ne peuvent se relever ni précisément s’adapter aux orifices du cœur aussi bien que des valvules flexibles. Il en résulte que le

(i) Le cœui du pape Urbain VIIÏ offrait cette disposition de îa manière la plus manifeste. (Lancisi). On a dit même qu’il était lout-à-fait ossifié. Erreur grossière.

CH AP. XX, ALTÉRATIONS DU COEUR. 5/j ï

sang reflue de la cavité qui le presse, vers la cavité relâchée d’ou il sort*, et que par là l’équilibre est rompu. Si l’ossification est aux cavités gauches, les poumons s’engorgent d’un sang que le cœur ne fait plus circuler qu’imparfaitement , et bientôt les cavités droites se dilatent,, ne se pouvant plus débarrasser d’un sang qu’y versent incessamment les veines-caves. Il résulte de là plusieurs phénomènes remarquables et dont l’enchaînement est sensible. Plus le sang engorge les poumons, moins la circulation de l’air y est facile : la respiration alors est donc imparfaite. Le sang n’étant plus aussi bien respiré, plus aussi rouge, plus aussi artériel, les muscles ( et le cœur comme eux ) perdent de leur énergie , toutes les forces diminuent , la nutrition en souffre , toutes les fonctions s’altèrent, la coloration des tissus n’est plus la meme , la peau même devient violacée. L’engorgement du poumon amène aussi de l’oppression et de la toux ; et cette toux ajoute encore à tous ces phénomènes. Outre cela , la distension des cavités droites oblige le sang veineux de refluer dans ses vaisseaux *, alors les veines-caves et les veines qui se vident dans les veines-caves se dilatent j et comme le mouvement de l’oreillette droite se communique à toute la colonne de sang quelle ne peut contenir, il en résulte des oscil-

la lions qu on a nommées pouls veineuæ. Il est aise de penser combien ce reflux du sang met d obstacles a toutes les fonctions , comme il engourdit les muscles, comme il engorge les plus petits vaisseaux , comme il colore tous les tissus (la peau de la face surtout), comme il entrave 1 absorption et augmente la plupart des exhalations . tous les organes sont infiltres. Il est évident que les sinus de la dure-mère sont par-là plus distendus, le cerveau plus plein de sang, et par lui comprime. Et comme le cerveau est 1 instrument de la pensée, de la volonté et du sentiment, on voit bien que toutes ces facultés doivent etre en meme temps affaiblies \ qu’il doit y avoir de l’indolence, de l’assoupissement, de la faiblesse ; et que cet effet d’une légère altéi ation du cœur , transmise au cerveau par les poumons , va de nouveau par mille voies se compliquer, en rejaillissant du cerveau sur le cœur par le diaphragme et par les poumons. Puis la moelle épinière.... Puis l’estomac.... Mais qui pourrait tout dire en un pareil sujet ?

Ce que je viens d’exprimer des effets de l’ossification des valvules du cœur, s’applique également a plusieurs autres alterations de son tissu et de ses mouvemens : je viens de donner les symptômes de 1 asthme , dont ces altérations du cœur sont des causes fréquentes.

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