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des forces du cœur, on a du moins mieux étudie sa structure. On a découvert que les fibres des ventricules forment comme des anses ou des S dont la convexité regarderait la pointe du cœur , et dont les extrémités s’attachent constamment au cercle fibreux placé à la base des ventricules (i).
i4°. C’est surtout par le pouls qu’on apprécie bien les mouvemens du cœur, leurs variations et leur énergie : c’est pour ainsi dire un cardimètre. Aussi sera-ce en parlant du pouls que nous nous occuperons surtout de la diversité des mouvemens du cœur.
i5°. On apprécie bien tous les mouvemens du cœur en appliquant médiatement ou immédiatement l’oreille vers la région qu’il occupe. On entend alors deux mouvemens distincts , mais se succédant sans intervalle l’un à l’autre. L’un de ces battemens est plus fort, et il est isochrone aux pulsations des artères : c’est celui des ventii-» cules ; l’autre battement est plus sonore qu’énergique : c’est celui des oreillettes. C’est pendant la durée de celui-ci que les artères reviennent sur elles-mêmes et sur le sang qui les a distendues.
Si les valvules des ventricules ou de l’aorte sont ossifiées, alors le mouvement du sang venant a les heurter, produit comme un bruit de lime ou de
(0 V oy. Séuac et Wolfî, mais surtout M. Gerdy.
râpe . L’extrême influence deM. Laënnec, dans ces dernières années , a fait attacher à cette dernière observation, qui lui appartient , une importance peut-être exagérée. N’oublions pas cependant que toute vérité, même stérile, a droit à nos respects comme vérité.
1 6°. La percussion de la poitrine éclaire souvent dans l’étude des maladies du cœur : car^, s’il est très^-volumineux ou distendu , le son de la poitrine est mat dans une plus grande étendue. Alors aussi, quelquefois, la poitrine est plus bombée qu’elle n’est d’ordinaire *, et les battemens du cœur s’étendent au loin. C’est un avertissement pour se rendre réservé dans l’emploi des grandes saignées si souvent préjudiciables alors, non moins qu’attentif à éviter et ce qui émeut le cœur, et ce qui accroît la masse du sang.
i rj°. Le cœur est si facilement remué par des influences innombrables , que l’appréciation minutieuse de ses mouvemens est d’une assez faible importance dans l’exercice de la médecine. Il est cependant plusieurs de ces circonstances qui méritent d’être plus particulièrement étudiées , et qu’on ne peut se dispenser de connaître.
Ainsi , la présence de l’air dans les cavités du cœur amène soudainement la mort. Le cœur distendu par cet air échauffé , paraît perdre la faculté d’agir et de se contracter. On a fait d’in-
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téressantes expériences à ce sujet. On a vu , par exemple, qu’en piquant le cœur ainsi distendu pour en faire sortir l’air, on prolongeait par là de beaucoup la vie.
Non seulement les mouvemens respiratoires, et non seulement les efforts, mais aussi les mouvemens de simple locomotion , accroissent beaucoup la fréquence des palpitations du cœur. Il y a toujours, pour chaque personne, une correspondance assez exacte entre la vélocité de la marche et la vélocité desbattemens du cœur.
Les autres causes principales qui émeuvent beaucoup le cœur sont : les passions, le coït , le café et toutes les boissons excitantes , la chaleur, le chatouillement , le rire , les douleurs , et toutes les vives impressions.
i8°. Quoique le cœur ne se repose point durant le sommeil, cependant il bat plus vite lorsqu’il y a insomnie : il est vrai que l’insomnie même provient souvent de cette vélocité du sang. Tout se tient, tout s’entre-influence dans la vie.
190. Le moyen de procurer au cœur le seul repos dont il puisse jouir, consiste à diminuer la quantité du sang, soit par des compressions, des ligatures ou des ventouses , soit par des saignées. Mais les premiers moyens sont souvent préférables, ayant pour effet d ôter temporairement le sang du cœur sans l’ô ter aux organes. C’est
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d ailleurs une précaution dont il serait saged’user pour s’assurer s’il serait urgent d’enlever du sang.
20°. Après les saignées, rien ne calme le cœur et ne ralentit ses mouvemens comme les boissons froides, comme les boissons acidulés , les alimens végétaux et le lait , et aussi les bains tièdes et prolongés. L’opium ne ralentit pas les battemens du cœur ; mais la digitale produit manifestement cet effet.
si0. Les douleurs du cœur proviennent souvent des obstacles que rencontre le sang qu’il fait jaillir. Car, de même que les symptômes des maladies du cœur se voient surtout loin du cœur : aux veines , aux poumons , à la face , au cerveau et aux artères: de même, les douleurs qu’on ressent au cœur ont ordinairement leur cause loin de lui.
220. Les palpitations vives du cœur calment la faim : voilà pourquoi les choses excitantes ( qui produisent ces palpitations ) font supporter l’abstinence sans en souffrir. L’essentiel pour les organes, c’est qu’ils soient abreuvés d’un sang mu rapidement.
23°. Nous avons parlé de l’influence de l’impulsion du sang sur le cerveau et sur l’intelligence. On remarque même que la prédominance du ventricule gauche dispose à l’apoplexie \ tant la projection du sang est alors énergique.
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2\\ L’influence des violens battemens du cœur n’est pas moins marquée sur les poumons et la respiration : toutes les fois qu il y a des palpitations 5 quelle qu’en soit la cause, toujours alors il y a des efforts de toux . Voila pourquoi on tousse par timidité comme par oppression , par des nausees comme par émotion , par un anëvrysme du cœur comme par une pleurésie , pour avoir pris des excitans aussi bien qu’a près avoir respiré des vapeurs irritantes. Enfin, tout ce qui fait palpiter le cœur , tout ce qui entrave le cours du sang , produit de la toux. Les bossus toussent tout comme les phthisiques.
25°. Cela même accroît encore la difficulté de distinguer les maladies primitives du cœur d’avec les maladies qui proviennent des altérations de la moelle épinière ou des poumons. Les maladies du cœur et celles des poumons non seulement s’entre-produisent , mais toutes egalement amènent de la toux et de l’oppression , l’altération du pouls et l’altération des exhalations sereuses. Ceci se voit surtout chez les asthmatiques. Si l’anatomie n’apprenait pas combien fréquemment le cœur est altéré dans l’asthme , les symptômes seraient insufîisans pour en faire juger. Je connais plusieurs vieillards que le plus faible mouvement oblige à des expirations saccadées de demi en demi-minute, et à de vives quintes de
toux ; et ces malheureux périraient suffoqués, si la respiration ne venait pas détruire les effets produits par des mouvemens imparfaits et désordonnés du cœur. ( Voy . chap. XX de ce liv. V.)
26°. On a remarqué que les cavités droites du cœur remportaient d’autant plus sur les cavités gauches, que les poumons sont plus engorgés, que la toux et les efforts ont été plus fréquens , que l’âge est plus avancé , que l’agonie a été plus longue.
270. Nous avons dit que le cœur frémit encore quand déjà les autres organes sont morts, et ces frémissemens persistent dans les cavités droites plus long-temps que dans les cavités gauches, parce que celles-là sont jusqu’au dernier moment remplies de sang. Haller a prouvé que les cavités gauches du cœur ne sont pas moins agissantes que les autres , et que cette action est surtout excitée par la présence du sang. Il a lié sur un animal l’origine de l’artère aorte; il a, par ce moyen, retenu le sang dans les cavités gauches du cœur, et il les a vues alors continuer de palpiter cinq minutes encore après la mort.
28°. Cela enseigne quelle conduite il faut tenir dans les syncopes , cas ou le pouls cesse de battre ailleurs qu’aux carotides, et ou les poumons cessent de respirer ; mais où le cœur continue de palpiter faiblement. L’essentielle et la première
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chose alors est de rappeler la respiration ( par les fortes odeurs, par l’irritation de la peau, par les douleurs, le chatouillement, la titillation de la glotte ou des narines ) : ce n’est qu’à cette condition que la circulation peut se rétablir. Car tant que la respiration ne se fai t pas , les cavités gauches du cœur, presque vides de sang, restent inactives, ainsi que le cerveau. L’emploi du galvanisme ne peut avoir ici d’effets efficaces qu’en agissant sur le diaphragme. La position très-déclive du corps a quelquefois alors ramené la connaissance ; parce quelle rendait du sang au ventricule gauche, et que le ventricule gauche envoyait ce sang au cerveau. Cela produit pour le cœur le même effet que l’expérience de Haller. (Voy. Influence de la Pesanteur . )
2 90. Toute irritation (i) des organes produit
d’abord un plus grand afflux du sang aux lieux
(i) J’avais envie, ou de n’employer nulle part le mot irritation, ou au moins, si je l’employais , de lui donner la pure et simple acception que lui attribue le Dictionnaire de l’Académie ; mais cela est impossible. L’Académie dit : Irritation s’entend de tout ce qui irrite les humeurs ou les membranes. D’abord il est clair que les humeurs peuvent être altérées , mais non pas irritées. Il est certain aussi qu’outre les membranes , d’autres organes peuvent être irrités. Je dis donc : Irritation , action topique de ce qui excite en nos organes , ou des douleurs , ou des mouvemens , ou seulement l’afflux du sang , et presque toujours toutes ces choses à-la- fois.
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irrités ; ensuite, ce premier engorgement des vaisseaux une fois opéré devient ultérieurement une entrave au cours du sang. De sorte que le premier résultat d’une irritation quelconque a pour effet d’accroître, et sa cause, et ses premiers effets : car toute irritation des organes rejaillit sur le cœur, dont elle stimule les mouvemens ; et l’action accrue du cœur rejaillit sur les organes, abreuvés par- là d’un sang plus rapide et plus abondant. Il en est effectivement du cœur comme des nerfs : il accroît et propage le mal qu’il a une fois partagé. Voilà comme les maladies les plus topiques et les plus légères s’aggravent et se compliquent ; et c’est là-mème qu’est tout le mystère des fièvres .
3o°. Mais l’irritation des organes a des effets différens sur le cœur, selon son siège primitif. Ainsi, les maladies du cerveau n’ont presque aucune influence directe sur le cœur; de sorte qu’elles sont ordinairement sans fièvre lorsque les autres organes sont restés sains. Mais les organes érectiles, mais la peau ( la peau de certaines parties surtout) , mais les membranes muqueuses , et , plus que tout le reste , l’estomac ; tous ces organes, une fois irrités, exercent la plus grande influence sur les mouvemens du cœur, promptement associé à leurs diverses affections.
3i\ Il est une autre remarque à faire au sujet
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des mouvemens du cœur : je veux parler dus effets de ses battemens sur tous les organes et sur les diverses fonctions. Pour peu qu’on se soit observe soi-même durant la santé, pour peu qu’on ait mis d’attention à suivre le cours des maladies , on a dû voir que la diversité des mouvemens du cœur a d’incontestables rapports avec les différentes fonctions. On a dû observer que certains alimens , certains breuvages produisant certains mouvemens du cœur, ont pour effet de faire couler plus rapidement les urines; pour effet, de faire contracter les intestins, d’augmenter les exsudations muqueuses aux narines, à la bouche, etc. ; pour effet de purger, pour effet d’humecter les surfaces dénudées , de déterger les ulcères. On a dû observer qu'en même temps que toutes ces choses ont lieu , la pensée aussi a plus d’activité, l’attention plus de ferveur, la volonté plus de puissance. On a dû remarquer qu’influencés par d’autres circonstances , que rendus plus forts et plus rapides, soit par des boissons plus excitantes , soit par des exercices plus fatigans, soit par l’irritation de certains organes, les mouvemens du cœur produisent alors, ou seulement des sueurs, ou seulement une hémorrhagie, ou seulement de l’assoupissement ; et d’autres fois, des troubles variés dans toutes les fonctions , troubles qu’on réunit et qu’on exprime collée ti-
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vement par le nom de fièvre. Je dis que l’etude de ces différens phénomènes est l’une des parties essentielles de la science médicale, C est par-la qu’on arrive jusqu’aux premières causes des maladies , en déroulant successivement leurs symptômes et mesurant leur importance relative *, c’est par-là qu’on juge, entre cent effets diversifies, lequel engendre tous les autres, et auquel doivent préférablement s’adresser les remèdes pour les faire cesser ; en un mot, c’est ainsi qu’on juge de toute la chaîne par un seul de ses anneaux.
Une autre observation importante , c’est que telle substance , tel breuvage qui produit tels effets sur le cœur, et par le cœur tels effets sur toutes les fonctions, à tel âge des malades, a telle epoque des maladies , détermine souvent d’autres effets dans des circonstances différentes. Telle chose, par exemple, qui aurait produit des sueurs ou une exsudation de mucosités le matin , produira quelquefois de l’assoupissement ou une hémorrhagie le soir. Tout cela est important à connaître pour le traitement des maladies, et surtout pour l’étude de ce qu’on appelle si vaguement crises .
Mais nous le disons avec conviction comme avec douleur : ces remarques ne seront bien profitables qu’aux médecins qui déjà seraient sur la voie de les faire d’eux-mêmes.
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