CHAPITRE XXIII
Idée des artères et des veines. Parallèle entre ces vaisseaux.
Les artères (i) sont les vaisseaux qui portent le sang îouge : elles ont au ventricule gauche un tionc commun , un tronc unique, qui se nomme aorte. Leurs ramifications innombrables s’étendent à tous les organes : il n’y a que les cartilages , les membranes sereuses , les tendons , la cornée et l’épiderme , qui n’aient pas de vaisseaux sanguins visibles. Les veines ont un cours inverse des arteres : elles rapportent au cœur par deux troncs principaux (les veines-caves ) le sang devenu noir en traversant les organes.
Les ar teres et les veines pulmonaires ont des caractères particuliers et tout-à-fait équivoques. Ces vaisseaux ne méritent la dénomination de veines et d’artères, qu’à cause de leur destination et de leur structure ; car , à considérer la nature du sang dont ils sont remplis, ils sont linveise de ce que ces noms feraient supposer. Cette remarque est également applicable aux ^
(i) Ge mot seul d arteres atteste une méprise capitale des anciens.
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vaisseaux ombilicaux , lesquels ressemblent beaucoup aux vaisseaux pulmonaires.
L’artère aorte et la pulmonaire naissent chacune par un seul tronc de chacun des ventricules : l’impulsion que reçoit de ces ventricules le sang qui emplit ces vaisseaux , exigeait que leur origine eut lieu par un tronc unique. Il n’en était pas de même des veines, lesquelles rapportent au coeur le sang dont le cœur a rempli les artères. Aussi le sang revient-il au cœur par sept vaisseaux sans impulsion -, tandis qu’il en jaillit avec une grande impulsion par deux seuls vaisseaux.
A l’exception de l’artère pulmonaire et de Faoi te, aucune artère n’a de valvules. A l’exception de la veine-porte, de l’azygos et des veines cardiaques , aucune des veines situées au dessous du cou n’en est dépourvue. Et la seule disposition de ees diverses valvules, envisagées par des yeux de philosophe, aurait suffi pour démontrer cpie le sang circule , et dans quel sens il circule. Mais Harvey seul a trouvé dans ce fait matériel, ignoré des uns et dédaigné par d’autres, les élémens d’une découverte cpie sa sublimité et son évidence ne purent mettre à l’abri des honteuses contradictions de tout un siècle.
Les artères sont beaucoup moins nombreuses que les veines : en beaucoup de lieux on trouve