‹ Principes de physiologie médicaleChapitre 35 sur 163 · CHAP. XXIII, ARTÈRES ET VEINES · texte numérisé non relu

CHAP. XXIII, ARTÈRES ET VEINES

trois veines pour une artère. De celles-là, les unes sont superficielles et isolées des vaisseaux à sang rouge : les autres veines sont plus profondes, et accolées aux artères correspondantes^ lesquelles sont toujours placées près des os^ au-delà de toute atteinte de la part des corps qui heurtent les surfaces. A voir seulement la prévoyance de la nature a 1 égard de ces derniers vaisseaux, on pourrait déjà pressentir combien est précieux pour la vie le fluide qui les parcourt. Aussi les anciens les croyaient-ils le réceptacle de ce que leur ignorance leur faisait appeler esprits vitaux .

Le volume des vaisseaux sanguins est proportionné au volume et aux fonctions des organes ou les uns vont et d’oii les autres viennent : de manière que Ton peut juger des organes par les vaisseaux et des vaisseaux par les organes et leurs ponctions. Je dis que la quantité du sang est proportionnelle aussi aux fonctions des organes. En effet, une glande qui secrète comme le rein, dépense plus de sang qu’un organe ostensiblement oisif comme la rate. Toutefois cette rate meme et le foie comme elle , reçoivent par surcroît de grosses veines se conduisant à la manière des artères ; remarquable disposition dont le but est encore ignoré, et qui sert de retranchement à cet esprit de système si opposé au véritable

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esprit , qui se défie , qui doute, qui observe et qui raisonne.

On a tort d’expliquer le volume des organes par le volume des artères ; car dans les corps vivans toutes choses sont faites l’une pour l’autre. Il n’en est pas des vaisseaux sanguins comme de ces canaux ouverts dans un pays ingrat dont on veut féconder le sol : les artères naissent pour les organes , comme les organes , et en même temps que les organes.

Les anastomoses sont nombreuses entre les vaisseaux sanguins, mais plus nombreuses pour les veines. Il n’est pas de veine que l’on ne pût fermer ( excepté peut-être l’iliaque externe et la sousclavière) , sans compromettre l’existence des organes. Mais il n’en estpasdemêmedes artères, toujours moins nombreuses et moins ostensiblement anastomosées. Il est vrai que l’aorte ventrale devenue inaccessible au sang, a quelquefois été ï-emplacée par l’anastomose des artères mammaires et épigastriques extrêmement dilatées. Mais si la veine-cave inférieure est oblitérée , le sang veineux a deux voies au lieu d’une pour continuer son cours : il peut aller par l’azygos *, il peut aller aussi par les mammaires et les épigastriques. Il faut dire cependant que les anastomoses artérielles sont telles, que la destruction de l’artère principale d’un membre peut être

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