CHAP. XX11I, ARTÈRES ET YEINES
remplacée à l’aide des communications nombreuses de ces petites artères collatérales , qui forment aux environs des jointures des membres des lascis merveilleux, d’admirables réseaux, dont M. Scarpa a donné d’inestimables figures dans plusieurs des ouvrages qui ont si justement fondé sa renommée.
Les parois des veines et des artères sont extensibles, et composées de trois tuniques dont la moyenne seule jouit d’une notable élasticité, surtout dans les artères. On dit avoir trouvé des fibres musculeuses dans cette tunique moyenne des veines; mais les artères ne présentent jamais de pareilles fibres. 11 était bien essentiel que l’aorte ne fût pas musculeuse ! car loin de servir par-là au cours du sang , elle l’eût entravé.
Les veines et les artères ne se contractent donc nulle part d’une manière évidente. Les unes et les autres reviennent sur elles-mêmes après s’ètre laissé distendre ; mais il ne faut pas que cette distension ait dépassé de certaines limites ; car au-delà de ce point , les veines ni les artères ne reviennent jamais à leur premier calibre. Les premières forment alors ces tumeurs sanguines nommées varices ; la dilatation des autres donne lieu aux anévrysmes : et ces tumeurs diffèrent entre elles autant que le cours du sang qui les a formées. Il paraît que ces maladies n’ont lieu
566 LIV. V, DES MOUVEMENS DE l’H0MME.
que par l’effet d’une altération ou même de la rupture de la tunique moyenne ou élastique des vaisseaux ; car les deux autres tuniques n’ont ni action ni ressort. Or, cette membrane moyenne peut être rompue de trois manières : par la distension longitudinale des vaisseaux qu’elle forme, par la compression forte et circulaire de ces vaisseaux , ou enfin par la dilatation de leur calibre.
Ces mêmes vaisseaux peuvent s’oblitérer soit par l’adhérence de leurs parois, soit par le resserrement soudain ou progressif de leur tunique moyenne. Une artère ne se ferme jamais mieux que lorsqu’elle est complètement divisée au milieu des chairs.
On juge surtout du cœur par les artères , et par les veines des muscles et des poumons.
Les veines vont toujours grossissant de volume à mesure qu’on devient vieux : c’est le contraire pour les artères, lesquelles sont plus perméables et proportionnellement plus développées dans la première jeunesse.
Chez I homme, on ne voit nulle part aucune veine s’unir ou se continuer avec aucune artère : mais plusieurs faits prouvent ( ne fussent que les injections ), mais tout persuade, que ces vaisseaux s’abouchent et communiquent ensemble par leurs dernières extrémités. Le mode de cette