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CHAPITRE XXIV

Remarques sur les mouvemens des veines et sur la circulation

veineuse.

Habituellement les veines n’ont pas de mouvemens sensibles. Elles reçoivent le sang des extrémités artérielles*, et ce fluide dont le cours était si rapide dans ces derniers vaisseaux, prend un cours plus lent et visiblement uniforme dans les veines.

Néanmoins les veines offrent quelquefois des pulsations apparemment analogues aux pulsations des artères. Par exemple, toute veine qui communique avec une artère reçoit, avec son sang, l’impulsion que ce fluide tenait de la systole du cœur *, et les pulsations de la veine ainsi traversée sont d’autant plus marquées, que ses parois , appropriées à une circulation plus calme , sont infiniment moins résistantes que les parois artérielles. Cela même caractérise une espèce d’anévrysm e ( le variqueux ) .

On voit encore des pulsations aux veines-caves et aux jugulaires, ces veines restant intactes: et c’est à ces pulsations qu’on a donné le nom de pouls veineux . Ce phénomène est toujours du à

5 JO L1V. V, DES MOUVEMENS DE l’üOMME.

ce que les cavités droites du coeur contiennent plus de sang que les poumons n’en peuvent recevoir; soit que l’un des orifices des cavités du cœur ou de l’une des deux grosses artères soit rétréci, ou que les poumons soient moins perméables au sang. Le pouls veineux se remarque principalement chez les vieillards asthmatiques , pendant les quintes de toux , durant les efforts, dans les fortes attaques d’apoplexie , et dans l’agonie. J’ai dit comment la contraction de l’oreillette droite produit cette espèce de reflux dans les veines , et comment la systole des artères y semblait concourir. On conçoit bien que dans les cas où l’obstacle au cours du sang est aux cavités gauches du cœur , les veines pulmonaires doivent offrir ce pouls veineux aussi bien que les veines caves, et meme avant elles.

Comme les veines d’au-dessous du diaphragme sont pourvues de valvules, on sent bien que le flux du sang ne saurait avoir lieu bien loin dans leur intérieur. Ce reflux n’a pas lieu davantage pour la veine-porte, quoiqu’elle n’ait pas de valvules; car le foie dans le tissu duquel ce vaisseau se ramifie, lui est une espèce de valvule qui rompt toute communication directe entre elle et l’oreille droite du cœur. Il n’y a donc de reflux illimité que dans les veines sans valvules de la tète. Cependant, comme la dernière colonne de

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