‹ Principes de physiologie médicaleChapitre 44 sur 163 · CEÀP. XXVI , HISTOIRE DU POULS. 58 I · texte numérisé non relu

CEÀP. XXVI , HISTOIRE DU POULS. 58 I

pulsion du sang qui les parcourt rendent impossible la réunion de ces vaisseaux. Leurs plaies ne tarissent que par la mort, ou par l’obturation complète du conduit sanguin divisé. Comme les artères sont fort élastiques en tous sens , et que la rétraction d’un corps creux a pour effet de rétrécir sa cavité ; à cause de cela , la rupture totale d’une artère a souvent moins de danger que la simple division latérale de ses parois.

Ainsi donc, les pulsations artérielles viennent du cœur et ne viennent que de lui : les vaisseaux mêmes n’y ont aucune part. Or, puisqu’il ny a qu’un moteur unique pour un nombre infini d’artères partout continues , et remplies partout d’un fluide aussi partout continu, il suit de là que les memes pulsations se font simultanément sentir en tous ces vaisseaux : de là vient que l’examen d’une artère , en quelque lieu qu’on la prenne , doit éclairer sur l’état de toutes les artères, et aussi sur l’état du cœur : or, comme le cœur a des intelligences avec tous les organes, et qu’il ne peut' survenir aucun changement dans le corps sans qu’il en ressente les effets, il en resuite qu’une seule artère doit éclairer sur létat de tous les organes. C’est sur ce principe que repose la science du Pouls.

On pourrait croire cette connaissance du pouls, toute moderne, et l’attribuer à la découverte do

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la circulation du sang, ignorée des anciens. Ou se tromperait. L’étude aveugle des faits a toujours précédé la recherche des principes : toute science a dû ses commencemens à l’em pirisme ( i ) ... Hippocrate, cpii naval t pas la moindre donnée sur les rapports du cœur avec les mouvemens des artères , a néanmoins fait mention du pouls en divers endroits de ses ouvrages. Galien, qui pensait ne rien ignorer, et qui se délectait par avance du délicieux bonheur de condamner tous les médecins à- venir, ou ale copier lui- même sans variations , ou à ne rien savoir *, Galien a composé jusqu’à XVI livres sur le pouls, sans cependant connaître du pouls ni la nature ni l’importance. Gela ne l’empêcha pas d’opérer par lui des prodiges. Plusieurs fois, le seul examen d une artère (Galien s’en vante au moins) lui lit, sans erreur, pronostiquer des hémorrhagies , prévoir des crises , reconnaître des maladies, et découvrir jusqu’à des passions cachées. Il reconnut ainsi ( pour citer un exemple) qu’une certaine dame romaine n’était malade qu’à cause de son amour contrarié pour un baladin nommé Pilade . Galien ne dit pas , il est vrai, qu’il avait trouvé ce Pilade aux genoux de sa malade.

(i) On peut définir ainsi Y Empirisme : Observation sans y voir et à. tâtons ,, en attendant ie jour.

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