CHAP. XXXII, IDÉE DES POUMONS. 63 I
gonfler ou sortir alors que dans les efforts la respiration était suspendue. Or, disait-on, l’effort se fait durant l’inspiration ; vous voyez donc que le poumon se dilate activement de lui-même : on ne savait pas que l’effort est une expiration entravée par la constriction du larynx.
Le tissu des poumons est composé des vaisseaux ramifiés de l’air et du sang. On sait que les divisions de l’artère pulmonaire se continuent par des ramifications infinies avec les origines invisibles des veines pulmonaires : les injections et les phénomènes de ia circulation en sont la preuve. Mais on connaît mai la terminaison des vaisseaux aériens : on se persuade seulement que ces vaisseaux finissent par des vésicules ou l’air extrêmement divisé ne se trouve séparé du sang des plus petits vaisseaux que par des lamelles fort minces; et l’on croit que c’est dans ces contacts presque immédiats des deux fluides que l’air s’altère et que le sang rougit. Ici, comme partout ailleurs, c’est dans les parties les plus fines de nos organes (et toujours loin de nos regards) , que se passent des phénomènes mystérieux dont nous sommes réduits à ne connaître que les plus grossiers résultats. Mais il vaut mieux convenir de notre ignorance que supposer connaître ce que nous ne pouvons qu’ignorer.
L’àge introduit des changemens dans les pou» mons. Uniformément rosés dans la première en-
lance ( dès que la respiration s’est opérée ) , la couleur s en rembrunit à mesure que viennent les années. En outre, les vésicules aériennes sont plus égales et plus rétrécies dans les jeunes gens , plus larges et plus inégales chez les vieillards (i).
Cest dans ces vésicules que l’air pénètre, qu’il séjourne et qu’il persiste à séjourner après même les expirations ou les pressions les plus fortes. Car, nous l’avons dit, il reste toujours de l’air dans les poumons. L embarras était de mesurer cette quantité d air que rien ne saurait chasser de la poitrine : voici comme on s’y est pris : on a pesé des poumons , on a mesuré leur volume; on les a ensuite plongés dans de J’eau distillée , dont le poids est connu; et l’on a jugé du volume d’air qu’ils retenaient dans leurs molécules, par le volume d eau distillée qu’ils avaient déplacé. On a évalué ainsi à i oo ou 1 1 o pouces cubes cette quantité d’air retenu dans les poumons après l’expiration et ie refroidissement»
On a aussi observé que le tissu pulmonaire était plus rosé au voisinage des plus larges cellules de l’air, et que de là résultait la marbrure des poumons. Cette coloration même a semblé une nouvelle preuve de l’action de l’air sur le sang.
Puisque l’air est indispensable à la respiration,
(0 Journal de M. Magendie ( ,S2 1 ). Voy. les planches.