CHAP. IV , DE L’ACTION DES MUSCLES
contraction des muscles apportait un changement sensible dans le volume des parties où elle s’opère, ce devrait être uniquement pour diminuer ce volume. Car les petites cavités du tissu cellulaire sont incessamment humectées d’un fluide vaporeux, qui est jusqu’à un certain point compressible.
Le muscle entier se raccourcit donc pendant la contraction *, mais il n’en est pas de même de chaque fibre musculaire prise isolément. Ces fibres ne se contractent pas tout d’une venue comme le fait un ver lombric ou une sangsue: elles se plissent et s’infléchissent en zigzags anguleux et régulièrement alternatifs; disposition qui était restée à-peu-près ignorée jusqu’à ces derniers temps (i). Aussitôt que le mouvement cesse, ces plis anguleux s’effacent, et les fibres musculeuses reprennent leur rectitude première.
La contraction musculaire produit un bruit sensible. On peut s’en assurer en plaçant l’oreille sur un muscle actuellement contracté : on le voit aussi au bruissement dont l’action des muscles de l oreille est accompagnée. C’est à cette même contraction qu’est dû le bruit qu’on entend dans
(1) La connaissance précise de ce fait est due à MM. Dumas et Prévost, de Genève. Winslow en avait parlé, mais on l’avait oublié,
un coquillage que la main applique à l’oreille. Ce bruit résultant de la contraction des muscles est cause de beaucoup d’erreurs dans l’écoutement de la poitrine , les malades se tenant avec effort sur leur séant.
Les muscles contractés expriment le sang dont leurs fibres sont penetrees. Toutefois la contraction ne fait pas discontinuer l’afflux du sang artériel 5 au contraire , elle l’active et l’augmente.
La force des muscles est relative au volume et au nombre de leurs fibres ; et l’étendue des mouvemens, à la longueur de ces mêmes fibres et à la laxité de leurs adhérences. Quant à la vitesse des contractions, elle dépend surtout de la sensibilité des individus, de l’énergie de leur vouloir, et aussi beaucoup de Fiiabitude contractée , ou de la fréquente répétition de certains mouvemens.
La puissance de contraction s’épuise dans les muscles par les veilles, la fatigue, la chaleur excessive, l’abus des excitans de tout ordre: elle se répare par le repos, les bains, les alimens et le sommeil. Jamais la contraction volontaire n’est longtemps persévérante dans les mêmes muscles : la fatigue qui suit l'exercice oblige à le varier , sinon à l’interrompre. Les actes volontaires sont intermittens de leur nature. Outre les petits repos qu’ils prennent sans cesse, ils