CHAPITRE XL
Des mouvemens du Larynx et de la Glotte. — De la Voix.
Place entre l’os hyoïde qui le surmonte et la trachee-arlère qui le termine , le larynæ est une boîte cartilagineuse qui communique, en bas, avec les cavités aériennes du poumon; en haut, avec la bouche et les fosses nasales. Cinq cartilages le composent ; neuf muscles font mouvoir ces cartilages les uns sur les autres; et, indépendamment de ces mouvemens partiels, le larynx exécute encore des mouvemens de totalité vers la poitrine et vers la tête , par Faction des muscles qui de l’os hyoïde se portent au sternum et à I omoplate , et aussi à la mâchoire inférieure.
La partie principale du larynx est la supérieure. Il y a en cet endroit une fente longitudinale d’avant en arrière, et dont l’étendue moyenne est d’à-peu- près dix lignes chez l’homme adulte. C’est plus particulièrement cette partie du conduit aérien qui a reçu le nom de glotte : elle est la seule susceptible de s’élargir , de se rétrécir et même de se fermer tout-à-fait. C’est aussi là que se forme la voix. Cette ouverture mobile du larynx a une forme triangulaire, et ce triangle a
CHAP. XL, MOUV. DU LARYNX* — VOIX. 67 f
sa base tournée en arrière. Cette ouverture a pour limites, en devant, l’angle rentrant du thyroïde*, en arrière , la base de deux cartilages arythénoïdes ; et chacun de ses côtés est formé par un ligament et par un muscle. C’est à ces replis formés à-la-fois par des muscles et par des ligamens inertes qu’on a donné le nom de cordes vocales inférieures : voilà le principal instrument de la voix , et le sujet de tant de petits systèmes qui tous se combattent sans se détruire , parce que tous ne reposent que sur des vraisemblances et des analogies.
Au-dessus des cordes vocales inférieures il y a deux cavités peu profondes , nommées ventricules du larjnæ ; et , au-dessus de ces ventricules, deux replis muqueux, formant un triangle dirigé en sens contraire du triangle inférieur , et nommés cordes vocales supérieures . Ces dernières sont inertes \ elles peuvent former un léger obstacle à l’air expiré , mais non modifier sensiblement son cours.
Les mouvemens du larynx sont peu variés. Outre les mouvemens de bascule du thyroïde et du cricoïde , le larynx peut descendre ou s’élever en totalité \ la glotte, son ouverture mobile, peut s’élargir ou se fermer. C’est à ces derniers mouvemens que se rapportent et le mécanisme des efforts et la production de la voix.
Si nous voulons rechercher maintenant quels muscles dilatent la glotte, nous verrons que ce sont les muscles qui, du cartilage cricoïde , se portent latéralement aux arythénoïdes : nous verrons que les muscles crico-arythénoïdiens postérieurs , agissant de concert avec les cricothyroidiens , distendent les cordes vocales inférieures, et que, si les thyro-arythénoïdiens viennent alors à se contracter, la glotte est par eux fort rétrécie*, et qu enfin si le muscle arythénoïdien joint son action à Faction des muscles précedens ,1a glotte peut tout- à-fait se fermer. Nous voyons par cet exposé , que les mouvemens qui ont pour but de dilater la glotte sont beaucoup moins compliqués que ceux dont la destination est de la rétrécir et surtout de la fermer.
A l’égard de la production de la voix , on s’est assuré qu’elle exigeait toujours la contraction du muscle thyro-arythénoidien , le même que nous avons dit concourir à la formation de la corde vocale inferieure. On sait aussi , d’une manière certaine , que le larynx s’élève vers le menton et que la glotte se rétrécit pour la production des sons aigus; qu’au contraire, la glotte se dilate et que le larynx s’abaisse vers le sternum dans la production des sons graves. On a aussi vu des vibralions manifestes dans la corde vocale inférieure.
C'est sur ces deux phénomènes si simples et les