CHAP. XL, MOUT. DU LARYNX. ~~ VOIX
seuls bien avérés, qu’on a assis une multitude de théories contradictoires. On devrait bien, en de pareils sujets, se rappeler le conseil plein de sagesse donné par d’Alembert , « De ri interpréter » q ri avec une extrême défiance tous les plié - » nomènes favorables à | des systèmes opposés . » Ce qui est certain, c’est que la glotte ne ressemble absolument à aucun des instrumens à vent, des instrumens à cordes ou des instrumens à anche dus aux créations de l’industrie humaine. 11 est également bien certain que le son de la voix n’est analogue au son d’aucun instrument artificiel. Ce qu’on peut faire de plus raisonnable à ce sujet, se réduit à comparer les conditions indispensables a la production de la voix, avec le jeu de différens instrumens ; à calculer le volume du réservoir de l’air, la longueur du tuyau vocal, l’étendue de la glotte, partie essentielle de l’organe vocal ; enfin à apprécier l’influence de la configuration delà bouche et des cavités anfractueuses du nez. Quant a la production même de la voix, elle paraît résulter de la vibration de l’air, resserré à son passage par la glotte. Toutefois, si l’on veut comparer la voix à quelque autre phénomène vital analogue, je n’en connais aucun plus propre à lui être assimilé que le jeu des lèvres dans Faction de siffler : ici le son est produit , comme la voix, par l’air expiré rencontrant un obstacle à son
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issue; il y a, comme clans la voix, contraction vive des muscles ; comme dans la voix aussi, l’ouverture où s’engendre le son s’élargit ou se rétrécit, selon que le son est grave ou qu’il est aigu.
La voix une fois produite à la glotte par la vibration de l’air expiré, se propage tout entière par la bouche , et nullement par les fosses nasales comme on l’a prétendu. On peut s’en assurer en obturant les narines : on verra que la voiæ inarticulée n’y perd rien de sa pureté.
On a d’ailleurs la preuve de ce fait dans la for-
mation de ces sons vierges , nommés voyelles ( parce que la langue ne participe pas activement à leur production) : ces sons , en effet, ne se propagent par les narines qu’à la suite de quelques difformités ou de quelques maladies. Nous verrons qu’il en est autrement de la parole.
A l’égard de Y éngastrimisme ou ventriloquie , on en ignore le vrai mécanisme. Pour le produire , il ne suffit pas de parler pendant qu’on inspire , ni de parler bouche close comme on l’a dit. Le premier moyen ne donnerait lieu qu’à une voix trop faible pour être entendue à des distances un peu éloignées , à une parole d’ailleurs trop imparfaitepour être bien saisie. Comme l’action de la langue dans ce cas devrait précéder l’action de la glotte, et que les articulations de la voix précéderaient la voix même, quelle illu-