CHAPITRE XLIII
Mouvemens de la Langue et du Voile du palais, etc.
La langue est un tissu tout charnu*, ses mouvemens sont infiniment varies : on le voit par les phénomènes de la parole , ceux de la succion, de la mastication ^ etc. *, seulement il lui est impossible de se retourner en arrière comme on l’a prétendu : son organisation s’y oppose. Ses mouvemens en avant des lèvres sont fort remarquables. Ils sont opérés par la contraction des muscles génio-glosses , dont la direction oblique de dedans en dehors et d’avant en arrière est telle, que lorsque celui du coté gauche est paralysé, c’est de ce côté même que se dirige la langue : phénomène bien naturel, mais que les médecins ont toujours regardé comme une exception embarrassante.
11 est d’autant plus important de bien étudier les mouvemens de la langue, qu’on a l’habitude de juger de tous les muscles par ses propres mouvemens.
Quant au voile du palais , son principal jeu consiste a séparer de la bouche les narines et le pharynx : il agit dans la parole, dans la déglu-
686 liv. y, des mouvemens de l’homme,
tition, surtout dans le bâillement. Mais nous devons dire avant tout quel est Feffet de ses mouvemens, S’il s’élève, les narines sont séparées d’avec le larynx, d’avec le pharynx et la bouche; alors les alimens ne peuvent s’introduire dans les narines, ni les odeurs être senties, ni les lettres nasales prononcées. Les frottemens de l’air contre lui (lorsque pendant le sommeil on respire par la bouche) donnent lieu au ronflement. S’il est enflamme ou divisé (1), la prononciation est vicieuse , et 1 action de siffler ou de souffler rendue impossible; mais non la succion, qui est l’œuvre de la langue, opérant le vide entre elle et le palais. Les personnes affligées de cette division du voile du palais ont des soupirs et des pandiculations, non de bâillemens véritables. On pourra d’abord contester ce fait , mais il est certain.
(1) J’ai vu un soldat qui avait deux luettes sans que la voix ou la parole en fussent le moins du monde altérées : c’est que , dans ce cas , l’organe était naturellement double , et non pas divisé. — Rien ne paralysant mieux les muscles que l’inflammation , l’esquinancie produit le parler du nez aussi bien que la destiuction üd voile du palais : quelquefois même la prononciation en reste pour toujours altérée.