CHAPITRE Y
Conditions du mouvement musculaire volontaire. Par Combien de voies on peut l’influencer*
II faut , pour qu\m muscle se contracte volontairement, que des nerfs se répandent dans ses fibres; que ces nerfs se continuent sans interruption jusqu’à leurs centres; que du sang rouge circulant et bien respiré abreuve incessamment et ce muscle et les centres nerveux, et que le sang veineux puisse s’en éloigner librement. Il faut que le cerveau, il faut que la moelle épiniere soient libres de toute compression et de toute maladie; il faut que l’attention soit présente et que la volonté soit active.
Vous voyez par toutes les conditions nécessaires au mouvement volontaire , par quelles voies nombreuses on peut l’influencer. On Fexcite en irritant ou les muscles mêmes, ou les nerfs qu’ils reçoivent, ou les centres nerveux. On l’abolit en liant, comprimant^ détruisant ou narcotisant ces nerfs; en narcotisant ou enflammant ces muscles ; en comprimant , détruisant ou narcotisant le cerveau ou la moelle épinière; en interrompant le cours du sang artériel, en
altérant sa nature soit par l’estomac soit par le poumon j ou enfin en arrêtant le sang veineux et le laissant séjourner dans le tissu du muscle.
Il suffirait donc d’une compression du cerveau pour entraver le mouvement volontaire; il suffirait même de la simple ligature des artères du diaphra gme , pour amener la paralysie de tous les museles. Le même efïet résulterait semblablement de toute entrave mise au cours du sang soit des artères carotides et vertébrales, soit des veines jugulaires , soit des vaisseaux rachidiens , soit des veines ou artères bronchiques ou cardiaques.
Il résulte de là que les causes des convulsions et de la paralysie sont infiniment nombreuses ; et qu’il y aurait aveuglement réel à n’attribuer ces maladies qu’à des altérations des museles, à des altérations des nerfs ou du cerveau.