‹ Principes de physiologie médicaleChapitre 9 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Comment les nerfs participent aux œouvemerts.

Nous ne ferons que résumer ici ce que nous avons exposé en différens lieux du deuxième Livide , en faisant l’histoire du système nerveux. Nous allons seulement réunir des faits épars. L’intégrité des nerfs destinés à chaque muscle

CttÂP. VI, PARTICIPATION DES NERFS. 483

est, avant tout, indispensable à son action spontanée. Nous avons vu que ces nerfs doivent communiquer avec leurs centres nerveux.

Nous savons aussi que toute lésion de la moelle épinière compromet et abolit même tout mouvement dans les parties qui reçoivent des nerfs de la portion de moelle placée au-dessous de l’endroit lésé. Les parties antérieures de cette moelle paraissent être plus spécialement dévolues aux mouvemens, aux mouvemens du cœur et des autres viscères musculeux comme aux mouvemens volontaires. Nous devons ajouter que les lésions de la moelle épinière affaiblissent doublement les mouvemens volontaires, par cela même qu’elles affaiblissent lecœur . Le cerveau en est par la même raison affecté comme les muscles , le vouloir aussi bien que la motilité. ( Voj. liv. I, chap. IX. ) La lésion de la moelle allongée, à son tour , ne se borne pas a affaiblir les muscles volontaires. En abolissant l’action du diaphragme elle entrave la respiration , empeche la fabrication du sang et nuit à son cours par le cœur, doublement affaibli iui-meme. Et par toutes ces causes combinées, elle porte atteinte a la volonté et aux mouvemens volontaires.

On se trompe beaucoup, lorsqu’on envisage comme simple , comme topique, l’influence de

484 LSV* V? DES MOUVEMENS de l'homme,

chaque centre nerveux : celte influence est toujours complexe et a des rejaillissemens multiples.

La seule lésion des nerfs destinés aux muscles abdominaux finit par amener une sorte d’asphyxie par l’embarras des bronches. Les blessures des nerfs diaphragmatiques produisent avec instantanéité la mort, aussi par asphyxie. [Voj. liv. II , chap. XXII. )

A l’égard du cervelet , nous avons vu qu’il sert comme de gouvernail aux mouvemens musculaires, sans en diriger spécialement aucun. Ses altérations produisent donc une sorte de désaccord et ôüataæie.

Le cerveau aussi est utile aux mouvemens : non seulement parce que la volonté l’a pour principal organe *, mais parce qu il est d’ailleurs nécessaire à l’ensemble du système nerveux et au jeu de chacune de ses parties.

La destruction du cerveau proprement dit n’entraîne pas la mort subite chez les animaux. Mais, chez l’homme, la solidarité de toutes les parties nerveuses est si parfaite , qu’il suffit d’un faible épanchement dans les lobes cérébraux pour suspendre l’action musculaire d’un membre ou de tout le corps. Et qu’on ne croie pas que cet effet résulte uniquement de l’abolition de la \o-

CHAP. VII, DE LA VOLONTÉ. /f85

îontë ! Ce serait une erreur. On voit souvent cette volonté d’agir survivre au mouvement qui la pourrait satisfaire.

On sait que certaines parties du cerveau président plus particulièrement aux mouvemens de certaines parties du corps*, et la connaissance de ces faits enseigne à juger du siège des maladies du cerveau par le siège des paralysies. Une autre chose fort intéressante pour le philosophe comme pour le médecin , est le croisement des phénomènes nerveux, lorsqu’ils dépendent du cerveau lui-mème. Mais comme nous avons traité de ces objets dans le deuxième Livre, nous ne pouvons qu’y l'envoyer.

Page 1