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CHAPITRE V

Le Principe dn Chômage>Capacitariat.

Le principe du capacitariat complète le principe productiviste.

Le premier peut se résumer dans la formation la meilleure des capacités productives ; le second, dans l'utilisation la meilleure des énergies ambiantes. L'un et l'autre ne sont que l'expression de lois énergétiques naturelles reconnues dans l'ordre social ; tous deux ils doivent servir de règles dans la conduite sociale et entraînent l'obligation de favoriser de plus en plus la tendance qui s'observe chez l'individu aussi bien qu'au sein des sociétés humaines, à accroître sans cesse, en vue d'une adaptation toujours meilleure, leurs facultés productives naturelles et la production proprement dite.

Ainsi compris, ils sont les instruments les plus efficaces du vrai progrès. Judicieusement appliqués, ils rendent le progrès en quelque sorte automatique. Leur but commun tend à hâter l'avènement du régime dénommé par Solvay élai économique supérieur, coïncidant avec une production maximum et intéressant en ordre principal tout ce qui est requis par une consommation physiologique intégrale, garantie à tous, puis s'étendant successivement à d'autres objets désirés, inhérents au bien-être mais de moindre nécessité. Et ce stade supérieur sera réalisé progressivement grâce au développement et au perfectionnement du machinisme.

Pour illustrer ce fait, et en mieux souligner la portée, Vandervelde cite les exemples ci-après. Il faut pour :

1° La fabrication de dix charrues.

A la main : 2 ouvriers, faisant il opérations distinctes et ira-

vaillant en tout 1,180 heures payées 54 dollars 46. A la machine : 52 ouvriers, faisant 97 opérations et travaillant en tooit 37 heures 28 minutes payées 7 dollars 90.

2° La fabrication de cinq cents livres de beurre.

A la main : 3 ouvriers ; 7 opérations ; 125 heures ; 10 dollars 6. A la machine : 7 ouvriers; 8 opérations; 12 heures 30; 1 dollar 78.

3" La fabrication de cent mouvements de montres.

A la main : 14 ouvriers; 453 opérations; 341,866 heures; 80,822 dollars.

A la machine : x ouvriers; 1,088 opérations; 8,343 heures; 1,799 dollars.

4° La fabrication de cinq cents yards de cotonnette croisée.

A la main : 3 ouvrieiis; 19 opérations; 7,534 heures; 135 dollars 61. A la machine : 252 ouvriers; 43 opérations; 84 heures; 6 dollars 81.

5° La fabrication de cent paires de bottes à bon marché.

A la main : 2 ouvriers; 83 opérations; 1,438 heures; 408 dollars 50. A la machine : 113 ouvriers; 122 opérations; 154 heures; 35 dollars 40.

6° La fabrication de mille livres de pains en pains d'une livre.

A la main : 1 ouvrier; 11 opérations; 28 heures; 5 dollars 80. A la machine : 12 ouvriers; 16 opérations; 8 heures 56; 1 dollar 55.

7° La fabrication de douze douzaines de jaquettes (hommes).

A la main : 1 ouvrier; 4 opérations; 840 heures; 50 dollars 40. A la machine : 11 ouvriers; 8 opérations; 97 heures 15; 12 dollars 80.

Ainsi, toutes choses égales, le machinisme rend de moins en moins avantageuse l'utilisation du travail manuel. Le producteur capitaliste a un intérêt évident à lui substituer de plus en plus la machine. Il y gagne à la fois du temps et de l'argent. En agissant ainsi, il ne fait en somme que se conformer à la loi du rendement maximum dans un minimum d'efforts. La machine sert à créer d'autres machines, d'autres outils, et la production, aussi bien que le producteur, y trouvent leur profit.

Mais voici que nous sommes obligé de reconnaître que l'organisation du travail, à mesure qu'elle s'améliore et se développe dans ces conditions, heurte les intérêts vitaux des travailleurs. Les conséquences désastreuses qu'entraîne pour eux le machinisme font res-

sortir qu'il existe une contradiction évidente entre l'intérêt social et les intérêts individuels. Les efforts réalisés en vue de faire progresser la société conduiront à ce résultat paradoxal que ceux-là mêmes qui sont les artisans du progrès en deviennent nécessairement, inévitablement, les victimes.. Ils seront, avec le temps, voués à un chômage certain et d'autant plus intense qu'ils se seront mieux acquitté de leur tâche envers la société. Ils hâteront pour eux et les leurs la venue de tous les maux qu'engendre le chômage, dans la mesure où ils se seront mieux soumis au capacitariat et que leur valeur productive s'en sera trouvée accrue.

Il semble bien, dans ces conditions, que le principe productiviste et son corollaire indispensable, le capacitariat, que nous avons mis à la base de l'organisation de toute société comme essentiellement nécessaires à la marche normale dans la voie du progrès, conduiront à un état de chômage pour ainsi dire systématiquement organisé, atteignant éventuellement la grande masse des travailleurs. Le vrai progrès ne veut-il pas, au contraire, que la somme globale de bienêtre dévolue à chaque travailleur soit accrue, et que ce bien-être soit généralisé ?

L'anarchie actuelle de la production représente déjà pour les travailleurs les inconvénients les plus graves. Nombreuses sont à côté de celle que nous venons de signaler, les autres causes de chômage involontaire. Elles sont déterminées par l'application inconsidérée des méthodes sociales incohérentes, toujours en usage. Les principes préconisés par l'Energétique, en ordre fondamental, doivent donc être complétés par un autre principe, à savoir qu'il doit être en toute équité, dans une société correctement organisée, pourvu à la subsistance des travailleurs en état de chômage involontaire. Le droit à Fexistienoe, pour une consommation intégrale normale, est déjà posé par les besoins de la fonction productiviste. Il se trouve confirmé ici : « La diminution du travail obligé, écrit Solvay (i), l'augmentation concomitante de l'instruction et de la production générales seront les plus grands biens futurs de l'humanité ©t imposeront comme une nécessité l'indemnisation du chômeuir involontaire, conformément à la loi énergétique de mutualité qu'il importe d'observer toujours. »

Si donc nous considérons comme définitivement admis que les travailleurs en état de chômage seront pourvus du minimum de moyens de subsistance, il ne doit plus y avoir d'obstacle à poursuivre d'une manière continue la réalisation de c-ette production maximum,

(1) E. SOLVAY. Energétique sociale et politique positive. Dans : Questions d'Energétique sociale, p. 218.

qui doit assurer raccroissement du bien-être généralisé : tout doit, au contraire, être mis en œuvre pour atteindre ce but. Les efforts des collectivités, en dernière analyse, par application du principe productiviste et la généralisation rationnelle du capacitariat, permets iront d'entrevoir un stade meilleur dans l'évolution de l'humanité, la production générale devant à un moment donné être suffisamment accrue que pour permettre à tous de jouir des bienfaits de la vie actuellement réservés aux seuls privilégiés de la fortune.

« Le perfectionnement incessant des méthodes de production, écrit Leroy-Beaulieu (1), dû à la science ainsi qu'à la méditation ou à l'intuition des hommes les mieux doués, doit graduellement transformer la situation et la destinée du genre humain... Cet avenir brillant de l'humanité, par le progrès incessant des méthodes de production, dont profiteront ses membres les plus humbles, qui pourront un jour se procurer la plupart des satisfactions dont jouissent seuls actuellement les hommes riches ou aisés, en y ajoutant beaucoup de jouissances nouvelles aujourd'hui inconnues, apparaît maintenant comme une certitude. »

Colson (2) est, à oet égard, également optimiste : « Les progrès sans précédent, écrit-il, accomplis depuis plus d'un siècle, permettraient d'espérer voir bientôt les sociétés civilisées réaliser cet idéal dans une certaine mesure, de penser même qu'un jour viendra où la facilité plus grande de la production laissera à tous les travailleurs le temps d'acquérir plus de culture dans leur jeunesse, de goûter ensuite plus de loisir, de manière à participer dans une mesure appréciable à ces jouissances d'un ordre supérieur réservées jadis aux classes aisées. »

Si l'on s'en tient à ces constatations, il est certain que le stade de meilleure humanité, telle qu'elle est entrevue dans l'avenir, n'offre guère de ressemblance avec le spectacle lamentable donné de nos jous par les misères sans nom engendrées par le chômage dans la vie ouvrière, à défaut de correctifs appropriés. Le chômage représente sans conteste, avec la guerre, la plaie sociale la plus doulour reuse qui caractérise notre époque. La conquête du pain devient un problème de plus en plus angoissant pour l'ouvrier qui a charge de famille, et le pousse à des actes de désespoir qui l'incitent jusqu'au sabotage des machines ou autres outils perfectionnés. On essaye bien de lui faire comprendre qu'il a un intérêt personnel à voir réaliser,

(1) Cité par Solvat. — P. Leroy-Beaulieu. Le Collectivisme, 4» édition, ^. 624. Guillaume et C»«, Paris, 1903.

(2) C Colson. Organisme économique et Désordre social, p. 357. Paris, Flammarion, 1912.

grâce à l'abaissement du coût de la production, une réduction dans les prix que l'abaissement des salaires et la réduction du temps de travail sont compensés par cet abaissement des prix, et que celui-ci même rend possible, pour l'ouvrier, l'acquisition de certains produits dont les prix restaient pour lui prohibitifs. Mais ces avantages ne pourraient compenser la perte des salaires qui va, dans la famille ouvrière, jusqu'au désastre.

Les raisonnements ne peuvent rien contre des faits qui viennent les démentir un peu mieux chaque jour. Sans qu'il soit possible d*ai>prouver le sabotage, odieux en lui-même, on peut se demander, avec Charles Gide (1), si les ouvriers, dans l'aversion que leur inspire parfois le machinisme, sont complètement dans l'erreur. Qui voudrait soutenir qu'ils n'ont pas droit ici à des réparations? Et où sont-elles? Qu'importe à l'ouvrier que des produits soient vendus à bas prix si, par leur nature même, ils ne rentrent pas dans sa consommation? Et ceux-ci ne sont-ils pas de beaucoup les plus nombreux? Le chômage involontaire, partiel, permanent ou périodique, peut-il être compensé par une réduction des prix de quelques articles, alors même que ces articles feraient partie de la consommation ouvrière? Et n'est-il pas exagéré de dire que le machinisme détermine nécessairement l'abaissement des prix, tant que la production ne sera pas plus intensive et partout à la fois? Est-ce qu'actuellement la demande suivie de produits manufacturés dans d'autres pays que les pays d'origine ne représente pas fréquemment une entrave à toute réduction, la demande restant plus forte que l'offre?

Les progrès réalisés dans le domaine économique, grâce au machinisme ou à toute autre amélioration dans l'organisation du travail, rendent inutile une certaine quantité de travail et sans que les ouvriers bénéficient d'un juste dédommagement. La technique du travail a changé et change de plus en plus; la technique sociale reste ce qu'elle était naguère et n'est par conséquent plus adéquate à des conditions normales d'organisation du travail. Il faut voir dans ce défaut d'adaptation une des causes fondamentales des crises économiques qui sévissent, avec un caractère de gravité croissant dans tous les pays industriels. Le chômage a pris, à peu près partout, un caractère endémique et qui pourrait bien avoir joué quelque rôle dans l'affreuse guerre qui vient de secouer le monde. C'est ainsi que les pouvoirs publics, dans certains pays, s'étaient décidés, avant la guerre, à décréter quelques mesures en faveur des chômeurs, mais combien insuffisantes! L'Angleterre seule, depuis 1910, a pu se résoudre à aborder résolument le problème en dotant la classe ouvrière

(1) Charles Gide. Principes d'économie politique.

d'une loi, sans doute encore imparfaite, mais conçue néanmoins, tai au point de vue du fond que de la forme, dans des conditions quj augurent mieux dans ravenir. Nous aurons, au surplus, l'occasioi d'y revenir.

Le chômage ainsi, qui devrait constituer un bienfait, un facteul de bien-être, puisque le but que poursuit l'homme en général est de vivre suivant la formule du moindre effort, est une plaie cruelle dont souffre de plus en plus la classe^ ouvrière. Dans les conditions oii il se développe aujourd'hui, il atteste une fois de plus que le désordre subsiste non seulement dans la production, mais dans toute la vie sociale. Il justifie une fois de plus aussi la nécessité de faire intervenir, dans la conduite sociale, des principes mis à jour par l'observation scientifique des phénomènes. Dans l'espèce, le principe dit du chômage-capacitariat est de ceux qui permettent de prévoir des situations sociales oertaines ; il propose les moyens susceptibles d'y parer dans des conditions normales, est attentif aux conséquences que ceuxci entraînent, y pourvoit par de nouvelles mesures et représente ainsi une véritable méthode sociale susceptible d'orienter, sûrement, sinon rapidement, toute société civilisée qui l'applique, dans la voie du progrès.

De cet ensemble de considérations, il est désormais possible de dégager des conclusions pratiques, utiles à Faction sociale.

La formule du vrai progrès est représentée par l'application raisonnée et la plus large possible des principes productiviste et capacitaire, de manière à tendre vers Vétat économique supérieur^ avec le régime dit de Végalité au point de d&part. Dans l'état actuel de la production, aussi bien que dans les conditions actuelles d'organisation du capacitariat, il ne semble pas que Ton soit près de se rapprocher sensiblement de cet état social meilleur.

Le droit effectif à l'existence et au bien-être est toujours le privilège d une minorité. L'immense majorité des travailleurs ne dispose pas de son quantum énergétique physiologique tel qu'il faut le concevoir au point de vue d'une consommation intégrale normale, et il n'est guère question de bien-être pour les ouvriers et leur famille, puisque tous sont absorbés uniquement par la lutte pour leur subsistance. A défaut de correctifs appropriés, le système capitaliste n'a fait qu'aggraver les mauvaises conditions de vie de la classe ouvrière. L'anarchie qui sévit dans la production aussi bien que dans l'organisation du travail est la cause principale, fondamentale du chômage. Le chômage n'est pas encore cette « réduction de travail obligé»,, que Solvay considère comme étant un des grands progrès dont jouira

l'humanité de demain, et qui ne serait, ainsi compris, rien moins que conforme à la loi du minimum d'efforts pour le maximum d'effets utiles. Le chômage, dans Tétat économique actuel, est l'indice du désordre et la cause des pires détreisses ouvrières.

Des mesures s'imposent, dans ces conditions et dans tous les pays dits industriels, pour redresser, d'une part, les anomalies déterminées par un politique sociale irréfléchie, faite d'expédients, pour hâter, d'autre part, l'avènement d'un régime plus régulier, mieux équilibré et dans des conditions dictées par l'étude sociologique énergétique.

Nous l'avons dit, la condition primordiale de tout avancement social réside dans l'application d'une politique productiviste la plus large possible et coordonnée de manière à réaliser une production qui, complétée par une répartition équitable, permette à tout travailleur de disposer d'un minimum de bien-être. Dès maintenant, lorsque l'ouvrier, pour des causes indépendantes de sa volonté, est en état de chômage, la collectivité a pour devoir d'intervenir et progressivement à concurrence de la garantie de ce minimum.

La condition complémentaire du progrès social requiert l'application du principe du capacitariat, grâce à des mesures qui le rendent obligatoire pour tous et suivant les aptitudes intellectuelles et physiques de chacun, en y comprenant les travailleurs temporairement en état de chômage. Il importe de soumettre ceux-ci à un capacitariat supplémentaire, approprié à leur métier ou à leur profession. Mais en raison des progrès que le capacitariat fait réaliser dans la production, en y introduisant l'usage de plus en plus large des machines et autres outils perfectionnés, il devient par là même une nouvelle source de chômage. N'est-il pas rationnel dès lors, et une fois de plus, que la collectivité se décide à intervenir au profit des chômeurs ?

Dans la phase actuelle de la production, la garantie du droit à l'existence, en cas de chômage, n'est rien moins qu'une mesure de réparation, susceptible d'éviter à l'ouvrier d'injustes souffrances. Les causes économiques qui peuvent déterminer le chômage involontaire sont nombreuses et variées. S'il en est qui n'ont que des rapports éloignés avec les facteurs envisagés par le principe du chômage-capacitariat, on peut néanmoins les rattacher en général au désordre qui subsiste dans la production et qui intéresse fondamentalement le principe précité. L'élaboration de mesures susceptibles de parer aux inconvénients provoqués par le chômage doit raisonnablement intéresser tous les cas relevant d'une cause d'ordre économique et qui se reproduisent en dehors de la volonté des intéressés.

Dans la phase future, sous im régime social et économique perfectionné, le chômage doit prendre un autre caractère, qui fait de lui

un des facteurs essentiels du bien-être. Il devient un droit, auquel se juxtapose le. droit à l'existence, s'exprimant par une réduction de plus en plus grande du travail obligé, à mesure que se développent et se perfectionnent les moyens de production et, partant, la production elle-même. De telle façon que la formule idéale qui correspondrait à l'organisation sociale la plus parfaite devrait être cellle de Solvay (1), qui dit : « Le temps économisé dans le travail de la production intégrale, grâce à l'intervention de l'homme capable et à l'usage des machines, doit être intégralement consacré à l'instruction capacitaire productrice intégrale, mais ne doit pas. être perdu, dissipé : pour chaque homme qui devrait être supprimé pour cause d'amélioration réalisée dans le roulement courant de la production intégrale existante, il faut qu'un autre homme, qui devrait y entrer pour cause de son accroissement, soit caj^acitarié en vue d'une production quelconque ou serve à en capacitarier d'autres ».

La production intégrale pourrait, dans ces conditions, être accrue, sans qu'il faille y consacrer un plus grand nombre d'hommes, et il serait créé de nouvelles capacités susceptibles d'augmenter encore, en quantité en en qualité, la production existante. Il arrivera ainsi un moment où le nombre d'hommes requis par la production dépasse le nombre nécessaire. De mieux en mieux, le temps économisé dans la production intégrale peut être employé d'abord au capacitariat, puis à raccroissement du repos et de la distraction normale des travailleurs. Ge serait le régime idéal, à la faveur duquel la durée du travail obligé serait la plus réduite, l'excédent de travail étant remplacé par le repos ou toutes occupations susceptibles d'engendrer le bien-être.

Une politique sociale positive, qui s'inspirerait des vérités formulées par le principe du chômage-capacitariat, de manière à tendre vers une production maximum, devrait, en conclusion, comporter l'adoption des mesures ci-après, proposées par Solvay (2) :

i. Tout enfant recevra l'instruction primaire, efficace, positive, dirigée autant que possible dans le sens de ses facultés naturelles, propre à développer son esprit de volonté et d'action et capable ainsi de l'aider à se procurer la meilleure existence.

2. Il sera créé une instruction capacitaire spéciale répondant aux besoins professionnels des communes, des provinces, du pays et de l'étranger.

3. Il sera créé des bourses du travail communales, des bourses du

(1) E. Solvay. Etude sur le progrès économique et la morale sociale, p. 61. 0ans : Questions d'Energétique sociale. (1894-1910).

(2) E. Solvay. Préface aux Princives d'orientation sociale, p. 14. Actualités sociales, n® 1. — Institut Solvay, 1904.

travail provinciales et une bourse du travail nationale, qui se tiendront en rapport les unes avec les autres et renseigneront los intéressés sur le marché du travail général du pays et de l'étranger.

'\. Les valides indigents, adultes et bien doués, involontairement inoccupés pour un certain temps et inscrits à leurs bourses du travail, recevront l'instruction capacitaire.

5. Au nombre des valides âgés ou peu doués, renseignés par les bourses du travail comme involontairement inoccupés pour un certain temps, correspondra un même nombre d'adultes indigents bien doués, renseignés par elles comme ayant pour un certain temps de l'occupation, auxquels on donnera l'instruction capacitaire, l'occupation qui devait aller aux derniers étant alors transmise aux premiers.

6. Tout indigent, inscrit à sa bourse du travail communale, n'ayant pas encore terminé son instruction primaire, ou recevant l'instruction capacitaire, ou invalide, ou valide involontairement inoccupé, aura droit au nécessaire pour vivre.

7. Si les bourses du travail renseignent que l'occupation fait couramment défaut dans le pays, les inoccupés qui le réclameront, seront gratuitement dirigés vers les endroits de l'étranger oij l'occupation existe ou vers ceux où elle peut se créer, et, dans ce dernier cas, il sera fait le nécessaire pour favoriser cette création.

En résumé, le principe du chômage-capacitariat requiert en ordre principal, l'organisation effective du droit à l'existence, au pirofît de tous ceux qui participent, soit par leur travail, soit par leur intelligence à la production. Il comporte en outre l'organisation du capacitariat, primaire et technique, de l'orientation professionnelle, de Tassurance contre le chômage et du placement des travailleurs.

Chacun de ces problèmes peut d'ailleurs soulever des questions connexes qu'il est également opportun de résoudre, par application du même principe. Au capacitariat technique se rattache l'étude du contrat d'apprentissage ; au placement des travailleurs celle de la réglementation des bureaux payants, à l'orientation professionnelle r-olle de la sélection préalable des aptitudes. Et nous considérons ces diverses mesures mises en application ooncomitanmient avec celles que requiert le principe productiviste, comme représentant les formules fondamentales de la politique sociale proprement dite.

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