‹ Principes de psychologieChapitre 12 sur 76 · INDUCTION · texte numérisé non relu

INDUCTION

est * ^ semblable

ou est

est

* semblabli) . ,

en

: > semblable ^ *

Clajise.

Sous-clas»e.

ladtTiJn.

Individu.

Sooi-classe.

VB

Classe.

On peut donner de chacun un exemple : — Comme est le rapport généralement observé entre des corps vivants et des germes féconds^ tel est le rapport entre ces infusoires et des germes fécondés, ou le rapport entre cet entozoaire et un germe fécondé. Et vice versa : — Comme est le rapport observé entre le développement de cette plante et sa transition d'une structure homogène à une structure hétérogène, ou comme est le rapport observé entre le développement de ces animaux et leur transition d'une structure homogène à une structure hétérogène , tel est le rapport général dans tous les organismes entre le développement et la transition d'une structure homogène à une structure hétérogène.

11 est bon de noter quelques critiques qu'on peut adresser a cette doctrine. Dans la formule du procédé inductif, comme dans l'exemple qui Téclaircit, j'ai introduit pour mieux compléter l'antithèse, la généralisation d'une classe entière de cas fondés sur l'observation d'un seul cas, généralisation qui semble manifestement illégitime. A celte objection, il y a deux réponses : !• Il faut se rappeler que notre sujet immédiat c'est non pas la logique, mais la nature du procédé de l'esprit, quand il raisonne : et si, comme on ne le niera pas, bien des gens ont l'habitude de fonder une conclusion générale sur un seul exemple ; si, comme il faut bien radoae\.\.t^^V^

procédé mental par lequel ils vont des données à la conclusion est le même, que les données soient suffisantes ou insuffisantes, alors une explication générale de ce procédé mental doit proprement renfermer des exemples de cette sorte. 9* Un grand nombre de cas rendent ces sortes d'inductions parfaitement légitimes. S'il a été démontré d'un triangle équilatéral particulier qu'il a ses angles égaux, on en infère immédiatement que tous les triangles équilatéraux sont équiangles, et il y a en mathématique d'innombrables vérités générales qui sont atteintes de cette manière. Par suite donc, une formule de l'induction non-seulement peut^ mais doU renfermer Tinférence du particulier à l'universel.

Une autre critique qu'on pourra peut-être faire, c'est qu'en donnant comme spécimen de déduction cet argument : que les infusoires ont des germes fécondés parce que les corps vivants en ont en général, on a donné de ce procédé un échantillon très-contestable, comme cela est prouvé par ce fait, qu'il y a encore beaucoup de gens qui rejettent cette inférence. J'y répondrai également de deux manières : !<" II est hors de doute que la majorité des déductions qui guident la vie journalière» sont de cet ordre imparfait : par suite, valables ou non, elles ne peuvent être exclues d'une étude du procédé déductif. 2® J'ai choisi un cas où la conclusion est exposée au doute, pour montrer que dans tous les cas de raisonnement contingent, le rapport inconnu [affirmé ne peut jamais posséder rien de plus qu'un haut degré de probabilité , un degré proportionné à la fréquence et à l'uniformité des expériences.

Cette doctrine est, je le sais, tout à fait en désaccord avec celle soutenue par beaucoup de logiciens, et spécialement par sir William Hamilton (qui, sans s'inquiéter de distinguer entre le contingent et le nécessaire), soutient que non-seulement il y a des déductions et des inductions où la conclusion est absolument nécessitée par les prémisses, mais que toutes les autres déductions et inductions sont extralogiques. Pour discuter à fond cette question, il faudrait sortir de notre su-

jet. Nous nou8 bornerons à quelques courtes critiques, suffisantes pour défendre la doctrine contraire. Parmi les objections générales à adresser à Targument général de sir William Hamilton (Y. Discussions^ p. 156 à 166], on peut remarquer qu'il emploie le mot même au lieu de semblable^ de cette manière ambiguë dont on a parlé dans le précédent chapitre. De plus, il emploie les mots tout et partie (pour désigner une classe logique et les individus qui la constituent], de façon à impliquer qu'en pensant à un tout, nous pensons nettement à toutes les parties contenues : assomption qui est tout à fait en désaccord avec les faits. Personne, en disant que parce que tous les hommes sont mortels, cet homme est mortel^ ne conçoit le tout^ a tous les hommes r> d'une manière complètement circonscrite. Sa conception ne répond ni au tout objectif (tous les hommes qui existent et ont existé) ni au tout subjectif (tous les hommes qu'il a vus ou dont il a entendu (Parler) , car il lui serait impossible de se le rappeler. Et cependant, à moins que le tout-logiquene soit conçu d'une manière déterminée, la doctrine de sir William Hamilton est insoutenable : car la déduction parfaite et l'induction parfaite qui sont seules pour lui l'objet de la logique, impliquent des tous qui sont connus par « énumération actuelle ou présumée de toutes les parties. » Ensuite, considérons les résultats qui découlent de cette distinction que fait Hamilton entre la logique et l'extralogique. « D'autres logiciens, dit-il, ont divisé l'induction en parfaite et imparfaite^ selon que le tout conclu est inféré de toutes les parties constituantes ou de quelques-unes seulement. » Cela constitue, à ses yeux, « une double absurdité, » et il affirme qu'il n'y a qu'une induction logique, celle qui infère le tout, d'une énumération complète. Maintenant, si cela est, voici la question qui se pose : Quelle est la nature de cette induction dite imparfaite qui tire un tout de quelques^ unes seulement des parties constitutives ? Hamilton dit qu'elle est illogique. Cependant elle constitue une espèce de raisonnement; une espèce qui nous sert à tirer Vioxvsieu^^ xcl^Y^t^^ i II. Vi

de DOS conclusions et à les bien tirer. Par suite donc^ il y a deux espèces d'induction (comme de déduction), l'une que la science du raisonnement reconnaît , l'autre qu'elle ignore. Cela est bien étonnant, mais le devient bien plus encore si l'on considère la nature essentielle de la différence qui, d'après cette hypothèse, existe entre la logique et l'extralogique. Si» procédant par l'induction dite imparfaite, j'infère des nombreux exemples où j'ai vu des papillons nattre de chenilles que tous les papillons naissent d'une chenille, il est clair que rinférence contient des faits innombrables que je n'ai jamais connus directement : car d'un petit nombre de phénomènes connus, je conclus à une infinité de phénomènes inconnus. Si^ d'autre part, je procède par l'induction dite parfaite, qui ne me permet d'affirmer du tout que ce que j'ai précédemment observé dans chaque partie, et qui par conséquent n'admet pas comme logique la conclusion que tous les papillons naissent de chenilles, alors je dois dire que, comme chaque papillon (que j'ai observé) se produit ainsi^-Ia totalité des papillons (que j'ai observés) naît ainsi. Il est clair que cette prétendue conclusion ne contient que ce qui a été précédemment affirmé dans la prémisse ; elle collige simplement, sous le mot totalité, les faits séparés indiqués par le mot chaque ; elle ne prédit rien d'inconnu antérieurement. Il y a donc ici deux espèces de procédé mental : l'un de quelque chose de connu tire quelque chose d'inconnu ; l'autre de quelque chose de connu ne tire rien d'inconnu. Cependant on les appelle tous deux des raisonnements , le dernier logique, le premier extralogique. Cette classification me parait impossible. Je suis d'accord avec sir William Hamilton pour considérer comme absurde d'appeler /ojtçwe* ces deux modes d'induction, mais cela pour des raisons exactement contraires aux siennes: car je pense que ce qu'il appelle induction parfaite n'est pas un raisonnement du tout, mais simplement une manière indirecte de définir des mots. Tout raisonnement quelconque, inductif ou déductif, consiste à atteindre l'inconnu

par le moyen du connu ; et là où Ton n'atteint rien d'inconnu, il n'y a pas de raisonnement. Poser des prémisses et tirer une conclusion est un procédé complètement superflu» si le fait que la conclusion affirme est déjà donné dans l'expérience. Supposons que j'aie remarqué que A, B, C, D, E, F, etc., possèdent chacun un attribut donné : dois-je par une prétendue induction les grouper tous ensemble comme possédant le même attribut, pour être subséquemment en état par une prétendue déduction d'inférer que E ou F la possède ? Certainement non. Par hypothèse, je sais déjà que E et F la possèdent, et le sachant par une perception passée, je n^ai pas besoin d'inférence pour Tatteindre. Cependant, ce mouvement ascendant des parties constitutives connues au tout constitué, est tout ce que Hamilton reconnaît pour une induction logique , tandis que le mouvement descendant du tout constitué à chaque» quelques» ou une partie constitutive, est la seule déduction qu'il admette comme logique. Et ainsi^ en s'efforçant d'établir des formes logiques nécessaires, il nous donne des formes que l'intelligence n'emploie, ne peut même jamais justement employer.

Revenons de cette digression, indispensable pour répondre à certaines objections qui auraient pu être faites. Il faut remarquer que le procédé inductif , tel qu'on l'a formulé cidessus, s'applique également à l'établissement des rapports les plus simples entre de simples propriétés^ et aux rapports les plus complexes entre des groupes de propriétés et des groupes d'objets. Il est maintenant habituellement admis que le procédé par lequel l'enfant atteint cette généralisation, que toutes les surfaces à réflexion brillante sont douces au toucher, est semblable dans son fond au procédé par lequel le physiologiste atteint cette généralisation, que, toutes autres choses égales, la température de chaque espèce animale est proportionnée à l'activité de sa respiration. Entre ces inductions primitives et inconscientes, sur lesquelles sont basées ces inductions à peine plus conscientes qui guident à ch&o^^ ^

84 ANALYSE SPÉCÎALK.

instEDl DOS mouvements^ et ces dernières inductions que le physicien habile est seul apte à tirer, il y a, pour former la transition, une série dont les membres diffèrent, en partie par suite de la rareté comparative avec laquelle les rapports se présentent à notre observation, en partie par suite de la complexité croissante des termes entre lesquels subsistent les rapports, en partie par suite de la complexité croissante des rapports eux-mêmes. Mais, dans toute la série, l'acte essentiel est la connaissance d*une ressemblance entre certains rapports observés et certains rapports non observés ; et la légitimité de cette connaissance varie quelquefois selon le rapport numérique entre les rapports observés et les rapports non observés , quelquefois selon la simplicité de leur nature, quelquefois selon leur analogie avec des rapports établis, quelquefois selon tout cela.

Il serait déplacé de considérer ici, en détail, sous quelles conditions Tinférence iiiductive est valide. Nous n'avons maintenant qu'à examiner la nature de l'acte mental par lequel on atteint une telle inférence et qui reste le même, que les data soient complets ou non. Le reste fait partie du domaine de la logique inductive. La seule remarque qu'il y ait encore à ajouter, c'est que (si l'on exclut les inductions mathématiques dont il a été question ci-dessus), quand les rapports observés sont très-peu nombreux, ou quand les termes entre lesquels ils subsistent diffèrent considérablement des termes classés avec eux, ou bien dans ces deux cas, notre connaissance porte le nom d*bypothèse. Soit l'exemple suivant^ emprunté à une question récemment débattue :

(Ce monde) a\ f K (^'^^^^^^ "^^û^«» • <Viéi(pien-

I est Bemblablei ^^' beaucoup ou tous)

(coexiste avec) l \ | • (coexistent avec)

(des habitante). b ] f g Wes habitants).

Il est clair que, quoique cela ressemble par la forme à un raisonnement inductif, la présomption que les rapports sont

semblables n'est pas forte, et Ton ne peut réclamer pour cette inférence qu'une probabilité. Si maintenant les ressemblances entre les termes des rapports cpnnus et des rapports inconnus étaient plus complètes, si tous les autres mondes étaient physiquement semblables aux nôtres dans toutes leurs particula* rites, alors l'hypothèse croîtrait en probabilité; enfin, si nous savions qu'il y a des centaines^ des milliers, des centaines de mille de ces mondes semblables, qui sont habités^ alors la conclusion qu'ils sont tous habités deviendrait une induction ordinaire, approcherait en validité de l'induction qui, de la mortalité de tous les hommes connus^ conclut à la mortalité de tous les hommes. Cette manière de présenter les faits montre manifestement, non-seulement, comme nous le savons tous, que l'hypothèse doit précéder l'induction, mais de plus que toute hypothèse est une induction à l'état naissant, en état de se développer si elle a pour elle des faits semblables, destinée à périr s'il n'y en a pas.

§ 301. Aux deux modes précédents de raisonnement qualitatif imparfait (celui qui va du général au particulier^ celui qui va du particulier au général), ily a à ajouter un troisième mode^ celui que M. Mill a appelé raisonnement du particulier au particulier. Celui-ci, quand on le considère sous tous ses aspects^ est l'espèce primitive de raisonnement. C'est à lui qu'on peut ramener et la déduction et l'induction, en diminuant continuellement le nombre des faits affirmés ou observés. C'est lui qui est à moitié route entre elles^ comme la commune racine d'où toutes deux partent. C'est lui qui se montre habituellement chez les enfants et les animaux supérieurs, et c'est en lui que nous trouvons la comparaison des rapports réduite à sa forme la plus simple. Dans tous les exemples de raisonnement qualitatif imparfait donnés jusqu'ici, ou bien il y avait plusieurs rapports connus servant de data, ou bien plusieurs rapports inconnus affirmés, ou bien les deux. Mais, dans ce raisonnemeni primitif, les rapports servant de prémisses, comme les rapports vntètfe^^ ?>ciw\. %\uï^\i.-

Iters. L'acte mental est une intuition de la ressemblance (ou de la différence) d'un rapport *à un autre rapport. L'enfant qui s'est brûlé et qui, ayant éprouvé une fois la liaison de l'impression visuelle du feu avec la sensation douloureuse que le feu produit sur la peau, ayant mis sa main près du feu, la retire , est possédé mentalement par la représentation d'un rapport entre le feu et une brûlure, en tout semblable au rapport précédemment perçu. Il pense que le rapport futur sera une répétition du rapport passé. Il voit ou, plus eiactement, il présume que les deux rapports sont semblables. Dans ce raisonnement rudimentaire, le plus simple et le plus imparfait de tous, nous pouvons voir clairement que la chose rappelée, qui tient lieu de prémisses, est un rapport; que la chose conçue, qui tient lieu d'inférence, est un rapport; que la présentation d'un terme de ce rapport inféré (le feu] est suivie de la représentation de son autre terme (brûlure) ; que le rapport ainsi conçu ne l'est que parce qu'il y a une expérience passée du rapport entre le feu et la brûlure; et que, par suite, en vertu même des conditions de son cri* gine, le nouveau rapport est conçu comme semblable à un rapport antérieurement connu. Et il est clair que les expériences se multiplient; qu'au lieu d'un rapport connu et d'un rapport inconnu^ il y a beaucoup de Tun et de l'autre; qu'ainsi naissent la déduction et l'induction, mais que l'acte de la pensée par lequel est atteinte la conclusion doit toujours au fond rester semblable.

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