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CHAPITRE XII

DK LA PERCEPTION DU CORPS COMME PRÉSENTANT DES ATTRIBUTS STATICO-DYNAMIQUES ET STATIQUES.

§ 321. Si nous imagiDOQS un être humain dépourvu de rouie, de la vue, du goût, de Todorat, du sens de la température, et n'ayant pour recevoir les impressions du monde externe d^autre canal que les sens tactile et musculaire, les seuls attributs des corps qu'il pourra connaître seront les attributs statico'dynamiques et statiques. Toute la connaissance qu'il peut acquérir des choses en les touchant, palpant, tirant avec force, grattant, en remuant soit ses membres, soit son corps, soit les deux, à leur contact, vient se ranger sous ces deux chefs : Tun comprenant ces connaissances acquises par une activité qui vient de nous et une réactivité qui vient des choses ; l'autre comprenant les connaissances acquises d'une manière indépendante par notre activité interne, en réunissant certaines impressions reçues, — connaissances par rapport auxquelles les choses en elles-mêmes sont tout à fait passives.

Ordinairement ces attributs statico-dynamiques et statiques des corps se présentent à la conscience dans une intime union. Si nous palpons un objet dans l'obscurité, à des perceptions plus ou moins définies de sa mollesse, de son poli, de son élasticité, etc., se joignent des perceptions plus ou moins définies de sa position, sa figure et sa forme. Ces deux classes de perceptions peuvent s'accompagner à divers degrés et d'une manière plus ou moins complète; mais quelque connexion entre elles est invariable. Comme on le verra plus tard, on peut se demander si primordialement elles sont perçues dans ce rapport; mais, sans aucun doute, chez l'homov^ ^ixxVVfc^

toutes les résistances tactiles sont invariablement connues comme coexistant avec quelque étendue ; et toutes les étendues tactiles sont invariablement connues comme coexistant avec quelque résistance.

Pour continuer la méthode suivie jusqu'ici, nous avons à analyser maintenant dans sa totalité Tune des perceptions tactiles complexes. Et de même que, dans le dernier chapitre, nous dirigions principalement notre attention sur une certaine classe contingente d'attributs et sur leurs rapports avec les attributs essentiels, pour ne plus avoir à nous en occuper plus tard, de même aussi il vaudra mieux ici traiter plus spécialement des attributs de résistance, de sorte qu'ayant examiné de quelle manière nous les percevons eux et leurs rapports avec les attributs d'étendue^ nous puissions procéder à examiner en eux-mêmes les attributs d'étendue.

§ 322. Examinons d'abord pourquoi ces attributs de résistance qui ont été appelés secondo-primaires sont plus convenablement appelés statico-dynamiques. Ils sont tous connus comme manifestation d'une force mécanique. lis sont tous, considérés en eux-mêmes, les résultats d'une attraction, d'une répulsion, ou de cette propriété du corps en vertu de laquelle sa réaction sur l'agent qui le trouble varie comme la quantité de mouvement que cet agent lui a communiquée ^ Ce sont des attributs du corps impliqués et dans son repos et dans son action. Cette capacité qu'a la matière de retenir passivement, tant qu'on ne la trouble pas, sa figure, sa forme et sa position,

* J*emp1oie cette lourde circonlocution pour éviter un défaut d'inexactitude. Parmi tes sources physiquement considérées des attributs secondo-primaires, tir William Hamilton compte Vinertie» Mais Tinerlie n'est pas une Torce, c*e8t simplement la négation de Tactivité ; c'est un attribut non positif, mais purement négatif. C'est une croyance générale que la matière offre quelque opposition absolue à ce qui tend à la déplacer. Cela est faux. Olcz tout obstacle extrinsèque, tout frottement, tout milieu résistant, et une force infinitésimale produira uu mouvement : seulement le mouvement sera infinitésimal en conséquence de cette loi, que la vitesse varie eomme la force (la force imprimée) divisée par la masse. Si Tinerlic était une force, tous les calculs des astronomes relativement aux perturbations planétaires et autres semblables seraient erronés. Force d'inertie est un terme impropre.

(Note de Vauttur,)

peut être justement regardée comme statique; tandis que cette capacité qu'elle a d'opposer une force de réaction à toute force qui agit sur elle, doit être considérée comme dynamique : et le fait que ces capacités ne peuvent être dissociées, mais ne sont que deux aspects de la même capacité, est exprimé par Tunion des deux termes qui les décrivent. La dualité d'aspect demande une dualité dans les termes. Ajoutez à cela que si nous appelons dynamiques ces attributs par rapport auxquels le sujet est passif et Tobjet actif; si nous appelons statiques ces attributs par rapport auxquels le sujet est actif et l'objet passif, alors nous devons appeler slatico-dynamiques ceux par rapport auxquels le sujet et Tobjet sont tous deux actifs. Ces attributs qui ont pour élément commun quelque mani« festation de la force mécanique^ et qui nous sont connus chacun par des impressions dont la résistance est l'élément essentiel, sont plus nombreux qu*on ne le supposerait. La résistance que les objets opposent à la force qui tend à les élever, — c'està-dire leur poids, — ne donne naissance qu'aux deux attributs de lourd et de léger qui indiquent simplement certaines quantités relatives de la force de pesanteur. Mais la résistance que les objets opposent à la compression ou à l'extension^ offre des distinctions non-seulement sous le rapport de la quantité, mais sous le rapport de l'espèce. Parmi les corps dont la résistance offre divers modes aussi bien que divers degrés, nous rencontrons le dur et le mou^ le solide et le fluide^ le visqueux et le friable, le résistant et le fragile, le rigide et le flexible, le fendable et Vinfendable^ le ductile et Vinductile^ le rétractile et Virrétractihy le compressible et l'incompressible^ Yélastique et le non élastique^ etc. (en se combinant avec la figure), le rude et le doux *. Dans les couples que forment ces qualités, quel-

* C'est là avec quelques exceptions la classiûcation d*Hamilton. Je ne peux cepeDdant pas séparer, conome il essaie de le faire, les attributs qui, physiquement considérés, impliquent attraction atomique (comme le rétraciilc) de ceux qui impliquent répulsion atomique (comme Télastique), parce qu'eu réalité, chacun implique les deux. De même que dans un corps en repos il y a équilibre entre les attractions et répulsions moléculaires, de même aucun atome dans un cor(is ne ^^V II. VV

ques-UDs sont purement relatifs, sont simplement des degrés d'une même qualité. Cela est manifeste pour le dur et le mou^ le solide et le fluide, le compressible et V incompressible. Mais il y en a d*autres^ comme le ductile et Vinductile, qui ne sont pas unis par d'insensibles gradations

§ 323. Pour déterminer de quelle manière nous percevons ces attributs^ il est nécessaire de considérer d'abord les diverses sensations distinctes qui résultent de l'action directe d'un corps sur nous, puis celles qui accompagnent notre action directe sur un corps. Il y a deux sortes de sensations par rapport auxquelles le corps est actif et nous passifs, et deux par rapport auxquelles nous sommes actifs et le corps passif. Celles qu'on peut considérer comme d'origine objective sont les sensations de toucher et de pression; celles qui ont une origine subjective sont les sensations de tension musculaire et de mouvement musculaire. Examinons-les successivement.

Quand un de nos doigts est mis très-légèrement en contact avec quelque chose, quand une mouche se pose sur notre front, ou qu'un cheveu entre dans notre bouche, nous avons la sensation de toucher proprement dit. Cette sensation est indécomposable, elle n'est accompagnée d'aucune sensation de pression : et quoiqu'on l'attribue toujours à quelque objet capable d'exercer une résistance plus ou moins grande, nous ne pouvons dire proprement que la résistance est donnée dans la sensation. Quoique nous sachions que la sensation doit être causée par une force mécanique, ce n'est pas immédiatement mais médiatement que nous connaissons celle-ci. La force mécanique ne nous est immédiatement connaissable que quand elle s'oppose à notre action musculaire; et comme, dansée

être troublé par une force externe, sans que les forces attractives et répuUires entrent toutes deux en opposition active. En examinant la fracture d'un morceau de bois brisé transversalement, on verra qu'une partie de la surface porte des marques de tension, et l'autre de compression (dans le rapport d'environ 3/8 à 5/8); et la ligne qui sépare ces deux surfaces est appelée (( axe neutre. » Un corps ne peut manifester de la ductilité ou de la rétractilité sans être mis partiellement en état de compression, vu que la force qui doit les étendre ne peut s'appliquer k ce corps à moins que les parties ne subissent une compression. {Note de Vauieur.)

cas, Taction musculaire n'est pas provoquée, la force mécanique ne peut être qu'inférée •

Si nous posons la main ouverte sur une table et qu'on place un poids sur l'un des doigts, il en résulte une sensation de pression qu'on peut distinguer clairement de la précédente. Toutes deux sont si intimement mêlées dans la plupart de nos impressions tactiles, qu'il est difficile de les séparer. Mais si nous comparons la sensation de la mouche sur notre front avec celle causée par un poids sur le doigt, nous verrons bien qu'aucun accroissement dans l'intensité de l'une ne produira l'autre. On verra encore plus clairement que toutes deux diffèrent non en degré, mais en nature, si l'on se rappelle que la sensation de chatouillement que produit la continuité dans le toucher propre continu, est très-forte si le toucher est trèsléger, et que si le toucher devient plus rude la sensation de chatouillement cesse complètement et est remplacée par une autre. Si nous les opposons physiologiquement, nous pouvons présumer que la sensation de toucherpropre résulte d'une excitation des nerfs de la peau»tandis que celle de pression résulte des excitations des nerfs dans les tissus subjacents : par suite un contact très-léger n'affecte que les nerfs de la peau, tandis qu'un contact plus rude affecte les deux sortes de nerfs; en conséquence, quand on passe par degré d'un contact léger à un contact rude, la sensation qu'on éprouvait d'abord est masquée par une autre sensation qui se produit par gradations insensibles : et c'est de là que résulte la confusion habituelle des deux. Il reste aussi à faire remarquer que la sensation dépression, quoique souvent associée avec celle de tension musculaire, existe souvent à part, comme dans l'exemple ci-dessus, et comme dans l'expérience continuelle que nous avons de la pression de la surface qui supporte notre corps.

La sensation de tension musculaire est capable aussi d'exister indépendamment des autres. Élevons notre bras dans une position horizontale, tenons-le ainsi ou, mieux encore, faisons cela avec la jambe, nous éprouverons une sensation (\u\,l^\fet^M^<^

au début, deviendra maintenant insupportable. Si le membre est à nu et ne s'appuie sur rien, cette sensation n*est associée avec aucune autre ni de toucher ni de pression.

A la sensation qui accompagne la tension des muscles, s'allie celle qui accompagne Tacte de les contracter, c'est-à-dire la sensation de mouvement musculaire. On parlera plus tard des états de conscience qu'amène le mouvement musculaire, et des idées de temps et d'espace qui s'y rattachent dans l'esprit de l'adulte. Pour le moment, il suffît de remarquer que des muscles d'un membre en repos ne naît aucune sensation^ taudis que des muscles d'un membre en état d'entorse continu, nait une sensation continue qui reste uniforme pendant un temps considérable ; des muscles d'un membre en mouvement nait une sensation qui subit toujours quelque accroissement ou décroissement ou changement de position.

Les diverses sensations que nous venons de distinguer, et plus particulièrement les trois dernières, sont celles qui, en se combinant à divers degrés et selon divers rapports, constituent nos perceptions des attributs statico-dynamiques du corps. Considérons quclques-unes.de ces perceptions ainsi constituées.

§ 324. Quand nous exprimons l'expérience immédiate que nous avons d'un corps en disaut qu'il est dur, quelle expérience implique ce mot? D'abord une sensation de pression d'une intensité considérable ; et si, comme dans la plupart des cas, cette sensation de pression est perçue par un doigt qu'on promène volontairement sur l'objet^ alors on sent simultanément une forte sensation correspondante de tension musculaire. Mais ce n'est pas tout^ car les sensations de pression et de tension musculaires peuvent être données par des corps que nous appelons mous^ pourvu que le doigt qui les presse suive leur surface d'aussi près que cela se peut. En quoi consiste la diiférence des perceptions? En ceci : quand on presse un corps mou en redoublant de force, les sensations synchrokde pression croissante et de tension musculaire crois-

DE LA PERCEPTION Dt: CORPS, ETC. 165

gante sont accompagnées de sensations de mouvement musculaire; au contraire, quand on presse un corps dur en redoublant de force, ces sensations de pression et tension croissantes ne sont pas accompagnées de sensations de mouvements musculaires. Ainsi donc, considérée en elle-même, la perception de mollesse peut se définir : L'établissement dans la conscience d'un rapport de simultanéité entre trois séries de sensations, une série de sensations croissantes de pression, une série de sensations croissantes de tension, une série de sensations de mouvement. Et la perception de dureté est la même avec omission de la dernière série. Comme^ cependant, dureté et mollesse sont des noms pour différents degrés d'un même attribut, on doit entendre ces définitions dans un sens relatif.

Prenons maintenant l'attribut d'élasticité tel qu'on le trouve dans la gomme élastique, par exemple. La perception de ce corps implique évidemment à titre d'élément constitutif la perception de mollesse, mais il implique quelque chose de plus. Quand on promène le doigt sur quelque corps mou, mais non élastique, comme de l'argile humide, les trois séries simultanées de sensation, pression^ tension, mouvement, sont suivies (quand le doigt se retire) de sensations de mouvement seulement: mais quand on agit sur un morceau de caoutchouc, ces trois séries simultanées de sensations sont suivies de trois autres séries dans Tordre inverse. Le caoutchouc suit le doigt qui se retire, en donnant une série décroissante de sensations de pression et une série décroissante de sensations de tension. Ainsi la perception d'élasticité peut se dé6nir: L'établissement dans la conscience d'un rapport de séquence entre le groupe de sensations coordonnées qui constituent la perception de mollesse, et un certain autre groupe de sensations coordonnées semblables en espèce, mais opposées en ordre.

Les perceptions de rude et de doux se rapportant, non au degré ou à l'espèce de la cohésion subsistante entre les çat\Afô^

d*uD corps, mais à la qualité de la surface^ n'ont que peu de chose commun avec le précédent. Le mouvement par lequel on acquiert Tune ou Tautre de ces perceptions ne se produit pas selon la même ligne que la pression, mais à angle droit avec elle. Les sensations concomitantes de pression ou de toucher propre, ne forment pas une série soit croissante^ soit décroissante, mais elles sont ou uniformes (comme quand on perçoit le poli) ou régulièrement variées (comme quand on perçoit le rude). La perception de poli consiste donc dans rétablissement dans la conscience d*un rapport de simultanéité entre une série spéciale de sensations de mouvement et une sensation uniforme de toucher propre, ou de pression, ou des deux. Dans la perception de rude, au contraire, les môoies sensations nous sont données comme simultanées avec une série non uniforme de sensations de toucher, pression, ou des deux.

Il serait aussi inutile que fastidieux d'analyser ainsi nos perceptions de tous les attributs statico-dynamiques ci-dessus énumérés. Ce qui a été dit rend suffisamment manifeste que la plupart consistent dans rétablissement de rapports de simultanéité ou de séquence entre nos sensations de toucher^ pression, tension et ny)uvement , lesquelles sont éprouvées comme croissantes, décroissantes ou uniformes, et comme combinées à divers degrés et de diverses manières. Et c'est tout ce qu'il nous importe de connaître ici.

§ 325. Passons de ces analyses préliminaires au sujet général du chapitre : — la perception des corps comme présentant des attributs statiques et statico-dynamiques ou, en d'autres termes, — la perception des corps telle qu'elle s'obtient par les seuls organes du toucher et du mouvement. Nous trouvons qu'elle se compose des éléments qui suivent : des rapports entre un sujet et un objet, de coexistence dans le temps et contiguïté dans l'espace ; des impressions combinées qui constituent nos idées de grandeur et de forme plus ou moins déterminées ; des impressions comprises dans nos idées de sur-

face ; de celles comprises dans nos idées de texture ; enfin des autres nombreuses impressions que représentent les termes ductilité, flexibilité, élasticité, etc, — tout cela rapporté à une seule place dans Tespace et le temps. Sans nous arrêter à ces divers éléments constitutifs de la perception, qui en une certaine mesure ont été décrits incidemment dans le dernier chapitre, il nous reste à déterminer d'une manière plus précise qu'auparavant le mode d'union qui subsiste entre eux. Lorsque dans les ténèbres un choc accidentel nous révèle la présence de quelque objet, nous éprouvons en même temps certaines sensations inattendues de pression et tension musculaire et une conception plus ou moins vague de quelque chose d'étendu: et, comme on l'a expliqué précédemment, ce rapport de coexistence entre l'étendue et la résistance est inconditionnel , est complètement indépendant et de la volonté du sujet et de la qualité de l'objet. Hais si l'on veut eort' naître la nature de l'objet, alors il faut que le sujet provoque en lui une réaction par certaines actions appropriées. Il faut que les sensations qu'il nous donne nous soient connues commes produites à la suite de certaines sensations que nous produisons nous-mêmes. Il faut qu'il y ait des espèces particulières de volitions ainsi que les changements particuliers d'état interne qui les suivent, avant qu'on puisse recevoir les changements qui résultent d'impressions externes. Il est vrai que quelques-uns des attributs de résistance, comme la dureté et la mollesse, d'ordinaire nous sont involontairement connus dans l'acte du choc: cependant, cela n'est pas nécessaire, TU que quand nous marchons en étendant les mains^ le plus léger contact suffit pour nous prouver qu'il y a quelque chose^ avant cependant que nous puissions rien savoir de sa nature* Mais pour déterminer si le corps est rude ou doux, ductile ou non ductile, etc., cela présuppose manifestement des modes compliqués d'activité subjective, et les modifications de la conscience qui les accompagnent doivent devenir des élé- . ments essentiels des perceptions. En conséquence un attribut ^

statico-dynamique est perçu par l'union dHmpressions déterminées intérieurement avec des impressions déterminées extérieurement, lequel groupe combiné d'impressions est connu comme étant le résultat de ces impressions déterminées inté* rieurement qui constituent la volition.

La définition totale de la perception d'un corps considéré comme présentant des attributs statiques et statico-dynamiques est donc : — Un état de conscience composé, ayant pour éléments préliminaires les impressions de résistance et d'étendue unies d'une manière inconditionnelle entre elles et avec le sujet dans les rapports de coïncidence dans le temps et de contiguïté dans l'espace ; — ayant pour éléments secondaires les impressions de toucher, pression, tension et mouvement diversement unies ensemble dans des rapports de simultanéité et de séquence, dépendant la plupart conditionneUement de la nature de l'objet et des actes du sujet, et toutes conditionnellement unies avec les éléments primaires par des rapports de séquence ; — ayant enfin pour autres éléments secondaires certains rapports encore non définis (ils constituent les connaissances de grandeur et de forme qui seront analysées ci-après), qui sont aussi unis conditionneUement avec les éléments primaires et les autres éléments secondaires.

Tels sont les éléments de la perception. Il ne reste plus qu'à rappeler au lecteur que, comme on l'a montré au long dans le dernier chapitre, Yacte de la perception consiste à classer chacun de ces éléments avec les autres de son ordre. Aucun d'eux ne peut être connu par ce qu'il est, sans être assimilé aux attributs précédemment connus auxquels il ressemble. Et du classement de chaque impression avec des impressions semblables qu'on se rappelle, de chaque rapport avec des rapports semblables qu'on se rappelle, de chaque condition avec des conditions semblables qu'on se rappelle, résulte le classement de l'objet dans sa totalité, ce qui est synonyme avec la perception de cet objet.

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