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RAPPORT DB SÉQUENCE

§ 374. Ce dernier rapport qui nous reste n*est, comme on l'a dit dans le dernier chapitre, qu'un autre aspect du rapport fondamental qu'on y a examiné. La séquence est un changement; et un changement, tel que nous le connaissons, est la différence entre un état de conscience présent et un état passé. Si, d'une part, les deux termes d'un rapport de différence ne peuvent être connus sans un changement dans la conscience , d'autre part, il ne peut y avoir changement dans la conscience sans deux états ayant entre eux un rapport de différence. Le rapport indécomposable, fondamental^ doit avoir deux termes, deux états de conscience contigus. Si ces termes sont pensés en eux-mêmes^ ils doivent être pensés comme dissemblables, autrement ils constitueraient non deux états, mais un seul. S'ils sont pensés à titre d* états de eonscienee, ils doivent être pensés comme constituant une séquence, vu que la conscience ne peut être dans deux états à la fois. Le rapport ultime n'est donc rien de plus qu'un changement d'état dans la conscience; et nous l'appelons rapport de difiTérence ou rapport de séquence, selon que nous pensons au contraste entre l'état antérieur et l'état subséquent, ou bien à leur ordre.

Après qu'on a traduit ainsi chaque aspect de ce rapport fondamental dans les termes de l'autre aspect, on n'en peut rien dire de plus. Il dépasse l'analyse, comme le fait toute expérience primordiale^ — comme la sensation de rouge ou de chaud. Tout ce qu'on peut donc faire, c'est de diviser les rapports de séquence en leurs classes respectives, et de recber-

cher comment elles se distinguent Tune de Tautre dans la conscience. Le faire complètement n'est nullement aisé, et demanderait plus d'espace qu'on n'en peutdonner ici. Il suffira de décrire les principales distinctions, pour montrer leur harmonie avec les résultats généraux de l'analyse.

§ 375. 11 est as^ez clair que ce n'est pas la conscience de ces séquences elles-mêmes qui peut donner origine à ces distinctions. Pour une intelligence naissante, un rapport entre deux sensations qui répondent chacune à quelque cause et effet externe^ ne diffère point en nature du rapport «ntre deux sensations qui se succèdent fortuitement. Pour son «xpérienee^ naissante^ il n'y a pas là 4e différence : les deux rapports sont deux changements de conscience^ et rien de plus« Si dono on trouve plus tard que certains changements, certaines seqilbences diffèrent des autres en qualité, ce doit être en vertu de quelque propriété collatérale qui s'ajoute à la siiecessiofi elle-même, propriété collatérale que découvre l'expérience ultérieure. Quelle est celte propriété ?

La. comparaison d'un petit nombre 4e tas nous inditjaén la réponse à faire à cette question. Aprè& avoir entendu «n succession immédiate deux notes de tons 'différônts, on n'éprouve .pa& la moindre difficulté à faire traverser à ces notes^.ou plutôt aux idées de ces notes, la conscience daM-^ UQ ordre in verse« Après avoir entendu monter une quinte<au'> piano^ il est facile À l'esprit de se représenter les sons comme formant une. quinte descendante, c'est-à-dire que les 'étato de ^^onscience produits peuv^mt être facilement repensés lians un, ordre de séquence inverse. Non que les deux états dont^ l'ordre est ainsi changé volontairement soient entièrement-^ comme les états. .originaux. Quoiqu'ils sdent semblable» en nature, ils sont grandement dissemUables' en ^ intensité. Tandis que les états originaux, connu&denoudcommeâet» sensations de son, sont vifs, les deux idées doot^lasucoesBiov î peut être renversée, ne sont^ue de faibles Tépétitiontfrdë^'ced'^ sensaitions» Et c'est là ce qui distingua id'ùiioooexistMcel'uQ^'?

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