JUSTIFICATION NÉGATIVE DU RÉALISME
§ AOi. Les trois chapitres précédents renfermeot une vue générale de la position métaphysique. Nous avons vu que les noétaphysiciens procèdent en partant d'une hypothèse reconnue tacitement qu'ils ne se donnent pas la peine de justifier, et que d'ailleurs il n'est pas possible de justifier. Nous avons vu que les mots qu'ils emploient, tous sans exception, les trahissent, et que dans toute proposition qu'ils sont amenés à exprimer, ils expriment toujours fatalement quelque contreproposition. Nous avons également vu que les raisonnements construits sur ces propositions ne peuvent être employés pour établir ce qu'ils veulent établir^ mais qu'ils doivent prendre pour point d'appui justement ce qui est en discussion, et que par suite, le point d'appui enlevé, ces raisonnements restent sans force.
Dans un cas ordinaire, l'examen que nous avons fait^ menant à de tels résultats, pourrait être regardé comme suffisant. Ici, cependant, nous ne le considérons que comme une introduction. Il donne une esquisse préalable de l'argument analytique que nous allons aborder, et d'une manière encore plus vague de l'argument synthétique qui complète l'argument analytique. Ce dernier est une justification négative du réalisme, et l'argumeut synthétique est une justification positive du réalisme.
Par justification négative du réalisme, j'entends cette preuve que le réalisme repose sur une évidence ayant une plus grande validité que l'évidence sur laquelle repose toute hyço- M
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thèse contraire. Par une telle preuve, la croyance réaliste est justifiée négativement, c'est-à-dire qu'aucune croyance ne peut mieux se justifier.
Avant de procéder à une analyse dernière, nous ferons faire un pas à notre examen, en faisant une analyse approximative.