ARGUMENT TIRÉ DE LA CLARTE
(habituellement extrêmement partielle) ; il y a une représen tation du caractère affirmé, qui est commun à tous les membres de cette classe (de môme extrômement partielle), et il y a une représentation de l'une des classes comme comprise dans l'autre (représentation où on prend également quelques cas pour tenir lieu de tous les autres). Par suite, outre le fait que les éléments qui servent à former cette conscience complexe sont d'ordre peu clair, nous avons le fait que les groupes de ces éléments peu cluirs ne sont représentés que peu clairement comme groupes, et qu'on ne voit que peu clairement que les uns sont compris dans les autres.
Mais le manque de clarté des termes composant chaque induction de l'idéaliste^ est beaucoup plus grand qu'il ne parait à première vue. Car les classes de choses dont il se sert ne sont pas de simples représentations, mais des représentations de représentations. Si j'allègue quelque chose touchant les sensations, je n'ai pas simplement en vue un groupe particulier, comme les sons (auxquels, dans leur variété, je ne peux penser que très-incomplétement), ou un autre groupe» comme les couleurs (auxquelles, dans leur variété, je ne peux penser que d'une manière encore moins complète), ou les odeurs, ou les sensations de goût, ou celles de toucher seulement , mais bien à toutes ces classes nombreuses et hétérogènes de sensations. De sorte que, quand je forme ou quand j'accepte un jugement général sur les sensations, je ne fais que penser précipitamment aux idées indistinctes d'un petit nombre d'elles, en ajoutant à cette représentation fragmentaire une notion extrêmement vague de toutes les autres qu'on suppose être représentées; et ensuite, j'ai à observer, d'une manière également vague, que quelque caractère représenté (caractère qu'on dit appartenir à ces choses qu'on suppose représentées) appartient par suite à quelque groupe qu'on se représente, d'une manière également faible, comme un cas particulier de ces choses représentées.
De plus, nous n'avons pas même encore montré pleinement
combien est nébuleuse Taffinnation idéaliste, car chacune de ces propositions successives qui constituent le raisonnement de ridéaliste est exprimée par les signes que nous appelons les mots. Ces signes peuvent ou non être traduits par des pensées équivalentes. Dans beaucoup de cas, ils ne sont pas traduits, — les pensées équivalentes n'étant pas présentes à la conscience.
On reconnaît que les mots ont communément une certaine valeur, mais sans s'assurer si cette valeur est bien justifiable en fait : absolument comme on accepte et on fait circuler des chèques et des billets de banque, sans rechercher s'il y a des valeurs effectives qui puissent les couvrir. Bien souvent, ce n'est pas même une représentation indistincte, ou une rereprésentation que Von décrit, mais seulement une représentation symbolique de cette re-représen talion !
§412. Voyons maintenant le contraste. Si nous supposons que les verdicts de conscience qui conduisent respectivement au réalisme et à l'idéalisme sont d'ailleurs semblables dans leurs degrés de validité, il y aura encore ce fait': que, le verdict réaliste étant donné en termes de la plus haute clarté, tandis que le verdict idéaliste est donné en termes de l'obsc. rite la plus grande, ce verdict idéaliste ne peut être accepté sans supposer par là môme que les choses sont d'autant plus certaines qu'elles sont perçues plus faiblement.