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PSYCHOLOGIE SPÉCIALE

§ 476. Les divibioDS antérieures de cet ouvrage ont roulé sur les principes de la psychologie , considérée comme la science de l'esprit en général. Quoique de nombreux faits spéciaux aient été cités^ et que des exemples aient été donnés, tirés tantôt des phénomènes spirituels observés dans Tanimalité, tantôt de ceux que l'homme manifeste^ cependant notre but constant a été d'établir des vérités d'application universelle, de formuler des lois de l'activité psychique en général, sans considérer les formes particulières qu'elle revêt dans telle ou telle espèce, selon que telle ou telle faculté entre en jeu.

Mais, le champ de la psychologie générale une fois exploré, le champ bien plus étendu 'de la psychologie spéciale s'ouvre devant nous. Après la tâche qui consiste à atteindre par induction des principes universels en partant de cas particuliers, et à vérifier déductivement ces principes, une autre tâche se présente, qui consiste à expliquer par leur moyen les nombreux cas particuliers qui n'ont pas été reconnus dans la marche de nos généralisations. La nature de chaque force mentale, considérée comme un groupe distinct d'activités dont jouissent en commun un grand nombre d'animaux, est

une question appartenant à la psychologie spéciale, et bieo éloignée des questons de la psychologie générale. La constitution mentale de chaque animal^ considérée comme un agrégat de pareilles forces^ ajustées dans leur nature et leur degré au mode de vie de Tanimal^ est une question encore bien plus spéciale, — Tune dont la distance par rapport aux questions de psychologie générale est le plus évidente. Et on trouve encore parmi les questions les plus spéciales celles qui sont présentées par des particularités individuelles et par les variations manifestées par chaque individu dans le cours de la vie.

§ 477. Du vaste champ enfermé dans ces limites nous n'avons à examiner qu'une petite partie. Ayant maintenant à suivre l'évolution dans ces formes supérieures que les sociétés présentent, la psychologie spéciale de l'homme , considéré comme l'unité dont les sociétés sont composées, devra être seulement esquissée brièvement, ou, pour mieux dire, cette partie de la psychologie spéciale qui se trouve en relation directe avec les phénomènes sociologiques.

Il est manifeste que l'aptitude que montrent les hommes à mettre en commun leurs efforts comme membres d'une société, présuppose certaines facultés intellectuelles et certaines émotions. Il est manifeste que l'efficacité de leur coopération sera, toutes choses égales d'ailleurs, déterminée par la richesse et le degré de développement de ces facultés indispensables. Il est manifeste aussi que, s'ils continuent à travailler en commun sous les conditions fournies par un état social quelconque, la richesse et le degré de perfection de ces facultés mentales peuvent être modifiés, et qu'une forme modifiée de coopération peut résulter de ce changement; que cette forme, enfin, réagissant sur la nature, subira à son tour de la nature une nouvelle réaction. Ainsi, pour nous préparer à l'étude de l'évolution sociale, nous devons traiter diverses questions touchant les facultés qu'elle met en jeu, et*touchant leur mode de développetîient pendant la durée de la vie sociale.

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§ 478. Daas le groupe de corollaires que nous allons rassembler ici, un grand nombre des faits déjà invoqués, et des infércnces déjà tirées dans le développement des principes généraux, se représenteront naturellement, — non pas toutefois sous les mêmes aspects qu'auparavant» mais sous des aspects un peu plus spéciaux et avec des relations réciproques plus ou moins nouvelles.

Je puis encore indiquer que, si notre but est en eSet de rendre compte de ces facultés humaines qui prennent part comme facteurs aux phénomènes sociaux, il ne nous sera pas possible de nous limiter absolument aux manifestations de ces facultés dans les êtres humains. Si nous ne jetons un regard sur quelques-unes de leurs manifestations dans les intelligences des types inférieurs, nous ne pouvons comprendre leur nature essentielle, ou les modes suivant lesquels la vie sociale les affecte.

Pour tranquilliser le lecteur, déjà fatigué par de nombreuses explications, je puis ajouter que les expositions nécessaires seront comparativement succinctes. Après le plein développement donné aux principes généraux dans les divisions précédentes, l'application que nous devrons faire de ces principes sera comprise sans beaucoup de détails.

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