‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 13 sur 67 · LA SUBSTANCE DE L ESPRIT · texte numérisé non relu

LA SUBSTANCE DE L ESPRIT

unités de force distinguées comme externes, ou si les unités de force distinguées comme externes sont de la même nature que les unités de sensation, alors la réponse, encore la même au fond, est que cela ne nous avancera pas plus de concevoir les unités de force externe, comme identiques avec les unités de sensation, que de concevoir les unités de sensation comme identiques avec les unités de force externe. Il est clair que, si les unités de force externe sont regardées comme absolument inconnues et inconnaissables, alors^ traduire en celles-ci les unités de sensation, c^cst traduire le connu en inconnu, ce qui est absurde. Et si elles sont ce qu*elles sont supposées être par ceux qui les identifient avec leurs symboles, alors la difficulté de traduire les unités de sensation en unités' de force est insurmontable : si la force, telle qu'elle existe objectivement, est absolument étrangère en nature à ce qui existe subjectivement comme sensation, alors la transformation de la force en sensation est impensable : c'est-à-dire qu'il est impossible d'interpréter Texistence interne en termes de l'existence externe. Mais si, d'un autre côté, les unités de force^ telles qu'elles existent objectivement, sont essentiellement les mêmes en nature que celles qui se manifestent subjectivement comme unités de sensation, alors une hypothèse concevable reste ouTerte. Chaque élément de cet agrégat d'activités qui constituent une conscience, n'est connu comme appartenant à la conscience que par sa cohésion avec le reste. Au delà des limites de cet agrégat cohérent d'activités, il y a d'autres acli- Tités complètement indépendantes de lui et qui ne peuvent entrer en lui. Nous pouvons imaginer alors que, par leur exclusion du cercle de ces activités qui constituent la conscience, les activités externes, quoique de la même nature intrinsèque, prennent un aspect antithétique. Étant séparées de la conscience et découpées par ses limites^ elles lui deviennent par là étrangères. N'étant pas incorporées avec les activités de la conscience ni liées avec elles, comme elles le sont entre elles, la conscience ne peut pour ainsi dire les traverser ; et c'est I. 11

ainsi qu'elles en i^iennent à être figurées comme inconscientes, elles sont représentées comme ayant la nature appelée matérielle, opposée à celle que nous appelons spirituelle. Cependant, quoique cela nous montre qu'il est possible d'imaginer que les unités de force externe soient identiques en natare avec les unités de force connues comme sensations, cependant, en nous les représentant ainsi, nous n'arrivons pas à mieux comprendre la force externe. Car, comme on Ta déjà montré, en supposant que toutes les formes d'esprit soient composées d'unités homogènes de sensation diversement agrégées, cette résolution en unités nous laisse tout aussi incapables de comprendre comment la substance de l'esprit peut consister en pareilles unités; et ainsi, quand même nous pourrions réellement nous figurer toutes les unités de force externe comme étant essentiellement les mêmes que les unités de force connues comme sensation^ en sorte qu'elles constitueraient une sensibilité universelle, nous serions tout aussi éloignés, et pour toujours, de nous former une idée de ce sensorium universel.

Par suite, quoiqu'il semble plus aisé de traduire ce qu'on appelle matière en ce qu'on appelle esprit que de traduire ee qu'on appelle esprit en ce qu'on appelle matière (cette dernière opération est en vérité complètement impossible), cepeih dant notre traduction ne peut pas nous conduire plus Ima que nos symboles. Ces yagues conceptions, qui se dessinent pour nous dans le lointain, sont des illusions évoquées par \9l fausse connotation de nos mots. L'expression « substance de l'esprit, x> si nous y voyons autre chose que Vx de notre équation, nous entraîne inévitablement dans Terreur, carnoiB^ ne pouvons penser une substance qu'en termes qui impliquent des propriétés matérielles. Tout notre progrès consiste ^ reconnaître que nos symboles ne sont que des symboles et ^ nous en tenir à leur dualité, que notre constitution né' cessite. Linconnais^^able, tel qu'il se manifeste à nous dansiez limites de la conscience et sous la forme de la sensation, n'étant

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pas moins impénétrable que rinconnaissable, tel qu'il se manifeste hors des limites de la conscience sous d'autres formes, nous n'arrivons pas à le mieux comprendre en traduisant le second dans le premier. La forme conditionnée sous laquelle Têlre est présenté dans le sujet ne peut pas, plus que la forme conditionnée sous laquelle Vèive est présenté dans l'objet, être l'être inconditionné commun aux deux.

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