CHAPITRE V
§ 96. Comme on Ta montré dans le chapitre II de e0lk partie, les états de conscience peuvent être divisés de deo manières. En se fondant sur la structure, ils sont divisibles n états venant du centre et états venant de la périphérie; ceoi-ci sont divisibles de nouveau en états périphériques causés pir des actions externes, et états périphériques causés par des i^ tiens internes. En se fondant sur la fonction, ils sont difiobles transversalement en états vifs ou primaires, causés pir excitacion directe, et états faibles ou secondaires, produits pir excitation indirecte. Ceux de la première classe, connus comiDe sensations, sont appelés quelquefois états de conscience pri* sentatifs; ceux de la seconde classe (connus comme idées, quoique ce mot soit plus communément appliqué à lean groupes] sont quelquefois appelés états de conscience repré* sentatifs.
Jusqu'ici nous avons peu examiné ce groupe d*états ds conscience caractérisés par une différence non d'espèce, mail de degré. Quoique, dans les deux derniers chapitres, doos ayons tacitement reconnu cette distinction ; quoique, en étadiant les relativités des états de conscience et des rapporti, nous ayons été obligés de prendre pour accordée une connexion établie entre les états vifs ou sensations directement présentées et les états faibles ou idées, dans lesquels les sensations sont représentées, cependant nous n'avons rien établi de net sur la dépendance de la seconde classe à l'égard de la première. Nous avons à chercher ici comment il se fait que, quand les formes vives ont été éprouvées, les formes faibles
qui leur ressemblent se produisent plus tard. Nous avons à chercher ce qui détermine cette reviviscence et quelles conditions la rendent plus ou moins distincte * .
Puisque les états de conscience sont rarement» et même ja< mais, rappelés tout seuls ; puisque les choses que nous nous rappelons sont des assemblages d'états de conscience unis par certains rapports, il en résulte que, dans les exemples à doDuer, nous aurons à employer plutôt des groupes d'états de eoDScience ravivés que des états de conscience individuels rarivés. Mais ce qui est dit des premiers est toujours applicable aux seconds.
§ 97. Généralement parlant, les états de conscience peuvent Btre d'autant plus ravivés qu'ils ont plus de rapports. Ceux ]ui viennent de la périphérie et d'origine externe sont plus bellement représentables que ceux d'origine interne, et tous deux sont plus facilement représentables que ceux qui vienoent du centre.
Les sensations les plus relationnelles sont celles de la vue, et ce sont celles qui sont le plus aisément reproduites dans la pensée. Nous pouvons raviver à tout moment dans la conseience, presque sans effort et avec une clarté grande relativement^ l'habit rouge d'un soldat, le bleu de ciel, la blancheur de la terre couverte de neige. L'éclat d'une lumière électrique peut être assez vivement congu pour produire quelque chose comme une sensation d'éblouissement. — Les sensations idéales de son naissent dans l'esprit avec une facilité et une force presque aussi grandes. Le bruit d'un canon, le son d'une trompette, un gémissement, un sifflement, peuvent être imaginés instantanément et d'une manière très-distincte. — Les
< i'emploi ieî le mot réviviscenr^ plutôt que reeouvrabilité, parce qu'il est sujet à MMBS d'objeetiont. Recouvrer quelque chose implique un acte volontaire, et appeler me ebOM recouvrable, c'est dire qu'elle peut être obtenue de nouveau par un acte volontaire. Mais une grande partie de nos états de conscience idéaux naissent sans volitton, et souvent malgré toute volition. Le mot reviviscence s'applique également aux états de eonseieneeidéjii/x, soU folootainê, soit invo\oiiU\Tts.
seosalioDS de toucher et de pressioQ, moins représentables, k sont cependant facilement et avec beaucoup de clarté, b mollesse ou la dureté, le poli ou le rugueur de certaines M^ faces ont des formes idéales assez distinctes qui revieniml facilement. — Les sensations externes les moÎDS relatMh nelles (celles du goût et de Todorat) ne sont ni si aisément ai si fortement reproduites. On peut se rappeler en un iostol une couleur ou un son, mais une odeur ou une sapeur dékr» minée ne se rappellent pas si vite^ et la sensation idéale n*ipproche pas, à beaucoup près, de la sensation réelle en mi» cité.
Nous passons aux sensations périphériques d'origine bh terne. On ne peut se représenter aussi vite ni aussi claiiement un effort musculaire particulier qu'un son ou une odev particulière; et quoiqu'on puisse se rappeler fort claireoMl une douleur intense soufferte dans un membre, on peil observer que la douleur idéale n'approche pas de la douiew réelle, autant que le souvenir d'un cri perçant de la conscience actuelle d'un cri perçant ou la pensée d*un éclair di la perception d*un éclair. — Quand nous en venons à M sensations venues de la périphérie auxquelles donne naiisance Tétat ordinaire des organes, nous trouvons qu'elles M peuvent être ravivées qu'à très-faible degré. Il est difficile di rappeler dans la conscience la sensation de faim. Il est farih de penser aux circonstances dans h^squelles se produit II faim; mais après un bon repas, il est presque impossible di se représenter à un de^ré quelconque ce vif besoin de noiu^ riturc qui existait avant le repas. De même pour la soif.
Cola est vrai aussi dans un certain sens des états de cou* cionce vouant du centre, ou émotions. Comme on l'amonliéi il n*y a pas ontro les émotions idéales et les émotions actueiki la mémo divisiitn tranohoo quVntro les états idéaux etactnell di> autres osprros. l.is émotions sont excitées non par Ici aut'Uts physiquos ou\<mémos, mais par certains rapports comploxos ontro ces amonts. Par suite, les émotions idéales
sont éveillées que par les représentations de ces rapports complexes. Ainsi éveillées, elles peuvent s'élever h un certain degré de vivacité, jusqu'à devenir d^s émotions actuelles. Mais le fait que nous avons à noter ici comme conforme au principe énoncé, c'est qu'une émotion ne peut être ravivée de la même manière qu'une lumière ou un son. Il est impossible ^ de ramener instantanément dans la conscience, même sous ^ une forme faible, la passion de la colère ou de la joie. La ^ représentation de l'un ou de l'autre ne peut être réveillée que ^ par l'imagination, et en insistant sur quelques circonstances ^ calculées pour les produire, ce qui prend un temps appréciable.
* § 98. La révivabilité des états de conscience passés varie ^ en raison de la vivacité des états présents. Cet antagonisme ^ existe en un certain degré entre les états de conscience passés ^ et présents en général, mais à un bien plus haut degré encore entre les états passés et présents appartenant au même ordre.
Prenons d'abord l'antagonisme général. Chacun sait que, quand un son terrible ou un spectacle épouvantable absorbe l'attention, il est presque impossible de penser à autre chose, presque impossible de conserver des idées étrangères. Bien mieuXy la conscience est quelquefois si bien remplie d'impressions présentes et dominantes^ qu'elles excluent nos idées . liabituelles, et produisent ce que nous appelons absence fl* esprit. On trouve des exemples moins extrêmes dans l'in- *terruption des courants de pensées volontaires produites par des douleurs violentes ou de grands bruits. L'habitude de fermer les yenx^ quand on essaye d'imaginer quelque chose Irès-clairement, montre qu'en excluant les états de conscience '-■ primaires, on facilite le ravivement des états secondaires.
Les antagonismes plus spéciaux sont d'un intérêt considé- 'arable. Nous avons vu dans un précédent chapitre que les - 4tats de conscience primaires de tout ordre, ont une grande : puissance pour exclure de la conscience les états primaires du
même ordre, mais une moindre pour exclure ceux des wiim ordres. Nous avoos à noter ici ce qui peut être coaàUti comme un corollaire : c'est que les états primaires de cbaqw ordre sont de plus grands obstacles aux états secondsîrefdt cet ordre qu'aux états secondaires des autres ordres. Des i pressions visuelles très-distinctes oSreat une riàOtoet 1 peine appréciable à une imagination de sons, par exea^J une mélodie. La saveur des choses que nous mangeoos empêche très-peu de raviver dans noire pensée une personci que nous avons vue hier. Les sensations que nous d'objets tenus en main, ne nous empêchent pas di penser aux choses que nous avons vues, enlCDctues, llairées. Mais les sons que nous entendons actuelli dent à exclure décidément de la conscience d' auxquels nous désirons penser. Les sensations visi travent beaucoup les idées visuelles. Et il y a ud aol encore plus remarquable entre les états de coaEcii maires et les états de conscience secondaires des oi rieurs.
Ces différents degrés d'antagonisme valent la peîoe notés, puisqu'ils peuvent être généralisés et qu'ils oe soi sans signification. La loi paraît être que, parmi les èUt» J* conscience les plus relationnels, les états primaires ordre quelconque sont ceux qui résistent le moins am secondaires du même ordre, et que la résistance deviAia É plus en plus décidée à mesure qu'on descend vers dn iU de conscience de moins en moins relationnels. — Bocil mençant par les sensations les plus relationnelles, OB pM remarquer que les idées d'autres sensations visuelles, aeM exclues que par une sensation visuelle très-iûtcnse. Ainii, est impossible, quand nous fixons le soleil, de peneer lo W mais il est très- possible, même aisé, en considérant uoe n face colorée de rouge, de penser à un pâté de \crt qui ewnnraît une partie de celte surface ; et nous pouvon» tris-dùtîM* tunenl iinaginer le groupe de couleurs qui forme le souMoir
d*uii objet, quand la rétine reçoit des groupes colorés émis par des objets actuels tout différents. — De même des impresâons auditives. Les sons bruyants empêchent la conscience aeluelle d'autres sons; mais, pour faire cela, ils doivent être extrêmement forts. Si on écoute un orchestre, on trouvera qae, durant les farte^ il est difficile d*imaginer quelque autre combiDaison musicale que celle qu'on entend, tandis que cela est comparativement facile durant les piano. — Cela est en grande partie vrai pour les sensations tactiles. Les sensalioiia causées par un objet que nous ne tenons pas ferme, ne Bons empêchent pas de nous rappeler les sensations causées par des objets tout différents ; et il est nécessaire de saisir très-fortement un objet actuel, de manière que la sensation de toucher ou plutôt de pression se change en celle de douleur, avant que les sensations tactiles à Tétat de souvenir ■oient complètement exclues. — Quand nous en venons à des sensations très-peu relationnelles comparativement, comme celles du goût et de Todorat, nous trouvons cet antagonisme beaucoup plus marqué. On ne peut penser au doux en goûtint une chose très-amère, et même des saveurs peu intenses nous empêchent d*en imaginer d'autres. Et cet antagonisme est à Textrême dans les sensations viscérales ou même il parait être absolu.
§ 99. Toutes choses égales, la révivabilité d'un état de eonscience varie avec la force; et^ toutes choses égales^ sa révivabilité varie avec le nombre de fois qu'il a été répété dans Texpérience. Ces vérités, quoique banales^ doivent être notées ici brièvement.
On peut se rappeler l'éclat d'un magnifique coucher du soleil longtemps après qu'on a oublié les scènes de la même date faiblement colorées. On peut imaginer plus vite et plus nettement le son d'une trompette que celui d'un basson. Il eit beaucoup plus facile de se rappeler le goût de quelque chose d'extrêmement doux, acide ou amer, que de quelque chose qui est presque insipide. Et une très-vive douleur laisse
dans la mémoire des traces qui durent longtemps après tpà les traces des légères souffrances ont disparu.
En comparant nos expériences domestiques aux exf^ riences moins communes, nous éprouvons combien laiépèfr tion de sensations, même faibles, produit une grande rtn» bilité. On peut se rappeler très-distinctement la couleur di papier d'une chambre habituelle, quelque terne qu'elle HiLi On peut penser bien plus aisément et exactement ta ■ d'une Toix qu'on entend journellement qu*au son d*une via^: n*ayant pas un caractère plus marqué, qu'on n^a entente qu'une fois ou deux.
Mais nous avons dit <c toutes choses égales, » ce qui n*cil pas l'ordinaire. Outre l'état psychologique qui» comme BOtt. l'avons dit, influence la révivabilité, il y a l'état physiologifN qui l'influence aussi de diverses manières. C'est ce que nom avons maintenant à examiner.
§ 100. Le degré de révivabilité d'un état de conscienei dépend en partie de Taptitude du centre nerveux approprié! subir beaucoup de changements moléculaires, et à produire beaucoup de sensations concomitantes quand TexcitatioD originale a été reçue. Différents facteurs coopèrent à détermiiNr cette aptitude : l"" un bon état^ sain ; S"" une circulation active; 3° un sang riche en matériaux nécessaires pour l'intégratioi et la désintégration. La part respective de ces facteurs ne pefll être déterminée, car ils varient ensemble tous trois d'ordinure. Mais on peut tn^s-clairement reconnaître Tinfluence de dein au moins.
Quand Tattention a été longtemps occupée par une clasn d'impressions; quand, par exemple, les centres nerveux appropriés ont été fatigués par une action persistante, les impreisions reçues ne peuvent âtre aussi clairement rappelées que si les centres nerveux n'avaient pas été fatigués. En excluant les cas oii une excitation anomale de la circulation locale a été produite (cas que nous examinerons sous le prochain titre), c'e»t un fait bien connu qu'après plusieurs heures consacrées
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>uter de la musique ou à regarder des tableaux, les sen- »iis groupées, auditives ou visuelles, ne peuvent plus être rées ou le sont beaucoup moins que les premières que nous s éprouvées au concert ou au musée. Nous rencontrons éme fait si nous prenons de longues périodes d'activité LOue, interrompue par de courtes périodes de repos. Gha- ^uriste en a eu r^^périence. Il peut se rappeler plus clai- »nt le paysage de grandes montagnes qu'il a vu tout >rd que d'autres paysages de même nature qu'il a vus plus dans le mois.
y a divers exemples qui montrent que les états de conice excités, quand la circulation générale est très-vive, se 'eDl mieux que les autres. Les preuves sont fournies par exaltations ou temporaires ou permanentes de la circula- — Des impressions triviales, qui n'ont offert aucun intésurvivent souvent dans la mémoire, quand des impres- 5 bien plus importantes ou imposantes ont disparu : considérant les circonstances, on trouvera souvent que mpressions ont été reçues quand l'énergie était très-élevée^ ^d Texercice, le plaisir, ou les deux, avaient grandeit augmenté l'action du cœur. Les romanciers ont noté me un trait de la nature humaine que, dans les moments me forte émotion a excité la circulation à un degré excep- Dcl, les groupes de sensations causées par les objets envilants, peuvent être ravivés avec une grande clarté, souvent^ traversant la vie tout entière. — Il en est des variations es d'activité vascultdre comme de ces variations rapides. ' a une grande réceptivité d'impressions durant ces odes de la vie où le sang est poussé en courants rapides ^ndants. On se rappelle longtemps les sensations, péri-» iques ou centrales, éprouvées dans la jeunesse, et tant dure la vigueur de l'âge viril^ les sensations et les émo- \ laissent des traces durables.
1 vérité inverse, que la révivabilité des états de conscience es durant un état de faiblesse est comparativement petite^
est également ou même plus claire. Quand la maladie ou Tige ralentissent la circulation^ on voit les mêmes effets. Cet afEdblissement de Taction du cœur qui accompagne une grasA prostration nerveuse, a pour un de ses effets une réceptîrîlf beaucoup plus faible. Les choses qu'on a vues, dites etenlcfdues sont oubliées très-vite, souvent en peu de jours. Cedi diminution d'activité vitale que nous appelons une gnodi fatigue^ est caractérisée par une retcnlivité plus faible des i» pressions. — Si nous passons à cet alanguissement de Ii circulation qui accompagne le déclin de la vie, nous tnwvov des faits abondants. Graduellement, à mesure que la vigucv décroit, le défaut de mémoire s'accrott. Les expériences tm mois, de la semaine, d'hier, ne peuvent pas être ravivées, cl aux dernières périodes de décadence^ des choses qu'on a tW| des sons qu'on a entendus il y a quelques minutes, ne laifMl aucune trace.
Il y a aussi des raisons de croire qu'indépendamment A la circulation générale^ les exaltations et dépressions de b circulation célébrale, produites d'une manière normale M anomale, aS'ectent aussi le degré de révivabilité des sensaiiotf éprouvées.
§ 101 . Toutes les circonstances dans lesquelles une eicitition s'est produite à l'origine étant supposées les mêmes, Il degré de révivabilité de l'état de conscience ainsi prodoli varie selon les conditions physiologiques du moment oà II rtvivement a lieu ou est tenté. Toutes choses égales, un de conscience passé quelconque peut être remené dam conscience vivement^ faiblement, ou ne pas Têtre, selon qtf le centre nerveux approprié est ou non en bon état et iMi fourni de sang au moment où le souvenir est suggéré. Ls faits qui prouvent cette proposition sont intimement mêlés à ceux qui prouvent le cas précédent : on peut cependant lestt démêler un peu.
Dans cet état de vivacité qui résulte d*une bonne nutritif et d'une bonne circulation, on peut remarquer que h
mémoire est {)lus distincte qu'à l'ordinaire. Les idées s'éveillent en abondance et sans effort. De méme^ Texcitation vasculaire causée par Témotion, pourvu qu'elle n'atteigne pas ce degré qui abat le cœur, cause un afflux inaccoutumé d'idées Ti^es, — si vives que, dans quelques cas, comme dans la peur, elles sont confondues avec des réalités.
On peut voir, dans ceux qui sont épuisés par une longue maladie, combien la révivabilité d'états de conscience, originellement forts, s'affaiblit avec la circulation. Les sujets trèsnerveux chez qui l'action du cœur a grandement baissé, se ' plaignent aussi habituellement de perte de la mémoire et d'inhabilité à penser, symptômes qui diminuent à mesure que le taux naturel de la circulation revient. — Mais c'est dans la vieillesse que l'on voit mieux le rapport entre l'affaiblissement de la circulation et la révivabilité décroissante des états de conscience. Ce qui disparaît tout d'abord, c'est le pouvoir de rappeler les expériences reçues durant l'Age adulte et la vieillesse, alors que l'énergie vitale languissait ; puis les expériences reçues durant le premier Age^ alors que l'énergie vitale était grande, cessent de pouvoir être distinctement ravivées.
Il est bon d'ajouter que cette aptitude à être ravivé est influencée aussi bien par les variations de circulation locale que de circulation générale. Les illusions du délire montrent jusqu'à quelle extrême vivacité les états de conscience peuvent 1^ se raviver, quand la circulation cérébrale est excessive, et le ^ résultat inverse se voit dans la perte de conscience causée par anémie cérébrale.
§ 102. Naturellement la qualité aussi bien que la quantité du sang est un facteur qui modifie^ et la force avec laquelle une impression est retenue, et la facilité avec laquelle elle peut être rappelée. L'influence de ce facteur a sans doute une part dans la production de quelques effets assignés ci-dessus aux variations de circulation, car, en général, la qualité et la quantité du sang s'élèvent ou s'abaissent suivaut sa force de I. Iti
242 Li:.S INDUCTION^ DK LA I>SYCU0L0G1I£.
propulsion. Mais des déviatioDS anomales montrent que k qualité a ses effets distincts.
Quand la circulation a été artificiellement exaltée par des stimulants, il y a un facile et rapide courant de pensées qui se manifeste dans ce que nous appelons un brillant inaccoutumé. Et quand Texaltation est produite par de certainei drogues, comme Topium et le haschich, les impressions raiivécs des choses vues et entendues approchent en vivacité dei impressions originales.
Nous ou avons une autre classe d'exemples dans les fous. CV'St une opinion généralement admise maintenant que chei eux le sang est d'une qualité anomale^ et à cette qualité anomale est attribiK'c cette vivacité exagérée des états de conscience représentatifs qui les fait confondre avec les états de conscience présentatifs.
Ces cas extremis nous autorisent à supposer qu*il y a dans la révivabilité des sentiments des variations moindres, a'^rompagnant ces variations moindres dans la qualité du sang qui sont ducs à des différences dans Tactivité des viscères, la quantité de nourriture et d'oxygène.
1^ l03. Il faut noter la correspondance de ces conclusions à posteriori avec les conclusions à priori qu'on peut dériver des données de la psychologie.
Si des fai-r. aux particuliers de fibres nerveuses et des groupes particuliers de cellules nerveuses sont les agents d'ordres parliculiiTs «rélats de conscience, on doit s attendre à ce fait, que ks élit.- de conscience d'un ordre quelconque tendroni à exclure h - iJées du même ordre, plus que les idées des autres ordres ; car il est clair que, quand les structures appropriées subi>soiît res changements moléculaires qui ont pour corrélatifs i!l> et il.- .! i\.nsrionce vifs, d'autres changements niol.rul liri.s, qui <.nl p«»nr corrélatifs des états de conscience faiM.>, ilui\enl être grandement obscurcis. De plus, nous IH.u^o^^ \uir puuniuoi cette exclusion ist plus forte tlan> les oulic- dVlal.- de eunscitnce non rtiatiunucls que
dans les ordres relationnels : c'est qu'en proportion qu'un ordre d'états de conscience est relationnel, il doit avoû: un centre nerveux complexe, et qu'à proportion qu'un centre nerveux devient complexe^ il est aisé à une de ses parties d'être occupée d'une manière^ tandis qu'une autre partie est occupée d'une autre.
On pouvait aussi inférer des prémisses physiologiques qu'une action énergique, venant du milieu, doit produire des états de conscience qui se ravivent plus distinctement que ceux qui sont dus à une action faible. Car, comme les actions énergiques produisent de fortes décharges nerveuses et de grandes quantités de ces changements moléculaires qui ont pour corrélatifs des états de conscience, il est clair qu'ils doivent produire à un haut degré ces changements de structure, quels qu'ils soient, auxquels est due la révivabilité des états de conscience.
Il s'ensuit de même que l'exaltation d'activité vitale qui facilite les changements déstructure et aide une rapide nutrition qui leur fournit des matériaux, doit faciliter la révivabilité des états de conscience éprouvés, tandis que la dépression vitale fait le contraire.
CHAlTrUE VI.
J..\ RbiVIVISCENCE DES RAPPORTS ENTRE LES ÉTATS