‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 19 sur 67 · CHAPITRE Vn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn

l'associabilité des états de conscience.

§ 111. Dans les précédents chapitres, on a beaucoup jM implicitement des phénomènes ordinairement traités soobIi titre de l'association. Lorsque nous suivions la compositioQii Tesprit, nous avons vu que la cohésion des états de codscmm a lieu à des degrés différents dans les diverses suites d'éMifc conscience ; et ce qui a été décrit là» comme cohésions, piM^ rait être décrit à d^autres égards comme associations. Ha récemment encore, dans le chapitre sur la reviviscence ài états de conscience, il y a eu beaucoup d'affirmations tadt» relativement à Tassociabilité des états de conscience^ puiifoi^ toutes choses égales, leur reviviscence varie comme leur ciabilic.

Ces vérités, que nous avons eiaminées d'un point de déjà passé, nous devons cependant les examiner ici de veau d'un point de vue plus avancé, avant d'examiner certalais autres vérités comprises sous le titre de ce chapitre.

§112. Nous avons divise les états de conscience en eet-* traux, appelés communément émotions, et përiphériqoei» appelés csmmunément sensations, et nous avons redtviift celles-ci en entopériphériques ou qui viennent de l'intérieiir* et cpipériphériqnes ou venant de l'extérieur. De ces tM grands groupes, le premier est extrêmement relationnel, te second Test un peu plus, le troisième Test à un degré couparativcment élevé. Ayant commencé par les états de coftscience centraux ou les moins relationnels, qui nesontptt limités dans l'espace et ne le sont que peu dans le tefflpi» nous avons trouvé que quand on passe des états de conscience

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itopériphériques aux épipériphériques, nous passons à des ats de conscience qui sont de mieux en mieux délimités l'un ir Vautre dans l'espace ou dans le temps, ou dans les deux, 3S limitations les plus nettes se trouvant dans les états de :onscience qui sont épipériphériques au plus haut degré. Et kmesure que cette limitation mutuelle devient mieux définie, nous avons vu que la tendance à la cohésion mutuelle augmente aussi.

Ceci donc représente Tordre d'associabilité des états de «mscience. Les états de conscience relationnels sont ceux qtd se limitent mutuellement, qui sont mutuellement cohémts, qni sont associables. Les états de conscience centraux : m épipériphériques, qui ont été éprouvés ensemble ou en iiiceession, ou bien ne se rappellent pas mutuellement dans - k conscience, ou ne le font que faiblement et après beaucoup de répétitions, tandis que les états de conscience épipériphériques, qui se produisent ensemble on en succession QD petit nombre de fois seulement, s'unissent de façon que la forme vive ou faible de Tun éveille les formes faibles des iutres '. Dans les sensations auditives et visuelles, de simples présentations en groupes sériels ou simultanés causent de telles connexions, qu'un membre du groupe étant plus tvd présenté ou représenté, la représentation des autres i&cmbres la suit avec peu ou point d'omissiom

£ridemment,rassociabilitéet la reviviscence vont ensemble^

puisque, d'une part, nous savons que les états de conscience

ne sont associables que par Taptitude prouvée de Tun à ravi-

* wr l'autre, et puisque, d'autre part, le ravivement d'un état

<le conscience n'est effectué que par Tintermédiaire d'un ou

' Qvoiqae un état de conscience antécédent, vif ou faible, n*amène ordinairement c*Btte conséquent qu*un état de conscience faible, cependant il n'est pas vrai, CMUtton le suppose communément, que le conséquent n'est jamais un état de consônti Tif. Les idées, dans certains cas, éveillent des sensations. J'en ai quelques cscai^les dans ma propre expérience. Je ne puis penser voir froUer une ardoise avec ■s éponge sèche, sans sentir le même flrisson qui se produirait si cela se passait en Itté.

5W» LliS INDUCnONS un L.I PSYCHOLOGIE

plusieurs élats de coDScience avec lesquels il est associé. Par suite, les coiidilions qui favoriseut 1» reviviscence soat celles qui favoriseuirassociabîlité. Ces conditions physiologiques el psychologiques ayant été énuméréesdans le dernier chapitre, nous pouvons les passer,

g 413. Il nous reste à considérer ici la loi dernière à laquelle se conforme l'association des élats de conscience. Laissaol tous les accompagnements variables d'une simple associa^on, il y a deux éléments constants qu'elle présente direclemcul — les étals de conscience et leurs rapports, et deux élémenU constants qu'elle implique invariablement, des états de conscience semblables h des rapports semblables, précédemment éprouvés les uns et les autres. Par suite, relativeinenl k h structure du groupe entier, s'élève la question : Quelles sont les connexions primaires ou originales et quelles soat les connexions secondaires ou dérivées? Oii, pour éclaircir par des signes, il peut firriver que, dans le groupe cohérent i i,lei éléments n, b, qui paraissent unis entre eux par quelque lien, ne sont pas liés du loul, mais tenus en juxtaposilion par les liens qui les unissent respectivement aux éléments accouplés c-d. Déterminons plus complètement la question.

La conscience de deux états présentés ensemble, ou l'un juste après l'autre, implique la conscience de chaque étil, comme étant tel ou tel ; — implique sa récognition cornât étant semblable, par un de ses caractères ou tous, à quelque état de conscience précédemment éprouvé. Même là où l'un des deux états de conscience n'a pas été éprouvé (par exompie le goût d'un nouveau vin ou d'une nouvelle drogue], il ed encore assimilé à quelque genre d'états de conscience, il eA connu comme doux, amer ou acide. La conscience reorcnnc de plus deux rapports entre les états, — leur rapport de diff»rence, leur rapport de coexistence ou de séquence, — et noui ne connaissons ct;à rapports comme étant tels ou têts qu'en les asgimil;mt h. des rapports passés. Maintenant la question! laqucUo il f.iul répondre est celle-ci : L'as&oeialiou établie i

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les deux étals de conscience résulte-l-cllc immédiatement de la cohésion de l'un a\ec Tautre, ou médiaiement de la cohésion de chaque état de conscience et de chaque rapport entre eux avecleurs semblables respectifs, donnés dans Texpérience? On suppose communément que la cohésion est immédiate, mais nous verrons qu'il y a de bonnes raisons de conclure qu^elle est médiate. Cette recherche est divisible en deux : comment les états de conscience, passés et présents, se comportent-ils à regard les uns des autres, et comment leurs rapports, passés et présents, se comportent-ils à Tégard les uns des autres? Il faut examiner chacune de ces questions à part, quelque inconvénient qu'iL y ait à les séparer, car on ne peut complètement répondre à Tune des deux sans répondre aux deux. Tous les vides que le lecteur pénétrant trouvera dans ce chapitre sur l'associabilité des états de conscience, seront remplis dans 1c chapitre suivant sur Tassociabilité des rapports.

Ceci expliqué , voyons comment les états de conscience, réels et idéaux, se conduisent quand ils sont séparés, autant que possible, des rapports particuliers.

§ H4. Les membres des trois grands groupes de sensations ou états de conscience, s'associent primitivement avec les membres de leur groupe propre. Cette proposition est moins manifestement vraie des émotions que du reste, parce qu'elles sont les moins relationnels des états de conscience : ayant peu de cohésion avec les états de conscience de toute espèce^ leurs différences dans la tendance à la cohésion senties moins marquées de toutes. De pins, on peut remarquer que quand se produit un état de conscience venant du centre^ il est connu comme appartenant à la classe que nous appelons émotions, non à la classe que nous appelons sensations. Les états de conscience phériphériques étant tous localisés vaguement o\i d'une manière déterminée, et ces états de conscience venant du centre n'étant pas localisés, il y a entre eux antithèse à cet égard, et, dans l'acte de la reconnaissance, c\iae\]L\i ^^^^t^%^\ /. VI

la classe des états de coDscience non localisables, et doo à la classe des autres. Il est Trai que, pa» suite du trouble de ce^ tains viscères produit par des émotions puissantes, les sensations entopériphériques qui en résultent sont, dans le lu- . gage commun, partiellement confondues avec les étals de conscience venant du centre. Mais quoique Taction due à m trouble de l'action du cœur soit souvent identifiée métaphoiiquementavec Témotion qui cause ce trouble, cependant cl»cun distingue bien entre la conséquence et la cause, et dasN la cause à part. — Si nous passons aux sensations entopéiiphériques, on voit du premier coup que chacune, à Tinstanià sa présentation , est connue comme naissant dans le corps. Qtt ce soit une sensation très-peu localisable^ comme la faim, oi plus localisable, comme une douleur d'entrailles, ou compantivement bien localisable, comme une douleur dans un doigt, elle est, en tant qu'elle a une place plus ou moins détermiirfe dans l'organisme, distinguée dans la conscience des émotions centrales d'une part et des sensations périphériques d'autre part. Les seuls cas où cette association est indéfinie sont ceui où la sensation natt sur la limite des deux espèces de sensations périphériques, comme quand une démangeaison juste sous la surface est confondue avec un chatouillement sur It surface ; comme quand la sensation de chaud due à une cougestion sous-cutanée, n'est pas distinguée de la sensation de chaud due à un corps voisin. — Les sensations épipéripbé* riques nous montrent de la manière la plus frappante cette intégration instantanée de chaque sensation avec sa classe» La sensation produite par un coup, un objet saisi, une odeur» un éclat lumineux, une vibration sonore, ne peut se produirB dans la conscience, sans être groupée avec l'assemblage gêné-* rai des sensations nées à la surface et attribuées à des actions objectives. L*as^uciation n'est pas une affaire de pensée ou de viilonté, elle est iii>lantanéo et absolue.

Il faut noter un autre fait d^une signification analogue. Chaque ctut de conscience^ v\uaudL W u^^ s'associe iustanti-

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ncment non à sa classe seulement, mais aussi à sa sous-classe. Les états de conscience Tenant du centre ne sont pas^ que vaguement, divisibles en sous-classes; par suite, là cette vérité se montre peu. Passons outre. — Les sensations périphériques montrent très-clairement cette sous-classification et cette souscohésion. Dès qu'une d'elles entre dans la conscience^ en même temps qu'elle est connue comme ayant son origine dans le corps, elle est connue comme besoin, douleur, ou effort musculaire; elle tombe dans son groupe secondaire^ en même temps qu'elle tombe dans son groupe primaire. — De même pour les sensations périphériques. Une couleur, au moment où elle est perçue, non-seulement s'agrège irrésistiblement la classe des sensations naissant à la surface extérieure, et impliquant des stimulus extérieurs, mais aussi la sous-classe des sensations visuelles, et elle ne peut être mise dans une autre sous-classe. Un son, dès qu'il est reconnu, tombe à la fois dans l'assemblage général des sens en rapport avec le monde extérieur et dans l'assemblage plus spécial des sensations auditives, et aucun effort ne le séparera de cet assemblage spécial. Et dire qu'une odeur ne peut être pensée comme une couleur ou comme un son, c'est dire qu'elle s'associe indissolublement à des odeurs précédemment éprouvées. Une sous-sous-classification de même nature n'est pas moins instantanée. Cela se voit fort bien dans les sensations excitées dans Tintérieur du corps : la faim est connue à la fois comme faim et non comme soif. Une peine aiguë s'associe dans la pensée avec ce que nous appelons peines aiguës^ non avec ce que nous appelons douleurs. — Mais c'est dans les sensations dues aux sens spéciaux que cette sous-sous-classification est le plus remarquable. Quand nous regardons le ciel, nous pensons à sa couleur, comme sensation d'origine externe, comme appartenant à la subdivision dés sensations externes appelées visuelles, et comme appartenant au groupe appelé bleu : il ne rappelle ni le rouge, ni le jaune, et refuse de s'viuvT ^^m'l dans la conscience. Le cri perçant de la souris ^^^^VccvA^^^ts^

la pcnsc'c h des sons aigres, et non à des sons comme le mugis^cment du bœuf. Le goût du miel s*agrége aux saveun douces en général, non à des goûts comme ceux de la quinine ou de l'huile de castor.

Ces associations sont encore quelquefois plus spéciales, comme quand de brillantes couleurs d une espèce s^associeot dans la pensée à des couleurs brillantes de la même espèce, non à des couleurs ternes, ou quand des sons forts d'un certain timbre en suggèrent d'autres forts du môme timbre, el non de faibles. Sans plus d'exemples, le lecteur verra que II loi s'applique aux plus petites subdivisions de genre et de qualité.

§ lis. Qu'établissent ces faits de la manière la plus géoiralc? C'est que, qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas d*autre sorte d'association, l'association primaire et essentielle a lieu entre chaque état de conscience et la classe, l'ordre^ le genre, lespèce et la variété des états de conscience antérieurs semblables à lui.

Cette association est automatique : ce n'est pas un acte de pensée qui peut avoir lieu ou n avoir pas lieu, mais il coostitue la reconnaissance même de chaque état de conscience. Un état de conscience ne peut former un élément de l'esprit qu'à condition d*élre associé à des prédécesseurs plus ou moins semblables à lui. Dans ce processus d'association automatique, chaque état de conscience s'unit instantanément au grand groupe auquel il appartient; instantanément aussi au sousgroupe contenu dans celui-lu, et parmi les états de conscience qui ont du rapport avec lui, il se classe presque dans son sous-sous-groupe. Le caracttTc auton)atique do ce processus n'est restreint que quand nous en venons aux petits groupe», l'association avec l'un ou l'autre de ces groupes pouvant occuper un intervalle appréciable. Ainsi, la sensation de rouge pas^e en un niument à sa classe, épipériphérique ; au même moment à son ordre, visuel ; aussi rapidement au genre de Couleur appelé rouge; mais elle tombe moins promptemeol

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>i C dans Tespèce écarlate , soit dans Tespèce cramoisi^ et il y Imeu à délibération et à indécision pour savoir si cet écarlate ^t^ celui du vêtement du soldat ou d'un pavot, si ce cramoisi 9% celui d'une pivoine ou d'une carnation.

Cette cohésion de chaque état de conscience avec ceux présdemment éprouvés de la même classe, ordre^ genre, espèce, I; pour ainsi dire de la même variété, est le seul processus L* dissociation des états de conscience. Tous les autres phéno- KUënes d'associations d*élats de conscience résultent de l'union de ce processus avec un processus parallèle et simultané, qui ta être décrit dans le prochain chapitre.

§116. Avant de passer à ce prochain chapitre^ notons briotement l'accord entre ces faits, découverts par introspection, cl les faits découverts par l'observation externe, tels qu'ils ont été établis dans nos data.

L'associabilité des états de conscience avec ceux de leur espèce propre, groupe dans un groupe, correspond à l'arnngement général des structures nerveuses en grandes divisions et subdivisions. Les états de conscience centraux naissent dans les grandes masses cérébrales ; et la connexion subjective qu'on vient de montrer dans l'association instantanée de chaque état de conscience avec sa classe, répond à la connexion objective entre une série d'actions nerveuses se produisant dans ces grandes masses, et d'autres séries d^actions nerveuses qui se sont produites dans les mêmes masses. Les sensations périphériques causées par des désordres à la surface ou dans l'intérieur du corps ont leur *iége dans la masse, — ou les masses nerveuses sous-jacentes (mais probablement la moelle allongée est le seul centre sensationnel), et le classement de l'un de ces états de conscience Jivec les sensations en général plutôt qu'avec les émotions, f^pond à la connexion entre un changement nerveux dans cette masse sous-jacente et d'autres changements nerveux produits en elle. — De même pour les principales sous-classes. Jusqu'à présent, on n'a pu déterminer les portions particu-

Hères de cette extrémité de la corde spinale, où sont loealisiei les sensations périphériques d'espèces différentes, et le classement d'un de ces états de conscience avec les sensations eo général, et uon avec les émotions, répond à la connexion enln un changement nerveux dans cette masse subjacente et les autres changements qui s'y passent.

Mais si nous nous rappelons que les grandes sous-classes de sensations piTiphériques, comme celles de la Tue, ont de gaands faisceaux de Qbres nerveuses qui transmettent toutes les excitations de la surface au centre ; que d^aulres grandes sous-cla>ses, comme les sensations auditives, ont de pareils faiscraux, nous pouvons être sûrs que chaque sous-classc de sensations périphériques a sa subdivision propre de structure centrale vésiculaire. Et, s'il en est ainsi, l'agrégation instantanée et automatique de chaque sensation périphérique avec celles de son ordre, répond physiquement à la localisation de l'excitation nerveuse qni la cause dans cette subdivision de la structure cellulaire qui est le siège des autres sensations de son ordre. On peuC d'ailleurs clairement inférer que la même chose est naife de groupes de sensations et de groupes de vésicules eocoreplus petits.

Qu'est-ce que cela implique ? Si l'association de chaque sensation avec sa classe générale répond à la localisation ds* l'action nerveuse correspondante dans la grande masse ner — veuse, dans laquelle naissent toutes les sensatiiais de cctts classe ; si l'association de cette sensation avec sa sous-clas^e^ répond à la localisation de l'action nerveuse dans cette partie de la grande masse nerveuse où naissent les sensations ds cette sous-classe, et ainsi de suite jusqu'aux plus petit* groupes de sensations et aux plus petits groupes de sensations nerveuses, — alors, à quoi répond l'association de cha— que état de conscience avec ses prédécesseurs identiques eii. espèce ?Klle réponil à la réexcitation de la cellule ou de^ cellules parliciilirros qui, excitées antérieurement, ont donn^

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la même sensation antérieurement éprouvée. Le stimulus approprié ayant produit dans certaines cellules les changements moléculaires qu'elles subissent toutes les fois qu'elles sont excitées, il s'est produit une sensation de la même qualité q[ue les sensations précédemment produites, quand de pareils stimulus ont produit de pareils changements dans ces cellules. Kl l'association de la sensation avec des sensations semblables antérieures, correspond à la réexcitation physique des mêmes structures. D'où nous voyons que la loi dernière d'association des états de conscience, comprise comme ci-dessus^ aune contre-partie physique déterminée, et qu'il n'y a pas de pince pour une autre loi d'association des états de conscience.

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