‹ Principes de psychologie, tr. sur la nouv. éd. anglChapitre 26 sur 67 · ÛK LA CORRESPONDANCE COMME S ÉTENDANT · texte numérisé non relu

ÛK LA CORRESPONDANCE COMME S ÉTENDANT

DANS l'espace.

§ 139. En partant^ pour remonter* des plus bas types deh vie, où l'ajustement des relations internes aux relatioH externes est ainsi limité^ on voit que la correspondance 8*élèfB par ce fait que les coexistences et séquences du milieu eofi* ronnant peuvent, à une distance croissante, produire te changements adaptés dans l'organisme. Ce progrès se produit en même temps que le développement de Todorat, de la voccl de Toule, et finalement des facultés plus hautes.

Il y a des raisons de croire que l'aptitude à sentir des odeun, des couleurs et des sons, sort par degrés insensibles de eetto irritabilité primordiale dont le tissu animal, sous ses forma les plus basses, est uniformément ou presque uniforméaKit doué. L*assertion de Démocrite, que tous les sens sont des n»difications du toucher, la science moderne avance à la coofa^ mer. Il est tros-clair que le sens de Todorat implique k contact de particules dispersées avec une partie spécialement modifiée de l'organisme ; — c'est un sens qui n'opère que quand ces particules sont amenées par un courant d'air on d*eau à frapper cette partie modifiée. Le sens de i*ouïe estsi sens par lequel nous sentons les vibrations de l'air qui est M contact avec notre corps. De même que la peau, en général, cft sensible à une succession d'impulsions mécaniques causétf par une matière de quelque densité, ainsi, dans cette portiot spéciale de la peau connue sous le nom de tympan, dois sommes sensibles à une succession beaucoup plus rapide d'inpulMons mécanir]nos causées par une matière d*uue beaucoup

DE Lk CORRKSPONDANCE, ETC. 309

plus grande ténuité. Le sens de la vue est aussi un sens par lequel les impulsions ou ondulations d'un milieu encore plus subtil sont produites sur bous» — ondulations incomparablement plus rapides dans un milieu incomparablement plus raréfié. Ici cependant, comme ci-devant, un contact du milieu ondulatoire avec une partie de la surface adaptée à cela est la condition requise pour toute impression. Ainsi^ dans tous les cas, les sensations produites en nous par les objets du milieu environnant impliquent réellement Taction mécanique de quelque ordre d'agent sur quelque partie de notre surface. Dans tous les cas, si la substance vibrante, ou mouvante, ou résistante, ne peut se mettre en contact avec la portion de surface appropriée pour l'apprécier, il n'y a pas de sensation » Tous les cas, donc, impliquent un toucher d'un ordre plus ou moins raffiné. Et ce ne sont pas seulement les conclusions des physiciens qui viennent à l'appui de cette doctrine de Démocrite, ce sont aussi les conclusions des physiologistes. Les organesdes sens spéciaux sont chacun des développements du système dermal, — des modifications de ce même tissu dans lequel le sens du tact en général est localisé. Ce n'est pas tout. Un fait remarquable^ que j'établis sur l'autorité d'un de nos premiers physiologistes, c'est que l'œil et l'oreille ont tous deux un type de structure qui est fondamentalement le même que celui qui se voit dans les vibrissŒf ou les organes les plus parfaits du toucher. (Princ. de biologie^ § 298.)

L'hypothèse de l'évolution implique que les sens en général ODt une base encore plus large dans ces propriétés primordiales de la matière organique qui la distingue de la matière inorganique. C'est une conclusion vers laquelle tendent beaucoup de faits : que la sensibilité de toute espèce, tactile ou autre, prendsa source dans ces sensations fondamentales d'assimilation et d'oxydation^ — d'intégration et de désintégration, ^i— dans lesquelles consiste la vie sous sa forme primitive. Quoique ces faits ne soient pas sufGsants pour établir une icllc conclusion, qui doit être rc^'ardie comn\c çAus o\i vuvàw^ %^vi.-

ciiltativc. et quoiqu'il ne soit pas nécessaire à notre sujet de les donner ici, cependant ils forment une introduction si biea appropriée au sujet de ce chapitre^ — i*extension de la correspondance dans l'espace, — qu'on peut désirer de leur en consacrer une partie.

§ 140. Chez les membres les plus bas du règne animal, doot les corps sont si peu organisés qu'ils sont presque, sinon tout à fait homogènes, la masse entière du tissu accomplit, de cette manière imparfaite qui lui est propre, toutes les fonctions vitales, chaque partie manifeste plus ou moins cette contractililé qui, chez les animaux supérieurs, est confinée dans les muscles ; cette irritabilité qu'ils ne montrent que dans leurs nerfs ; ce pouvoir reproducteur qui est localisé dans ces organes ; cette absorption d'oxygène que leurs poumons seuk accomplissent ; ce pouvoir d'assimilation qui est confiné dtos Testomac ; cette action excrétoire qui est plus tard divisée entre les poumons, la peau et les reins. Là où, comme dans lesauimaux les plus bas de tous, le corps ne consiste en rien de plus qu'une substance sans structure et homogène, et là où, comoe dans quelques animaux plus élevés et plus grands, le corpsoe consiste guère qu*en un agrégat de cellules similaires, il y s dans la totalité du corps une communauté presque complète de fonctions : et ce n*est que quand la structure prend un caractère plus spécial que chaque partie perd la faculté d'accomplir d*autres actions que celles qui lui sont habituelles. [Princ. de biologie^ §§ 57-60.)

A cette vérité générale on pourrait ajouter cette vérité so|k plémentaire, que, dans la grande majorité des cas, sinon dao^ tous, la spécialisation des fonctions qui progressent paripÊM/» avec la vitalité, n'efface jamais entièrement cette communauté originelle des fonctions. Là même où « la division physiologique du travail y> a été portée à sa plus grande extensloo, beaucoup de tissus, sinon tous, conservent un certain pouvoir de remplir chacun les fonctions de Tautre. Dans rhomme,li peau peut remplir TofQce d*une membrane muqueuse, ei !•

membrane muqueuse de la peau» les poumons et les reins peuvent, en une certaine mesure, se suppléer l'un Tautre dans leurs excrétions. Un muscle peut, par accident, sécréter une espèce de tégument en place de celui que le système dermal fournit ordinairement. Dans la salivation» les glandes de la bouche deviennent des organes supplémentaires d'excrétion. Et la peau, qui a pour fonction ordinaire d*expu1ser ce qui peut Tétre par la transpiration, reste cependant, en une cer« taine mesure, une surface respiratoire par laquelle la nourriture peut être absorbée.

En portant donc à Tesprit la connaissance de ces faits généraux, que, dans la vie organique, ou, comme disent les physiologistes, la vie végétative (la vie qui se compose d'actions inconscientes), l'hétérogénéité de structure et de fonction sort d'une homogénéité originelle, dont les traces ne sont jamais entièrement perdues, nous serons préparés à trouver un certain parallélisme de méthode et de résultats dans cette autre division de la vie qui consiste en actions sensorielles et motrices. Ici aussi nous pouvons apercevoir une certaine communauté de fonctions dans l'organisme entier, — une possession par tout l'organisme de ces aptitudes qui sont fina-

lement localisées et développées dans les yeux, les oreilles, le nez et le reste. Le tissu primordial qui, par un procédé de différenciation et d'intégration, donne naissance aux systèmes interne et externe (les viscères et les organes nervoso-musculaires), doit posséder, en une certaine mesure, les propriétés des derniers comme des premiers. Non-seulement la séparation fondamentale en fonctions végétatives et en fonctions ^imales, mais la subdivision de chacune d'elles en tous leurs fncessui et actions moindres, tout cela doit être regardé ^mme autant de spécialisations des diverses propriétés que cbnque partie de tissu élémentaire possède à quelque faible degré. Examinons de ce point de vue la genèse des divers sens. Entre le toucher et l'assimilation, il existe dans les formes

SYNTHÈSE fiÈNÉRALR.

rtiltativc. et quoiqu'il ne soil pas néceasaire les donner ici, cependant ils forment une iotl appropriée au sujet de ce chapitre, — i'ex*4 respondance dans l'espace, — qu'on pcty ■' consacrer une partie. ^ y

g 1 40. Chez les membres lesplus hf^ '^, ^ les corps sont si peu organisés qu*î)|.: .'i t''^ il fait homogènes, la masse enliÈre,. ^ % ',< -"imanière imparfaite qui lui est p* j L :J ■^, * taies, chaque partie manifeste p' 1: .: Â^ '^ ^ i qui, cliez les animaux sug ! :>' ^ \, ' muscles ; celte irritabilité C;- ^. j >'nerfs ; ce pouvoir reprodi', 4 '] ' -*

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Ussout le fluide digestif sont absorbées à travers les mem-

M muqueuses du palais et de la langue. Donc évidemment

ftt, considéré comme acte physiologique, est une assimi-

1 modifiée.

iiDt à l'odorat, il a !a même racine que le goût et lui intimement lié. Dans les animaux à respiration aérienne, mt établir une division entre les deux : l'une prenant cou- ■nce des matières suspendues dans l'air, l'autre des m.i-

I suspendues dans l'eau. Mais chez les animaux qui habil'eau, les deux sens ne peuvent être que des degrés

II du même, l'un répondant à une solution plus diluée

aaimales les plus basses une connexion intime. Non-seulement l'assimilation présuppose nécessairement le toucher, mais^chcz beaucoup de rhizopodes, le toucher et rassimilation sont, en grande partie, coextensifs; la surface tactile et h surface digestive sont la môme. Vamœbet qui n*est qu'une petite tache de gelée, sans structure et sans forme constaole, envoie dans telle ou telle direction des prolongations de sa substance. L'une de ces prolongations, rencontrant quelque objet relativement fixe et s'y attachant, devient un membre temporaire par lequel le membre de l'animal est tiré en avant; mais si cette prolongation rencontre quelque portion relatiyement petite de matière organique, elle étend graduelkment son extrémité autour de ce corpuscule, se contracte graduellement, et attire graduellement dans la masse do corps le morceau nutritif^ l'enveloppe et se met à le dissoudre. C'est-à-dire que la même portion de tissu est à la fois uo bras, une main, une bouche, un estomac, — à la fois organe sen* sitif, moteur et digestif, — et nous montre unies ensemble les fonctions de toucher et d'assimilation. Si nous posons, comme on peut bien le faire, que le stimulus qui cause la contractioiB de cette partie allongée, quand son extrémité touche la mi— tière assimilable, naît d'un rapport chimique entre les deui, — est causé par un commencement d'absorption de la matière assimilable et un commencement de digestion, — nous verrons un rapport encore plus étroit entre le sens primordial et. la fonction végétative primordiale.

Dans les mômes phénomènes, nous pouvons suivre ud sen:? naissant du goût. L'aptitude à distinguer la matière oreinique de la matière inorganique, paraît possédée à quelque degré môme par les ôtres les plus bas du règne animal. Le^ rhyzopodes ne paraissent pas absorber indistinctement tni« les fragments de grandeur convenable; les tentacules de» polypes, quoique leur action ne soit nullement uniforme, n<* s* comportent pas roinmiinrincnt dt» la môme manière quand eili's sont tnin lurs p ir ilos c(jr[)s inor;^ani(jut'S et quand ell»*-*

\ sont par des corps organiques. Évidemment donc, le lissu rimordial doit être affecté différemment par le contact des lalières nutritives et par le contact de celles qui ne le sont pas. i nous considérons que, pour les animaux vivant daos Teau, 3S matières non nutritives sont généralement parlant insolubles et les matières nutritives solubles; si nous considérons de Aus que, dans ces organismes primordiaux, toutes les parties iccomplissent la digestion, il devient très-probable, comme on Ta suggéré plus haut, que la puissance élective qu'ils paraissent posséder est due, en réalité, à un commencement faction assimilatrice, quand la matière assimilable est mise en contact avec eux, et Tabsence de cette action quand la matière présentée n'est pas assimilable. D'où il résulterait que ce pouvoir électif, qui est un commencement du sens du goût, est, originellement, un aspect de cette action intégrante qui constitue principalement la vie. Et nous trouvons une autre raison pour interpréter ainsi les faits^ si nous considérons que, inime dans son développement le plus élevé, le goût forme tin anneau dans la chaine des actions assimilatrices, et qu'il résulte lui même d'une assimilation locale. La bouche est une partie du canal alimentaire qui, dans toute son étendue, sécrète des fluides digestifs et absorbe des substances dissoutes. La bouche fait les deux : la salive est un fluide diges- ^f; et dans l'acte de goûter, quelques-unes des substances <iue dissout le fluide digestif sont absorbées à travers les memb^nes muqueuses du palais et de la langue. Donc évidemment 'cgoùt, considéré comme acte physiologique, est une assimilation modifiée.

Quant à l'odorat^ il a la même racine que le goût et lui ^te intimement lié. Dans les animaux à respiration aérienne, ®n peut établir une division entre les deux ; l'une prenant couiiaissance des matières suspendues dans l'air, l'autre des malicres suspendues dans l'eau. Mais chez les animaux qui habi- ^nt l'eau, les deux sens ne peuvent être que des degrés relatifs du même, l'un répondant à une solution plus diluée

314 SYNTHÈSE GÉNÉRâLR.

de substance Duiritive, Tautre à une soluUoa plut eoneiilik Comibe les élémeqts solubles qui entourent une porliMie matière animale et qui permettent à un loopbjte de la SéÊr guer, ne sont pas restreints à la surface actueHe de eaUa M* tière, mais sont répandus dans Feau environnante née ni abondance qui décroît à mesure que la distaoee croit, 3 al clair que^ si la sensibilité devient plus grande^ la maliteih viendra appréciable avant qu'il y ait un contact abadli,ii ainsi le goût se transformera graduellement en odoraLli connexion intime du goût avec l'odorat et des deux iiee b toucher se manifeste même chez l'homme. Les nerfs dsM deux sens s'étendent sous une membrane qui est en eoilh nuité avec la peau et n'en est qu'une légère modificatioB;ii sont placés sous des parties adjacentes de cette memhMii près de sa jonction avec la peau : les sensations qu*ib mm donnent sont si intimement liées que, connaissant Tofar d'une substance, nous pouvons fréquemment nous fbmr une idée approximative de son goût. Pour les deux sens, la substances à connaître doivent être offertes à l'état de soh» tion, — les particules sapides sont ou promptement diaioutoi ou solubles par la salive, et les particules odorantes sont eoa- densées par le liquide couvrant la membrane qui tapisse k nez. Aiosi^ même chez l'homme, la différence est moins ealie les modes selon lesquels les sensations sont finalement pitduites qu'entre les formes sous lesquelles les substances qii les produisent existent originellement» — liquides ou solida dans un cas, solides l'autre. De plus, le rapport du sens de l'odorat avec les actions organiques fondamentales peut élR retracé non-seulement par son affiliation avec le sens h goût, mais même directement. Ce n'est pas seulement parte que, dans la vie inférieure des animaux aquatiques, le goAtd l'odorat doivent être unis par des transitions telles que nous passons insensiblement du contact absolu à une distiM appréciable dans l'espace, et que par conséquent l'odont i

commune avec le goût dans la vie végétaliie,

mais c'est aussi parce que, dans les formes les plus hautes, cette connexion avecla Vie végétative reste visible. Les narines sont simplement des branches divergentes du canal alimentaire, duquel elles ne sont pas séparées chez l'embryon ; et, absorbant dans le système, comme elles le font, quelques-unes des particules flottantes qui s'échappent delà nourriture qu'on mange ou qu'on va manger, leur action n'est aussi qu'une forme affaiblie de l'assimilation. Ajoutez à cela qu'en tant que raction olfactrice n'est pas assimilatrice, elle est respiratoire; et ainsi, en un sens, elle est placée entre les deux actions vitales originelles.

De même, il y a des faits qui indiquent qu'à sa période primordiale, la faculté même de la vue est développée dans les fonctions de la vie organique, et qu'elle s'élève en se différenciant d'elles graduellement. Les organismes qui sont placés sur la limite entre le règne animal et le règne végétal partagent avec les plantes la propriété de décomposer l'acide carbonique sous l'influence de la lumière. Une eau contenant des protozoaires exhale de l'oxygène, si on l'expose aux rayons solaires. L'anneau entre les deux grandes divisions de la vie que forment ces animaux inférieurs par leur structure^ leur développement, leur caractère chimique, ils paraissent aussi le présenter dans leur action nutritive. Maintenant, considérant cette communauté de nature que manifestent ces organismes très-simples et très-inférieurs, il n^estpas raisonnable d'attendre qu'en passant d'eux soit à des organismes végétaux, soit à des organismes animaux, nous trouverons d'une part la propriété de décomposer l'acide carbonique sous l'influence de la lumière, de plus en plus développée, et, d^autre part, de plus en plus diminuée. Si l'on s'en tenait là, cela ne nous conduirait pas loin; mais, si Ton joint ce ffit à d'autres faits récemment découverts, il est significatif. Observons d'abord que les recherches de Schultze conduisent à établir une identité entre la matière colorante des hydres^ des lurhellaria (et divers infusoires) et la chlorophylle

SYNTHfîSK Glin^ÉRALR.

des plantes. Observons en second lîeu ijiie V/iydre fuit habituellement la lumière, — choitîit habituel ImneiU la partie ubecure du vase oi'i elle est placée. Ces deui faiu op suggèr-nlils pas rortemeiil cette coucliision : que la gen^-ibililé à la lumière que manifeste l'hydre résulte de l'aciion que la lumière produit sur la chlorophylle qu'elle contient ; que celle actïoa, étant comme l'action produite sur In chlorophylle des pUnUi, est une action assimilatrice :etqu'ainsile pouvoir que letiaii primordial possède de distinguer la lumière des ténèbres, — pouvoir qui forme le germe de la faculté visuelle, — est le risullat d'une modification produite par la lumière de Vactînl* vitale générale ? Le doute qu'on pourrait conserver à l'ogjri de celte hypothèse sera, je pense, grandement diminuf, a l'on se rappelle que, même chez l'homme, le corps retient CD général une sensibilité physiologique h la lumière, et que cette sensibilité est du même ordre que celle décrite. Latoaleur brune de la peau que produit une eiposiiion continodl» h un soleil éclatant, n'est autre chose qu'une moditicationde l'action assimilatrice qui se produit dans les tissus du dertM, — un changement dans l'absorption des matériaux roanitt par le sang. Et comme, dans les animaux diaphanes ou semidiaphanes, une altéralioD dans l'action assimilatrice doit eovahir le corps entier, il est aisé de comprendre commeotla présence de la lumière doit produire des changements mar qués dans de tels êtres.

Que la (acuité de l'ouïe a, comme les autres, sa racine dan; les actions vitales primitives, c'est ce dont on a peu ou poicil de preuve directe. Mais on peut soupçonner qu'elle en dépend à sa naissance, en se fondant sur ce fait, que tout l'organisme animal, dans ses formes les plus simples, n'est que fuiblemeut sensible au son comme k la lumière. Desaoimaui qui n'ont aucun vestige d'organe auditif répondent i la vibration que cause un coup vif dans le vase qui les contieiU. Et si nous rappelons ces faits : que des personnes gourdes i* namance ont une perceçUon fine des vibrations ^noreSni

les corps qu'elles touchent, qu'elles peuvent même percevoir 1^ de telles vibrations dans l'air, quand elles sont produites par ^un violent ébranlement, comme un coup de canon ; — si nous •' inférons, comme on le doit, que même chez nous le corps en- L tier est en un certain degré sensible au son ; que l'extrême F, sensibilité d'une partie est simplement une spécialisation de lutte sensibilité générale, et que c'est par suite de la grande 1^ fi^ee de Timpression spéciale que nous cessons d'être censdents de Timpression générale ; — et si nous nous rappelons ÛB plus que, dans un milieu aussi dense que Teau, l'impression générale doit être beaucoup plus puissante, spécialement sur des organismes fort semblables à l'eau en poids spéciGque et dont le tissu est lâche, — nous verrons qu'il n'y a aucune difficulté à comprendre comment les plus humbles des zoophytcs et mollusques^u vent être affectés d'une manière distincte par ces ondulations rapides qui constituent le son objectivement. De telles ondulations doivent, en fait, pénétrer la masse de ces animaux à corps mou, presque autant que si ce n'était que de l'eau ; ainsi, elles ne peuvent guère manquer de troubler les tissus dans leur stucture intime, assez pour produire un changement marqué dans leur état général, et un changement qui en résulte dans leurs manifestations externes. On peut encore demander : Comment ces faits tendent-ils à afKlier la faculté de l'oule aux fonctions végétatives originelles ? Je réponds : Elles y tendent en tant qu'elles nous suggèrent que la contraction produite par une vibration sonore pénétrant le corps d'un zoophyte résulte de quelque modification des actions vitales. Tout ce que nous savons d'évident sur cette question implique que la vie du tissu presque homogène qui compose ces animaux si simples, n'est guère autre chose que la résultante accumulée de la vie de toutes les cellules et granules qui le composent, lesquelles, chacune en particulier, absorbent les sucs nutritifs qui les traversent, sont chacune en particulier baignées par le milieu oxygénant, et produisent chacune les actions intégrantes e\. dé?ÀXiVfeçc^\i\A^

soit maDifestemeDt présent, il Test à un degré moins obsen»blc. Mais, quoi qu'il en puisse être, il est clair que c'est seukmcnt lorsqu'il est localisé en un certain degré qu*il détient un moyen par lequel il s'établit quelque chose qui ressemble à une correspondance déterminée entre les relations internes et des relations externes qui ne sont pas en contact actuel aiee la surface du corps. Supposons, pour le seul amour daeoo* traste, qu'en commun avec le's autres facultés répandues es lui, l'organisme en général possède une faible aptitude 1 sentir les odeurs ; il est manifeste que la seule correspondance qui puisse s'établir par ce moyen se voit dans la promptitude à saisir un ennemi ou une proie, dont l'odeur implique la proximité. Quoiqu'une telle faculté permette d'ajuster one relation interne à une relation externe qui n'est pas en contact actuel avec la surface, cependant il ne peut eiister aucune correspondance avec les rapports, soit de direction dans l'espace^ soit de distance dans l'espace. Mais quand il existe une faculté qui est en une certaine mesure localisée, l'organisme doit être affecté différemment par un corps odorant, selon qu'il est situé dans telle ou telle position ; et quand, par suite de la localisation, la puissance du sens croit, il est clair qu'un corps dont l'odeur est moins forte s*approchant do cette partie de l'organisme dont la sensibilité estplas vive, pcuty produire une réponse aussi grande que celle qu'une forte odeur, envahissant tout son milieu, produirait sur un organisme doué d'une sensibilité diffuse partout, mais infêricure^ — une réponse qui manifestera aussi quelque ajustement à la fois à la direction et à la distance dans l'espace.

Si nous nous éloignons de ces commencements vagues di sens olfactif, à l'égard desquels les data nous manquent pour déterminer quelque chose de spécifique, il deviendra évident qu'à proportion qu'il se développe à l'entrée des passages respiratoires un appareil délerminé susceptible d'être excité par les particules flottantes, org.ini(]ues et autres, dans la même proportion aussi doit se produire une exteii^ou de l'esp^ic^'

forme par les changements de leur activiié vitale , — suppositioD que les phénomènes d'endosmose et d'exosmose à eux seuls serviraient à justifier, — pour voir que les diverses sensibilités ont leur racine dans la vie végétative primordiale. Une interprétation large des faits sert à confirmer la déduction tirée de la loi universelle du progrès organique, — cette déduction que, de même que le tissu originel d'où les organes delà vie végétative sortent par une différenciation et intégration continuelle, possède en une certaine mesure les pouvoirs fonctionnels de tous ces organes, de même, il doit en une certaine mesure posséder les pouvoirs fonctionnels des organes de la vie animale, et parmi ceui-ci, des sens, lesquels en sortent semblablement par une différenciation et intégration continue. Et c'est là une raison, non-seulement pour penser avec Démocrite que les autres sens ne sont que des modifications du toucher, mais aussi pour regarder tous les ordres de sensibilité comme des d'éveloppements du processus purement physique avec lequel la vie commence.

Terminons ici ces spéculations relatives à la genèse des diverses facultés par le moyen desquelles l'organisme est mis en communication avec le monde externe, et abordons maintenant notre sujet immédiat, — l'extension de la correspondance dans l'espace qui se produit en même temps que l'évolution de CCS facultés.

§ 141. Dans les animaux aquatiques, l'odorat naissant insensiblement du toucher et du goût, on ne peut s'attendre à ce qu'il fût découvert sous sa forme naissante, sans des expériences attentives, et je n'ai pas rencontré de comptes rendus dapériences pareilles. « On peut, dit le D*" Carpenter, déterminer d'une manière satisfaisante jusqu'à quel point le Knsdu goût existe dans les plus bas invertébrés ; mais il semble assez probable que là môme où il n^y a point d'organe spécial apparent, quelque partie de la surface générale doit ^tre douée de sensibilité olfactive. » Certainement, l'analogie Qous conduirait à supposer qu'avant que le &eu^ dv^ Vq^^\^\.

SYNTHÈSR nâNlÎRU.R.

ce qui prujcUc une ombre sur celle parlie unique, peat caoia un changemcnl iulcrnc. Et, comme ce qui ne produit m omlire que sur une pcUto partie de l'orgnuisme sera, en pnéral, un objet comparativement petit, il s'ensuit que ce progrès d'une sensibilité générale de tout l'organisme i iine sensibilité spéciale d'uDc partie, rend l'orgaaisme propni répondre non-seulement aux changements généraux les plaî marqués de la lumière dans le milieu environuant, maù iDifi aux changements spéciaux les plus marqués de la lumitR, causés par le mouvement des corps dont la proximilc nt immédiate.

La différence entre la lumière et les ténèbres ou, pluseiutement, entre des degrés d'obscurcissement Irès-différeolt. étant tout ce que la vision la plus rudimentairc peut reconnaître, et tout obscurcissement produit par un petit etitfi voisin ayant pour condition nécessaire qu'il soit lrè5>pn>tli(. nous pouvons raisonnablement eu inférer qu'une vision cuisante s'étend seulement â ces objets qui sont presque en tontact avec l'organisme, par suite soit de sou mouvement, swi du leur. Nous pouvons inférer qu'à l'origine, il ue s'èlèn guère au-dessus d'uu toucher anticipé, et qu'ainsi il s'ètiblii dans l'orguuisme un rapport entre les impressions visuelles rt tactiles, correspondant au rapport général entre l'opadtéetli solidité dans le milieu environnant. Quoi qu'il en goitcependauljil est clair que, des qu'il se produit une faculté de voir, quelque vagues que soient les sensations qu'elle donoe, t< quelque restreintes qu'on puisse les concevoir, il y a Booseulement une certaine extension de la correspoodauce iliu l'espace, mais un nouvel ordre de correspondance qat faitiol apparition.

Il est â peine besoin de dire qu'à mesure que nous moniou vers des animaux doués d'orgaoes visuels plus complets, uuni voyons s'accroître graduellement la sphère de l'espace fo" nmnant dans lequel des rapports exleriu's peuvent établir** 'tointt-Tiies cùrrcspoiidunls. !>■■ premier prugr^, qui <f'

paremment ne consiste en rien de plus qu'en une légère convexité de la peau recouvrant la région sensible^ doit manifestement, en concentrant les rayons, rendre appréciables les variations moins marquées dans la quantité de lumière ; et cela doit également rendre perceptibles les mêmes corps à une plus grande distance, et les corps plus petits ou moins opaques à la même distance. Si de là nous remontons à travers les diverses familles de mollusques, articulés, vertébrés, habitant l'eau ; si de là nous passons au milieu plus raréfié dans lequel vivent les animaux les plus élevés, nous trouverons sous des formes et modifications variées un appareil visuel plus complexe et une distance généralement croissante à travers laquelle la correspondance s'étend. Il est inutile d'entrer dans les détails. Laissant de côté hypothèses et exemples, il est dair que du polype qui ne remue que si on le touche, au vautour à la vue perçante et au Bushman aux yeux de télescope, un des aspects sous lesquels se manifestent les progrès de la vie, c'est que les rapports visibles dans le milieu environnant peuvent produire dans l'organisme des rapports correspondants à une distance de plus en plus grande.

§ 143. Il en est de même pour la faculté de l'ouïe. Tant que le pouvoir de répondre aux vibrations sonores est faible, et possédé par le corps en général, il ne peut y avoir de réponse à ces vibrations modérées et locales, dont l'appréciation constitue ce que nous entendons communément par l'ouïe. C'est seulement quand cette aptitude devient plus intense en se localisant, qu'on peut apprécier un son procédant d'un point particulier dans le milieu environnant. Quand il existe une oreille rudimentaire consistant en un sac de peau contenant des otolithes qui ont pour fonctions de concentrer les vibrations, qui frappe la peau qui les recouvre, comme la cornée primitive concentre les rayons qui la traversent, alors il est clair qu'un son modéré se reproduisant très-près de ce sac, peut produire sur l'organisme un aussi grand effet que le choc violent du milieu tout entier produit sur un organisme m^vjvs,

32'! SYNTHÈSE GIÏNIÎRALE.

bien doué. Et lorsque naît un sens de l'ouïe, il se produit nouvelle suite de correspondances entre certaines impressions uudiliveij el les uiouvemeut» qui en résulteuldiius l'urganiâme, et eertaioee causes de son et les propriétés coexistantes daos les corps voisins- Gomme dans les cas précèdent, les progrés successifs de cette faculté se manifestent par une expansion de la sphère d'espace à travers liiquel un certain ordre de relatîoDs dans le milieu environnant cause des relations adaptées daae l'organisme. Si Qous passons les détails que l'état actuel de la science, à vrai dire, suffit à peine à nous donner, nous ne pourrons nier que, quoique les petites irrégutarilées qu'impliquent leurs habitudes et leur éducaliou spéciale soient considérables, cependant, considérés en masse, les animani, i mesure que leur lype s'élève, manifestent un degré de plus CD plus élevé dans leurs correspondances auditives,

§ 144. Cet agrandissement continuel de l'espace environnant, dans lequel s'étend la correspondance entre les rapports internes et les rapports citernes, ne finit pas avec l'étal parfait des sens. Chez les animaux d'une organisation comparativement avancée, il se produit un pouvoir d'ajuster les actions de L'organisme aux coexsltences et séquences du milieu qui sont trop éloignées pour être perçues directement. Quelle que soit la manière dont il se produise, il est clair que le procédé par lequel un pigeon messager trouve ha route vers chez lui, quand il en est éloigné de cent milles, est un procédé qui ne peut être effectué par la vue, l'ouïe ou l'odorat, sous leurs formes simples et directes. Les animaux poursuivis qui courent à travers la campagne vers des places de refuge qui sont hors de la vue inamédiate, le font évidemment par le moyeu de quelque combinaison d'impressions passées et présentes, — moyen qui les rend propres à dépasser la sphère des sens, li^t il doit.aussi en être de même pour les animaux â migratioa annuelle.

Chez rhommo, ce ptoc&àè âQ,coTvd8,\t:e d'exteneioa deviett

encore plus marqué. Quoique, sous le rapport des correspondances effectuées par perception immédiate, il soit au-dessous de quelques animaux beaucoup moins doués, et quoique, sous les rapports de l'ajustement indirect de Torganisme à ces coexistences éloignées dans le milieu environnant, dont nous venons de parler, il ^oit inférieur à plusieurs animaux sauvages et domestiques, cependant, par l'usage de moyens encore plus indirects, Thomme ajuste des rapports internes à des rapports externes, qui sont immensément plus éloignés que ceux connus par les êtres inférieurs. Par la combinaison de ses propres perceptions avec celles des autres, consignées sur des cartes, il peut atteindre un endroit situé à des milliers de lieues sur la surface de la terre. Un vaisseau guidé par le compas, les étoiles et le chronomètre lui apporte de l'autre rivage de l'Atlantique des informations qui lui permettent d'adapter ses achats d'ici aux prix de là* bas. Un examen des couches superficielles d'où il infère la présence de charbons au-dessous, lui permet de mettre en correspondance ses actions avec des coexistences situées à mille pieds en dessous. Et le milieu que traverse la correspondance humaine n'est pas confiné à la surface et à la substance de ta terre. Elle s'étend jusqu'à la sphère infinie qui l'environne. Elle a atteint la lune quand les Chaldéens ont découvert la prédiction des éclipses ; le soleil et les planètes les plus proches quand a été établi le système de Copernic ; les planètes plus éloignées quand le télescope perfectionné en a découvert une, et le calcul fixé la position d'une autre; les étoiles^ quand leur parallaxe et leur mouvement propre ont été mesurés ; et même, d'une façon vague, les nébuleuses quand leur composition et leur forme de structure ont été reconnues.

§ 44S. Avant de quitter cette proposition générale : que le progrès de la vie et de l'intelligence est, sous l'un de ses aspects, une extension de l'espace qu'atteint la correspondance entre Torganisme et son milieu, il peut être utile de remarquer que cette vérité est entièrement indépeûdawVe di^ v.v^wXft.'^ X^^^

JZM SYNTHKSR GENERAI.K.

conclusions quanl aux modes selon lesquels se produîl utu correspondance. Pour indiquer la conliDuJté probable des aclioDs vitales supérieures avec les inférieures qui se trouvctii au commenceincnt de la vie, j'iii, dans la première par^e tic ce chapitre, comblé quelques lacunes de nos connaissaaccspoïilivus par des raison neni culs plus ou moin:; hypothétiques, cl par U J'ai ouvert la porte à la possibilité de certaine» critiqu«i qu'on peut, à première vue, supposer contraires à la doctrioe en général. Mais il sufût d'un moment de réflexion pour montrerque, de quelque manière que naissent les sens del'odorat, de la vue, de l'oulc, le résultat reste le même. 11 est hors de doute que dans les types inréricurs de la vie animale, oii le stns du toucher est le seul qui se manifeste d'une manière détei^ minée, la correspondance eutre l'organisme et son milict s'étend sculemcat à cette partie du milieu qui baigne acluelkmcnt l'organisme. 11 est hors de doute que l'apparition in sens plus élevés, même sousleurforme la plus rudimentain, est accompagnée de quelque extension de l'espace environnsDl à travers lequel la correspondance peut être produite. Il «»' hors de doute que tes périodes du développement successif de chacun de ces sens impliquent d'une manière plus ou moin^ régulière des agrandissemeuts successifs de cette sphÈrc d'ttpace. Et il est hors de doute que i'avénemenl de la raison» montre, ea d'autres manières, dans l'extension encore plu* complète de ces agrandissements.

lit certes, sur ce point, on peut montrer d'une maDifi* biin précise ce qui est clairement suggéré par quelques-um des faits cités plus haut, à savoir, que l'exlenHon de la «frespondance dans l'espace se manifeste non-seulement datu les degrés ascendants do la vie animale, mais aussi dans 1« phases successives de la civilisation humaine, et que celi mi^me se produit maintenant. Des premières racei, qui « connaissent que les localités voisines, au géographe modenu, qui peut calculer la distance et la direction d'un poiol qiwlca> sur la globe ; — dei architectes el mélaUorgillW

ancicDS, qui ne conaaissaicnt que les couches superflciellcs, au géologue de nos jours, que ses connaissances dans certains cas rendent capable de décrire les matériaux existant à une profondeur que le mineur n'a jamais atteinte ; — du sauvage^ qui peut à peine dire dans combien de jours reviendra la pleine lune, à l'astronome qui connaît la période de révolution d'une étoile double,— il y a eu un élargissement graduel du milieu dans lequel se déploie l'ajustement des rapports internes aux rapports externes. Et le fait que c'est là un dos aspects sous lesquels le progrès humain s'est manifesté» ne peut manquer de rendre plus frappant le fait plus étendu que c'est là un des aspects du progrès vital en général.

A ces éclaircissements de la vérité générale, il ne reste à ajouter qu'une chose : c'est que le degré de vie varie comme le degré de correspondance. D'une part, il est clair que chaque nouvel agrandissement de l'espace dans lequel s'étend la correspondance, ajoute au nombre des rapports externes auxquels sont ajustés des rapports internes, — c'est-à-dire ajoute au nombre des changements internes, et par conséquent au total de la vie. D'autre part, il est clair que plus sera grand l'espace dans lequel s'étend la correspondance, plus est grand le nombre des correspondances qui doivent se produire en conséquence ; plus grand aussi doit être le nombre de cas où il faut fuir le danger et obtenir sa nourriture, et plus grande doit être l'aptitude à conserver sa vie. D'où nous pouvons voir que la vie et l'aptitude à conserver sa vie sont deux aspects du même fait, — que la vie est le résultat d'une combinaison d'actions dont le travail a pour résultat leur propre continuation.

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